‹ La deffence et illustration de la langue francoyseChapitre 45 sur 449 · Du Bellay dit aussi suffisant à · texte numérisé non relu

Du Bellay dit aussi suffisant à

Regardez doncq' si suffisant je suys A voua louer.

Olive, 8. VI (15-19).

La construction suffisant de est un archaïsme. Commynes, A/cm. I, XIII : « Nous sommes souffisans, nous tenans ensemble, de nous retirer Jusques es marches de llcnault, ou de Picardie, ou en Bourgongne. » (Édit. M"« Dupont, I, 102.) — Littré cite encore des exemples de ce tour dans Régnier (Sa/., vi, 38) et Molière {Dép, am. II, VI, 75i).

A. Cf. plus bas, II, II, 178 : « Quelques uns, ou trop iniques ou trop sévères estimateurs des choses... « — Ce mot. qui s'est substitué au vieux mot estiméur, remonte au moins au xive siècle : M. Delboulle en cite un exemple de 1389 (Dict. Gén. ).

5. Nouvelle syllepse : l'accord se fait avec l'idée de nous contenue dans nostre langue. — Dès 15G1, les éditeurs ont corrigé: « pour avoir été nommée barbare ». V. l'appareil criliquc.

6. Axioir loi = avoir droit. On a déjà vu plus haut, dans le môme chapitre (p. 57) : «Ceste arrogance greque... n'avoit loy ny privilège de légitimer ainsi sa nation. » Montaigne écrit de même, Ess. I, XXII : « Il est des peuples... où les maris ont loy de les vendre [leurs femmes], si elles sont stériles. » (Édit. Courbet et Rover, I, 428.)

7. Bailler = donner. Très fréquent dans la vieille langue, et de

ne doit pourtant estre deprisée S mesmes* de ceux aux quelz elle est propre et naturelle, et qui en rien ne sont moindres que les Grecz ou Romains'.

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