‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 185 sur 314 · Le Cercle des Paresseux, chants XVIII et XIX · texte numérisé non relu

Le Cercle des Paresseux, chants XVIII et XIX

14. Dante n'a probablement connu Cecilius et Varron que pour avoir trouvé leurs noms cités, peut-être dans Quintilien (c). — Perse, poète latin dont il ne nous reste que six satires (34-62 ap. J.-C.)

15. Homère, déjà appelé, au chant IV, poète souverain (88), maître sublime de la poësie qui plane au-dessus de tous comme.un aigle (95 96). Le lait des Muses : Cf. Par., XXI, 56-57.

16. L'aveugle prison. Dante a déjà appelé ainsi l'Enfer dans le chant X, 58-59, de l'Enf. Le premier Cercle, les Limbes chant 1V. Dante prolite de cet entretien pour ajouter quelques noms à ceux qu'il a déjà cités en visitant les Limbes :D.

« nous nous entretenons du mont qu'habitent encore nos nourrices.

« Avec nous, se trouvent Euridipe, Antiphon, Simonide, Agathon « et beaucoup d’autres Grecs au front ceint de laurier.

« Là aussi nous voyons les héros que tu as chantés : Antigone, Déi- « phile, Argia, Ismène — celle-ci toujours aussi triste‘? —,

« Hypsipyle ‘* — qui indiqua la fontaine Langia, — la fille de Tiré- « sias ‘, Thétis, Deidamie avec ses sœurs. »

Cependant les deux poètes avaient atteint le haut de l'escalier où s'étaient encaissés nos regards. Silencieux alors, ils se mirent à contempler ce que contenait le Cercle suivant??.

Quatre des servantes du jour s'étaient retirées; et la cinquième, debout sur le char, élevait déjà la pointe flamboyante du timon ?!.

Alors mon Guide me dit : « Je crois qu'il faut maintenir notre droite « du côté extérieur du mont, afin de le tourner, comme nous avons « fait jusqu'ici?? ».

Ainsi, instruits par l’expérience et encouragés par l’assentiment de cette âme vertueuse, nous nous mîÎmes en route avec moins d'hésitation.

Les deux poètes marchaient ensemble; je les suivais seul, écoutant les doux propos de leur profitable entretien.

Mais ils se turent bientôt à la vue d'un arbre placé au milieu de la route. Ses fruits répandaient un parfum doux et appétissant:

sa ramure — contrairement à celle du sapin — grandissait et s'’élargissait en s'élevant vers la cime, afin, je suppose, que l'on n'y puisse pas grimper;

son feuillage était arrosé par une cascade d'eau limpide, jaillissant du haut rocher et tombant sur une partie du chemin qui se trouvait interceptée.

Les deux poètes ‘s’'approchèrent; mais une voix, sortie du milieu des feuilles, s'écria : « Cette nourriture n'est pas pour vous.

« Lorsque Marie — qui intercède ici en votre faveur — intervint

17. Voici maintenant les héros de l'Achilléïle et de la Thébaïde. Ismène, fille d'Œdipe, est triste depuis la mort de son fiancé Cirrée, tué par Tydée (E).

18. Nous avons déjà rencontré Ilypsipyle au chant XVIII de l'Enfer (v. 93-%6). Voici maintenant la seconde partie de son histoire, à laquelle Dante fait ici allusion : fille de Thoas, roi de Lemnos, elle fut chassée de cette tle pour avoir sauvé son père à l'insu des Lemniennes qui avaient juré de tuer tous les hommes. Elle tomba au pouvoir de pirates qui la vendirent à Lycurgue, roi de Némée. Devenue nourrice du fils de Lycurgue, elle rencontra un jour, hors de la ville, Adraste et ses compagnons qui lui demandérent de leur indiquer une fontaine. Pour les conduire à la fontaine Langia, Hypsipyle posa son nourrisson — Ophelles — sur une plante d'ache. mais quand elle revint, elle le trouva mort de Ia piqüre d'un serpent. En mémoire de ce malheur on inslitua les jeux Némcens, célèbrés tous les trois ans. Les vainqueurs se mettaient en deuil et se couronnaient de feuilles d'ache. (Voy. Purg., XXVI, 95.)

19. La fille de Tirésias ne peut être Manto, puisque nous avons vu Manto, avec les Frauduleux dans le huitième Cercle de l'Enfer (XX. 52et suiv.). C'est donc, ou Duphné, ferame poète, ou Historiade, citée par Pausanias. Voy. à propos de Tirésias (Enf., XX, 40-45).

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