Le florin valait environ 6 francs à cette époque
2. L'acte de condamnation où figurent Dante et quatorze autres Florentins a été retrouvé en 1772 par Savioli, sénateur de Bologne, et cité pour la première fois par Tiraboschi (Vita di Dante).
3. Dino Compagni, Cron. — Dino Compagni était au nombre des exilés, ainsi que le père de Pétrarque.
Romagne et d'établir le siège de leur gouvernement à Arezzo, où le podestat gibelin Uguccione della Faggiola leur offrait asile et protection. Ils choisirent pour chef, ou capitano, Alessandro da Romena, el nommèrent douze conseillers, parmi lesquels fui Dante :.
Au mois de septembre 1303, saint Benoit XI avait succédé à Boniface VIII sur le trône pontifical. Ce nouveau Pape essaya d'amener une réconciliation entre les Noirs et les Blancs, et, à cet effet, envoya à Florence un légat, le cardinal d'Ostie, Niccolo Alberüni da Prato. Mais l'autorité de cet homme de bien fut encore méconnue, grâce aux intrigues du parti guelfe, qui, voulant rester seul maitre de la ville, ne craignit pas de fabriquer de fausses lettres pour dénoncer le légat au peuple pendant un voyage qu'il fit dans le but de pacifier Pistoia. A son retour, le cardinal trouva la ville entière hostile à ses généreux projets. Dégoûlé par tant d'ingralitude et de déloyauté, il quitta Florence.
Tout espoir de réconciliation élant perdu pour les Gibelins, ils ne songèrent plus qu’à prendre les armes pour rentrer de force à Florence et en chasser à leur tour les Guelfes, comme ils avaient jadis réussi deux fois à le faire. Une première tentative, dirigée par Scarpetla des Ordelaffi contre la forteresse de Pulcciano, échoua, el Calboli, qui la défendait, fit trancher la tête à dix-sept prisonniers (1303) *. Le 21 avril 1304, seize cents cavaliers el neuf cents fantassins accouraient d'Arezzo, de la Romagne et de Bologne, el se réunissaient à la Lastra, à deux milles de Florence. Malheureusement, Baschicra della Tosa, qui avait pris le commandement de la petite armée sans attendre Tolosatto des Uberti, qui dirigeait les Gibelins de Pistoia, eut l'imprudence d'attaquer à l’improviste une des portes de Florence 3. Il pénétra dans la ville, et, dans un élan généreux, tenta de réunir tous les Florentins autour de ses bannières au cri de : Vive la paix! Il échoua, fut repoussé et mis en fuite. Tolosatto, qui accourait à son secours, le rencontra non loin de la ville ; mais il ne put rallier les soldats découragés.
Dante n'assista pas à cette malheureuse entreprise. Il élait probablement alors près de Scarpella des Ordelaffi, à Forli, d'où il se rendit ensuile à Bologne. C'est au milieu de ses travaux litléraires que la nouvelle de la défaite de Baschiera vint le trouver. Abandonnant tout espoir de revoir sa patrie el renonçant à s'occuper
1. Fraticelli, Dino Compagni. — Cet Alessandro da Romena n'est pas Île mème que celui dont il est question dans le chant XXX de l'Enfer.