PRÉFACE XI
1557 et de 1562, à noire Bibliothèque Nationale. L'appareil critique est le résultat de cette collation. Peut-être dira-t-on qu'il ne répond guère à l'effort que j'ai dû m'imposer, et que j'ai pris bien de la peine pour un assez mince profit. Il est certain que l'intérêt serait plus grand si, pour du Bellay comme pour Ronsard ou Montaigne, aux éditions successives de son œuvre correspondaient des variations dans la pensée et l'expression de la pensée. Mais tel n'est pas le' cas : du Bellay n'a jamais revu la production fiévreuse de son esprit, et quelque imparfaits qu'on les juge, le^ chapitres improvisés de la Deffence ont reçu du premier coup leur forme définitive. J'ai pensé néanmoins qu'un relevé complet des variantes de cet ouvrage pouvait avoir son intérêt pour une étude approfondie des fluctuations de notre orthographe, et d'une manière générale pour l'histoire de notre langue. L'édition de 1549 nous montre dans quelle incohérence, au milieu du xvi" siècle, se débat la graphie française. Sans l'ombre de respect pour l'étymologie, tantôt on met une consonne où nous croyons logique d'en mettre deux (acroissement, solicitude, tranquiliié, dijicile, iralsonnable, aparoilre, apartenir), tantôt on la redouble où nous la jugeons superflue (collasse, deffence, nauffrage, proffesseur, gaullois, dirriger^ immlterj, ce qui n'empêche pas d'écrire ailleurs dans le même ouvrage les mêmes mots tout différemment. Tantôt on retranche les lettres inutiles, celles qu'on ne prononce point (soutenir, épaules, laquele, printens), et tantôt au contraire on les multiplie sans raison ( soubz, fruictz,