LE CORTÈGE SYMBOLIQUE
Le cortège symbolique du triomphe de l'Église a été composé à l'aide de l’Apocalypse de Saint Jean, de la Vision d'Ezéchiel, et de toutes les traditions de l’art chrétien. Aux beautés profondes de ces modèles, modifiées en certains points, Dante ajoute la magie de son style le plus élevé et le plus poétique, car ainsi qu'il l'avait déclaré, ce style s'élève à mesure que le sujet de ses chants monte vers Dieu *. De plus, il réalise son projet, annoncé à la fin de la Vita Nuova, de célébrer Béatrice comme jamais femme ne fut célébrée par un poète (A). Dans ce but, il en a fait la personnification de la Théologie; il la place en souveraine sur le char triomphal de l’Église, et ne croit pas que ce soit trop, pour lintroduire, la précéder, l'accompagner et la suivre, de toutes les allégories de l'Ancien et du Nouveau Testament; de toutes les vertus personnifiées par autant de femmes; de toutes les beautés de la Terre, de toutes les splendeurs des cieux !
A vrai dire, cette fin du Purgatoire est plutôt le prologue du Paradis, et par la sérénité des tableaux et par l'explosion enthousiaste de la plus divine des langues. La description du cortège qui amène Béatrice se refroidit par une prosaïque traduclion, alourdie par les ternes intonations et le manque d'accentuation de la froide langue française. Mais en italien, écoutez un bon diseur vous chanter ce vingt-neuvième chant du Purgaloire, et vous en saisirez bien vite les