Les monts Riphées, dans la Russie septentrionale
8. Ce chant éploré c'est le Summæ Deus clementiæ du chant précédent, et les cris appropriés, sont les exemples de luxure, comme Sodome et Gomorrhe, et Pasiphaé, que les âmes viennent de citer.
9. Cette Dame, c'est Béatrice. (Voy. Enf., L. 121-123 et JE, 52-117.)
10. Le Ciel le plus vaste, c'est l'Empyrée, placé au-dessus de tous les autres, où se trouve le siège de Dieu et de l'élite choisie pour ètre le plus proche de Dieu.
ainsi chacune de ces ombres me considéra. Mais, surmontant bientôt cette stupeur, vite dissipée chez un cœur haut placé :
« Heureux mortel — reprit la même âme — qui montes jusqu'à la « cime de notre montagne pour t'approvisionner d'expérience afin de « vivre meilleur !
« Ces âmes, que tu vois marcher en sens inverse, ont commis le « péché qui valut à César triomphant d'être appelé Reine par ses soldats‘.
« Voilà pourquoi ils vont criant Sodome, en s'accusant eux-mêmes, comme tu l'as entendu, pour ajouter leur contrition au feu qui les « brûle ‘2,
& Quant à notre péché à nous, il fut hermaphrodite ‘3. Nous avons « méconnu la loi naturelle de l'humanité ; nous nous sommes abaissés « à des appétits bestiaux ;
« aussi, en nous séparant, rappelons-nous, pour notre honte, le nom « de celle qui s'enferma dans une fausse bête façonnée en bois, se « ravalant ainsi elle-même au rang d'une bête véritable ‘4.
« Tu connais maintenant nos coupables actes : ne demande pas nos « noms; il se fait tard, ct d'ailleurs tu ne les connaitrais pas ‘*.
« Sache seulement le mien : je suis Guido Guinicelli ‘6. J'ai obtenu « la faveur de me purifier ici, parce que je me suis repenti avant le « moment suprème 7. »
Lorsque ces deux fils, qui retrouvèrent leur mère, fuyant la douloureuse colère de Lycurgue, se jetèrent dans ses bras‘, ils n'y mirent pas plus d'élan que je n'en apportai moi-même à me précipiter vers Guido : si les flammes ne m'eussent retenu, je l'aurais embrassé aussi,
car il se proclamait lui-même mon père en poésie, ainsi que plusieurs autres, que je suis loin de valoir, et dont les poèmes sont les plus brillants et les plus harmonieux qui furent jamais.
Alors, silencieux tous deux, longtemps je le regardai pensif ;
Puis je lui jurai que je le voulais servir : « Tes paroles et ton ser- « ment — me dit-il —
« laisseront en moi une trace si durable que le Léthé‘?’ lui-même « nepourra ni l'effacer ni l’atténuer.
« Puisque je puis me fier à ta promesse, dis moi la cause de cette « grande affection qu'expriment ta voix et ton regard. »
11. Voy. Suétonce, Vie de César, chap. 47. Il s'agit du roi Nicomède et de Jules César, avant le triomphe que valut à celui-ci la gucrre des Gaules : Gallias Cæsar subeyil, Nicomedes Cœsarem.