et si à
•et en latin, et ne scavent encorcs pas bien perler francois... Il inc semble, soubz correction, quil seroit plusbeau a ung Francois escripre en francois quen autre langage, tant pour la seurcte de son dict langage francois, que pour décorer sa nation et enrichir sa langue domestique, qui est aussi belle et bonne que une autre, quant elle est bien couchée par escript » (f 12 r«). Et plus loin : « Je scay quil y a mains bons esperits qui escriroient voluntiers beaucop de bonnes choses, silz pensoient les pouvoir bien faire en grec ou latin, et neanmoings ilz sen déportent de paour de y ■faire incongruyte ou autre vice quilz doubtent, ou ilz ne veulent escripre en francois, pensant que la langue francoise ne soit pas assez bonne ny élégante. Saulve leur honneur, elle est une des plus belles et gracieuses de toutes les langues humaines » (f 24 r*).
1. Bienfait ( benejicium). Le mot pris en ce sens est ancien dans la langue. V. Littré, qui cite notamment deux exemples d'Oresme.
2. Construction un peu singulière. L'auteur joue sur le mot premier. C'est avant tout par ses « vertus » (au sens du latin virtutes, qualités intellectuelles et morales ) que le roi François a mérité d'être appelé François premier.
3. En sa qualité de « père des lettres » et de protecteur des arts, François l" (1515-1547) a reçu de ses contemporains d'abord, puis des écrivains postérieurs, les plus fervents éloges. Les poètes de la Pléiade ne tarissent pas sur son compte. Pour m'en tenir à du Bellay, voici, entre autres exemples, comment il l'exalte dans l'ode XV du Recueil de Poésie (1549), inlllulée la Louange du feu roy Francoys et du treschrestien roy Henry :
C'est luy qui a de ce beau siècle ici, Comme un soleil, tout obscur eclairci, Ostant aux yeulx des bons espritz de Franco Le noir bandeau de Taveu^^le ignorance.
C'est luy premier qui du double coupeau  ramené des Muses le troupeau.
(Édit. Marty-Lavcaux, I, 264.)
Cf. des déclarations analogues dans la Prosphonematique de 1549 <1, 225-226) et la Musagnœomachie de 1550 (I. 142).
4. Et si, dans la vieille langue, signifie presque toujours pour-
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langaige, au paravant scabreux* et mal poly, rendu élégant, et si non tant copieux - qull poura bien estre, pour le moins fidèle interprète de tous les autre» ^. Et
1. langaige (57, 62, 80), langage (61, etc.) — au paravant (57, 52, 69, 80), auparavant (61), au par-avant (73, etc.).
2 pourra (57-97 sauf 80).
3 toutes les autres ^75).
tant. Il a parfois, comme dans cette phrase, le sens d'ainsi ( c*est le sens étymologique : et sic). Cf. Marty-Laveaux. Langue de la Pléiade,
II, 358. — Sur l'inversion du complément, si fréquente au xvi* siècle, V. Benoist, SynL franc., p. 470 ; Huguet, Synt, de Rab., p. 400.
1. Apre et rude, raboteux («caftrosiw). Cf. plus bas, II, iv, 207: « Distile avecques un style coulant et non scabreux ces pitoyables élégies. » — Le mot est pris au propre dans cette phrase de Belleau : « On découvre les [pierres précieuses] contrefaittes... au toucher, quand elles sont bossues, aspres, scabreuses et grumeleuses. » {Discours des pierres précieuses, 4576, édit. Gouverneur^