‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 129 sur 314 · Le fleuve royal, l'Arno · texte numérisé non relu

Le fleuve royal, l'Arno

49. C’est la troisième ombre du groupe des Morts de mort violente qui parle à Dante. Les deux premières ont été Jacopo del Cassero et Buonconte de Montefeltro. D'autres paraitront au chant suivant.

20. C'est-à-dire : je suis née à Sienne et la Maremme m’a tuée (Cf. Enf., VI).

21. Je crois être le premier qui donnc l'exacte traduction de ce passage célèbre, qu'aucun traducteur n'a franchi sans faire un contre-sens, c'est-à-dire sans se méprendre sur le sens des deux mots innanellala pria qui veulent dire : déjà une premiére fois annelée, parce que la Pia était veuve lorsqu'elle épousa Nello, son meurtrier.— La Pia appartenait à la famille des Guastelloni de Sienne. Elle épousa un Tolomei. Veuve de ce premier mari, elle devint la femme de Nello, ou Paganello des Pannochieschi, seigneur du chäteau della Pietra. Nello, soit par jalousie, soit par lassitude, l'enferma dans un château de la Maremme, où, d'après les uns, elle mourut de la fièvre des Marenmes, d’après les autres, assasinée par ordre de son mari (1295) (B).

Le PuRrGATOIRE V 267

(8) Sept vers ont suffi à Dante pour immortaliser Pia di Tolomei. Est-elle morte des exhalaisons des Maremmes dans ce château où l'avait enfermée son mari, ou bien est-ce un assassin, payé par lui, qui, profitant d'un moment où elle se trouvait à un balcon, la précipita du haut du chàteau ? Nul ne le saura avec certitude, mais la première version l'a emporté, peut-être simplement parce qu'elle est plus tragique. Quant à son complice — si tant est qu'elle en eût un — il se serait appelé Augustin de Ghisi. Le mari de la Pia était, en tous cas, beaucoup plus âgé qu'elle. Peut-être estce là la seule origine de cette funèbre aventure, qui a servi de thème à tant de romans, de drames, etc., yreffés sur les sept vers lapidaires de Dante.

CHANT VI

L’Antépurgatoire, 1V.

Se

ARGUMENT. — Les Morts de mort violente (fin) — Benincasa et Guccio de Tarlati. — Frédéric Novello ; Farinata degli Scoriniani ; Pierre de la Brosse. — Explication d'un vers de Virgile sur l'inefficacité des prières en faveur des morts. — Sordello. — Imprécations contre l'Italie et contre Florence.

Quand le jeu de la zara ‘! est fini, le perdant reste seul, tristement occupé à répéter les coups pour s'exercer;

tandis que le gagnant, entouré de tous côtés par les assistants qui cherchent à l'envi à attirer son attention,

s'éloigne sans s'arrêter, écoute vaguement l'un ou l’autre, se débarasse des importuns en leur tendant la main, et finit par se dégager.

Je me trouvais dans le même cas au milieu de cette foule compacte, me tournant, tantôt à droite, tantôt à gauche, et me délivrant de leurs requêtes par des promesses.

Parmi toutes ces ombres, je reconnus cet Arétin ? qui reçut la mort du bras féroce de Ghino de Tacco ; et cet autre qui se noya en s’enfuyant ?.

Je vis aussi Frédéric Novello { priant les mains étendues ; ce Pisan qui fit ressortir la magnanimité du bon Marzucco ;

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