‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 186 sur 314 · Voy. XIX · texte numérisé non relu

Voy. XIX

LE PUuRGATOIRE XXII 373

pendant le repas, ce n'est pas pour elle-même qu'elle réclamait, c'était pour que les Noces fussent honorables et complètes 25.

« Les anciennes romaines se contentaient d’eau pour boisson ?*, Daniel préféra l'étude aux mets délicats ?*.

« Le premier âge eut l'éclat de l'or, car la faim rendait les glands savoureux et la soif rendait l'eau meilleure que le nectar.

« Dans le désert, Baptiste ne s’est nourri que de miel et de sauterelles; aussi a-t-il atteint cette grandeur et cette gloire

« que nous montre l'Évangile ?6,

AR

NOTES COMPLÉMENTAIRES

(A) On ne comprend pas très bien ce reproche adressé à Stace, même par la bouche de Virgile, car Dante l'aurait lui-même mille fois encouru dans sa Commedia, où la Mythologie se méle à chaque instant aux Écritures, particulièrement dans maintes et maintes invocations aux Muses mythiques. Du reste, Stace ne semble guère touché non plus par ce reproche, puisque, dans sa réponse, il parle aussitôt du Parnasse !

(8) On a beaucoup disputé pour savoir si par nova progenies Virgile fait allusion à la naissance du fils d’Asinus Pollion, consul, — comme le déclare, entre autres son commentateur fameux, Servius, — ou s'il prédit la venue du Messie. Toute cette quatrième églogue se prête à cette dernière interprétation par une coïncidence étrange et singulière de mots et d'allusion. Cette race nouvelle, cet enfant qui va naître et ramener l'âge d'or, cette Virgo (6) mystérieuse qui peut aussi bien représenter Astrée ou la Justice que Marie, ces fressaillements de joie qui agilent le monde [v. 50), tout cela semble en effet comme une prédiction divine, surtout à cette époque où l'Italie, accablée de maux, avait confiance dans les prédictions des oracles sybillins, conformes aux théories des académiciens et des stoïîciens, qui annonçaient qu'un nouvel Âge du monde — un âge heureux — allait commencer. Cependant, c'est probablement le passage suivant de Saint Augustin (Contra Judæos), lu par Dante, qui l'aura engagé à faire ainsi parler Stace : « Nonne « quando poeta ille facundissimus inter sua carmina jam nova progenies « dicebat, Christi testimonium perhidebat ? »

(c) Les noms que citent ici Stace et Virgile doivent donc ètre ajoutés à ceux que Dante a déjà mentionnés parmi les habitants des Limbes (Enf., 1V). Ce sont: Térence, poète comique latin (192-159 av. J.-C.\, auteur de l’Andrienne, des Adelphes, etc. ; Cecilius, dont les œuvres sont perdues, mais dont parlent Cicéron et Horace, et qui vivait au Ile siècle av. J.-C.; Plaute, poète comique latin (m. en 183 av. J.-C.), auteur d'Amphyltrion, de l’Avare, des Ménechmes, etc. Quant à Varron, il serait bizarre que Dante eût

23. La voix mystérieuse qui parle dans l'ombre n'est pas celle de la Vierge, comme la phrase qui intercède ici pour nous l'a fait croire à tort. Elle signifie simplement que la Vierge est l'avocale naturelle des pécheurs, ainsi que le dit expressément l'Église. Voici les exemples de vertus contraires à la gourmandise. Le premier est celui de la Vierge aux Noces de Cana Vinum non habenl, elc., déjà cité chant XIE, 29.

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