Var.: Guia al som sens freich e sens calina
27. Vers provençaux mis par Dante dans la bouche d'Arnaud Daniel et dont voici la traduction :
Tant me plait votre courtoisc demande que je ne puis ni ne veux vous cacher mon nom.
NOTES COMPLÉMENTAIRES
(A) Guido Guinicelli — ou Guinizelli, savant poëèle, l'un de ceux qui contribuërent au perfectionnement de la langue italienne. Il fut exilé comme Gibelin en 1268 et mourut en 1276. Dante le qualifie de maximus dans son traité De Vulgari Eloquio (I, 15) et de Nobile dans le Convito (IV, 20). Plus loin (v. 97) il l'appellera son père en poésie (Voy. Purg., XI, 94-96), et cela, non seulement par raison de poésie, mais par raison de doctrine, car Guido Guinicelli fut, sinon l'inventeur, du moins le plus actif et le plus influent propagateur de oet amour platonico-mystique qui fut le trait principal de la poésie italienne au moyen âge et dont la nature est aujourd'hui si difficilement comprise, surtout en France. C’est de cet ordre d'idées qu'est née la Béatrice de Dante. Guinicelli a formulé ce système dans sa canzone In lode di Amore qui débute ainsi : « L'amour s'’abat toujours sur un cœur « généreux comme l'oiseau sur un rameau vert; et la nature n'a pas créé « l’un sans l'autre. » Ces vers ont visiblement inspiré ceux de Françoise de Rimini (Enf., V. 103-105 : L'Amour qui s'empare bien vite d'un cœur généreux, etc.
(8) Arnaud Daniel, troubadour du douzième siècle, qui a laissé peu de traces, contrairement au pronostic de Dante. Il est cependant l'auteur de Lancelot du Lac roman dont l'Alighieri se sert siéloquemment dans le fameux et admirable épisode de Françoise de Rimini (Enf., V, 137), et aussi dansle chant XVI du Paradis, 13-16). Pélrarque a partagé l'enthousiasme de Dante. et imité 8es rythmes. Au contraire de l'opinion de ces deux grands poètes, Giraud de Berneil, ou Borneil, d'Exideuil, près Limoges, est considéré aujourd'hui comme ayant laissé le plus parfait modèle de la poésie provencale, cette fleur du moyen âge à laquelle Dante a rendu plus d'un hommage. Il a parlé de ces deux poètes dans le Vulgari Eloquio, I, 2.
Je suis Arnaud qui pleure et vais chantant. Je vois avec douleur ma folie passée, mais avec joie le jour espéré.
Maintenant, par cette vertu qui vous guide au sommet de cet escalier ‘, je vous prie de vous souvenir de soulager ma douleur.
4. Var. : par celle verlu qui vous guide jusqu'au sommet, sans souffrir ni du froid ni de la chaleur, je vous prie etc.
N. B. Ces vers ont été restitués par Raynouard, Journal des Savants de février 1830.
CHANT XXVII
Sortie du dernier Cercle.
je
ARGUMENT. — Purification par le feu. — Rêve de Dante. — Lia. — Adieux de Virgile.
Tandis que les premiers rayons de l’Aurore vibraient ! là où le Rédempteur versa son sang; que du Méridien, la Balance dominait les flots de l’Ebre;
que le Soleil de midi brûlait les eaux du Gange; pour nous cependant le jour allait finir ?, lorsque resplendissant de joie, l’Ange de Dieu parut.
Debout sur la rive, en dehors des flammes, il chantait d’une voix beaucoup plus éclatante que la nôtre : Beali mundo corde 3.
Dès que nous fûmes près de lui: « Ames pieuses, — nous dit-il — < avant d'aller plus loin, il faut que vous soyez mordues par le feu : « ne restez donc pas sourdes à la voix qui va vous appeler là-bas et « entrez dans ces flammes ! »
Ces paroles me rendirent semblable au condamné, qu'on enterre vivant.
Epouvanté par cet incendic et par le souvenir de corps humains que j'avais vu brûler, je projetai mes mains jointes en avant.
Mais aussitôt mes bons guides se tournèrent vers moi, et Virgile me dit : « Mon cher fils, ici l’on doit souffrir, mais on ne peut « mourir : °
« souviens-toi, souviens-toi’! — Si, montés tous deux sur Gé-
4. Cf. là dové l'Sol lace (Enf., 1, 1 60, v. 62); et d'ogni Luce muro (Enf., V,98).