Ce Chef coupable, c'est Boniface VIII
2. On n’a pas oublié que c'est en mars et avril que Dante parcourt les trois royaumes d'outre-tombe. A cette époque le Soleil est dans le signe du Bélier; par conséquent Malaspina annonce la visite de Dante à son fils comme devant avoir lieu avant sept années révolues. Elle eût lieu, en effet, en 1306, conne on l'a vu plus haut (note ®)-
Le Purçcatoire VIII 285
NOTES COMPLÉMENTAIRES
(A) Voici cette hymne dont les paroles s'appliquent si bien à la situation :
Te lucis ante terminum Rerum Creator, poscimus Ut, solita clementia, Sis præsul ad custodiam.
Procul recedant somnia Et noctium phantasmata ; Hostemque nostrum comprime Ne polluantur corpora.
(Hymne ancienne.) .
Præsta, Pater omnipotens,
Per Jesum Christum Dominum,
Qui tecum in perpetuum
Regnat cum Sancto Spiritu (Hymne nouvelle).
Præsta, Pater purissime, Patrique compar Unice, Cum Spirilu Paraclito Regnans per omne seculum.
Pierre Corneille a traduit cette hymne. Voici ses deux premiers versets :
En ces derniers moments du jour qui nous éclaire,
Auteur de l'Univers, nous t'osons demander Qu'avec ta clémence ordinaire
Jusques à son retour tu daignes nous garder.
Repousse loin de nous l'insolence des songes,
Les fantômes impurs que le démon produit, Retiens ce père des mensonges ;
Qu'aucune indignité ne souille notre nuit.
Tempus eral quo prima quies mortalibus ægris.. de Virgile (Enéide, II, 968).
(8) Ce n'est pas ici la première fois que Dante signale les allégories, les sens cachés contenus dans son poème, suivant d'ailleurs l'habitude — pour ne pas dire la manie — de l’époque. Déjà, dans l'Enfer nous avons signalé la tersine suivante : « O vous dont l'intelligence est saine, méditez la doctrine « cachée sous des vers étranges ! » (61-63). Cette fois-ci Dante se contente d'avertir que l’allégorie est facile à pénétrer, mais pourtant qu'il ne faudrait pas qu'une inadvertance la laissât échapper et que le lecteur passât outre sans la saisir.
Les commentateurs se sont divisés au sujet de ce passage, cependant bien naturel. Il en est qui, malgré la langue, la logique et le bon sens, veulent à toute force l'expliquer ainsi : « .… car le voile est maintenant si sub- « til, qu’il est aisé de passer outre sans en soupçonner l'existence ». Ils se basent sur ce qu'il y aurait d’inutile et de peu logique à attirer l'attention sur un passage précisément facile à comprendre. Comme si tout professeur, expliquant un passage légèrement contourné et contenant un double sens facile à pénétrer, ne prendrait pas, neuf fois sur dix, la précaution d'avertir ainsi son élève : faites attention, voici une phrase à double sens, mais facile à comprendre, n'allez pas, par distraction, ne la saisir qu'à moitié !
Quant à l'allégorie par elle-même qui nous occupe ici, nous en donnerons
DATE La Divine CoMÉpie
l'explication lorsqu'elle aura été entièrement développée. Elle a commencé par la prière du soir Ze lucis ante, chantée par les âmes pour invoquer l’aide de Dieu contre les dangers de la nuit.
N. B. — À propos du voile léger el facile à traverser qui fait l’objet de cette note, la phrase de Dante est celle-ci: il velo è tanto sottile chel trapassar dentro è leggiero. Cf. Purg., IV, 92, et XVIT, 7.
(c) IJAMLET
… Comme ma mère a l'air gai. El pourtant, il n'y a pas deux heures que mon père est mort!