‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 159 sur 314 · Les roquels sont les habitants d'Arezzo · texte numérisé non relu

Les roquels sont les habitants d'Arezzo

8. L'Arno fait un brusque coude 5 kilomètres après avoir baigné Arczzo (du nord au sud) et remonte vers le nord-ouest pour arroser Florence.

9. Les loups sont les Florentins guelfes (c). Les gorges profondes, appelées encore aujourd'hui pelaghi, mot employé ici par Dante, sont formées par de hauts rochers, vers Empoli, à 25 kilomètres avant Florence, qui resserrent l'Arno (69). Les renards, enfin, sont les Pisans, derniers riverains de l'Arno.

10. C'est-à-dire, je sais que ces deux voyageurs insolites m'entendent; je sais que l'un d'eux est vivant, aussi vais-je en profiter pour qu'il entende mes véridiques prédictions. Peut-être en pourra-t-il profiter quand il sera de retour sur terre. L'esprit continue à s'adresser à son voisin.

11. Ces loaps, c'est-à-dire les Florentins, comme il les a désignés plus haut, v. 50. — Le fleuve sauvage, c'est l'Arno qui coule au milieu de tous les vils animaux qu'il vient d'énumérer. — Ce neveu est Fulcieri de Calboli, podestat de Florence.

12. Corrompu par les Noirs, et profitant de sa situation de podestat de Florence, Fulcieri de Calboli persécuta les Blancs (1302), en livra un grand nombre à leurs ennemis, c'est-à-dire à la mort, et laissa Florence (la frisle forèl) dévastée. Un an avant, Charles II de Valois agissait de mème vis-à-vis des Florentins. (Voy. XX, 70-78.

322 LA DiIviNE COMÉDIE

Comme l'annonce de futurs malheurs trouble le visage, d’où que vienne l'annonce du péril;

ainsi l’autre âme — qui s'était tournée pour entendre — se troubla et s'attrista dès qu'elle se fut pénétrée de ces sinistres prédictions.

Les paroles de l’une et l'aspect de l'autre m'ayant rendu désireux de savoir leur nom, je le leur demandai avec instance.

Mais l'esprit qui m'avait parlé le premier me répondit : « Tu désires « que je t'accorde ce que tu m'as refusé 13?

« Puisque Dieu fait briller en toi une grâce si singulière et si grande, je ne serai pas avare de mes paroles. Sache donc que je suis Guido del Duca.

« Mon sang fut si brûlant de jalousie que la seule vue de la joie d'autrui me rendait livide t{.

« La paille que je récolte répond à la graine que j'ai semée. O race humaine, pourquoi aimer ce que tu ne veux pas partager ! ? « Celui qui est à côté de moi est Rinieri, gloire et honneur de la « maison de Calboli, mais où sa valeur n'a pas d’héritier {5 ;

« et il n’est pas le seul dont la descendance ait perdu le bien qui « donne la vérité et le contentement ‘7.

« car entre le Pô et la montagne, entre la mer et le Reno ‘, les plantes vénéneuses abondent tellement qu'elles étoufferaient désormais toute tentative de bonne culture.

« Où est le bou Lizzio ? Et Arrigo Manardi, et Pierre Traversaro, et « Guido di Carpigna, où sont-ils ? O Romagnols abâtardis, « quand verrez-vous renaître un Fabbro à Bologne, à Faenza un Bernardin di Fosco, nobles tiges produites par une humble graine * ?

« Ne sois pas étonné de mes plaintes, Ô Toscan, lorsque je me rappelle Ugolin d'Azzo, qui vécut avec nous, Guido da Prato#i,

Page 1