Voy. Enf., IV
* Voy. Purg., I, 9, IX, 70-72 et XXIX, 40.
éclatantes beautés. La sécheresse d'une allégorie continue disparaît, et ces mêmes sujets, pétris d'argile par d'autres, et restés d'argile entre leurs mains, s'envolent au sortir des siennes, car il les anime du souffle de la divine poésie qui les fait planer si haut!
Voici l'explication du cortège symbolique :
Les sept candélabres figurent les sept dons du Saint Esprit; les dir pas sont les dix Commandements de Dieu qu'il faut observer pour obtenir les dons du Saint Esprit et leurs fruits, qui sont les sept Sacrements figurés par les peliles flammes aux sepl couleurs, détachées des flambeaux. Ces sept sacrements sont: baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, extrême-onction, ordination et mariage. Les vingt-quatre vieillards sont les vingt-quatre livres de l'Ancien Testament, d’après la division de Saint Jérôme qui ne fait qu'un seul livre des quatre prophètes majeurs et un seul des douze prophètes mineurs {.
La couronne de lys symbolise la pureté de leur doctrine (98.) Cette première partie consacrée à l'Ancien Testament est suivie de la seconde, consacrée au Nouveau :
Les quatre animaux sont les quatre Évangélistes: Saint Marc, un lion; Saint Jean, un aigle; Saint Luc, un animal à visage d'homme et Saint Matthieu un veau: ils sont couronnés de verdure pour indiquer que leur doctrine immuable ne passe pas (110-141); leurs sir ailes figurent les six lois rapidement propagées et les yeux vivants d’Argus la vigilance nécessaire pour éviter les pièges et embûches des ennemis de la Foi; le Griffon, moitié lion (partie postérieure), moitié aigle (partieantérieure)symbolise Jésus-Christ, l'aigle représentant la nature divine, et le lion la nature humaine; ses ailes s'élèvent à perle de vue pour indiquer que la Doctrine de Notre-Seigneur dépasse toute intelligence humaine; l'or de ses membres d'oiseau est la couleur de l'Église; le blanc symbolise l'innocence et la pureté, le rouge, la charité et le sang versé par les hommes; les deux roues du char sont l'Ancien et le Nouveau Testament, la gauche l'Ancien, la droite le Nouveau ; les trois Dames dansant près de la roue droite sont les trois Vertus théologales — Foi (blanche), Espérance (verte), Charité (rouge), — et c'est tantôt la Foi, tantôt la Charité qui conduit leur ronde ; les quatre autres Dames dansant près de la roue gauche sont les quatre Vertus cardinales — Prudence, qui a frois yeux, Justice, Force et Tempérance —; les deux Vieillards sont Saint Luc, qui, au dire de Saint Paul, était médecin, et Saint Paul, dont l'épée symbolise la puissance de la parole qui pénètre jusqu'à l'âme, combat le vice et l'erreur et défend la Vérité. C'est la seule arme fournie par le Rédempteur à ses disciples, et guidée par Dieu. « Paolo teneva la spada d'oro» (Bolland. 1, 915); les quatre autres vieillards sont les quatre Docteurs de l'Église :
1. Prophètes majeurs: Esaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel; Prophètes mineurs : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
Le Purcatorre XXIX 409
Saint Grégoire, Saint Jérôme, Saint Ambroise et Saint Augustin; le dernier Vieillard est Saint Jean. Il sommeille comme assistant en rêve à la vision de Pathmos, c’est-à-dire à l’Apocalypse; les sept Vieillards sont couronnés de roses et autres fleurs rouges, comme martyrs.
NOTE COMPLÉMENTAIRE
{A) Voici le dernier paragraphe de la Vie Nouvelle où Dante annonce son projet relatif à Béatrice. Il vient à la suite d'un sonnet en l'honneur de sa Dame :
8 XXLIIT. Apresso a questo sonelto apparve a me una mirabil visione, nella quale vidi cose, che mi fecero proporre di non dir più di questa benedetta, infino a tanto che io non potessi pit degnamente trattare di lei. E di venire a cio io studio quanto posso, si com'ella sa veracemente. Sicchè, se piacere sara di Colui, per cui tutte le cose vivono, che la mia vita per alquanti anni perseveri, spero di dire di lei quello che mai non fu detto d'alcuna. E poi piaccia a Colui, ch'è sire della cortesia, che la mia anima se ne possa gire a vedere la gloria della sua donna, civè di quella benedetta Beatrice, che gloriosamente mira nella faccia di Colui, qui est per omnia sœæcula benedictus.
CHANT XXX
Le Paradis Terrestre (suite)
ARGUMENT. — Apparition de Béatrice. — Disparition de Virgile. — Reproches de Béatrice, qui y insiste malgré la prière des Anges.
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Sous ce premier ciel qui ne connut jamais ni lever ni coucher, et qui ne fut voilé que par le nuage du péché;
sous ce ciel qui dictait à chacun son devoir', — comme dans notre ciel inférieur les sept étoiles indiquent au timonier la manœuvre qui conduit au port —
les sept flambeaux? s'étaient arrêtés, et les véridiques vieillards, qui marchaient entre ces flambeaux et le griffon, se tournèrent vers le char, but final où leur désir s'apaise.
L'un d’eux3, comme envoyé du Ciel, chanta par trois fois : « Veni, sponsa de Libano ! » et tous les autres répétèrent ces paroles.
Comme à l’appel suprême, les élus s'empresseront de sortir du tombeau, et, de leur voix recouvrée, chanteront alleluia;
ainsi, ad vocem tanti senis®, s’élevèrent au-dessus du divin char cent voix de Ministres et Messagers de la vie éternelle.
Et tous inondèrent le char de fleurs en chantant : « Benedictus qui venis.. Manibus o date lilia plenis'! »
À l'aube calme et limpide d'un beau jour terrestre, dans un ciel
4. Ce premier ciel est à la fois le ciel du Paradis Terrestre et le premier Ciel de la Lune.