Cf. Par
9. Nous retrouvons encore ici, comme en tant d'autres endroits, les couleurs symboliques des trois Vertus Théologales. (Voy. chant préc. 121-126.) Quant à l'olivier, emblème de la sagesse, Dante l'appellera plus loin (v. 68) feuillage de Minerve.
10. Béatrice mourut en 1290. Dante suppose donc qu'il y a dix ans qu'il ne l'a vue, et il rappelle en mème temps la violente émotion qu'elle lui faisait éprouver quand il la rencontrait (C).
11. Dante n'avait que neuf ans quand il rencontra Béatrice et s'éprit d'elle. (Voir la Vilq Nuova), et la Vie de Dante, pages 12 et suiv.
12. Agnosco veleris vesligia flammæ, a dit Virgile (Enéid., IV, @).
13. On se souvient qu'au premier chant de l'Enfer, Virgile est envoyé par Béatrice pour sauver Dante égaré dans la /orèt sauvage. (Voy. Enf., Let IL.)
15. En face de Béatrice et avant qu'elle ait découvert son visage, Virgile qui a fait ses adieux à Dante, au chant XXVII, 127 ad finem, disparait, mais Stace reste auprès de Dante.
15. C'est icila seule fois que Dante mentionne son propre nom, et il s'en excuse modestement.
Son long voile, surmonté du feuillage de Minerve, me cachait son visage ‘6,
mais la superbe de son attitude, et le ton sévère de ses paroles, semblaient me menacer de plus graves réprimandes.
« Regarde moi bien, oui, c'est moi, c'est bien moi, c'est Béatrice «quite parle ! Ainsi, tu as enfin daigné la gravir, cette montagne ? « Ignorais-tu donc que le bonheur est ici ‘7 ? »
Ces mots me firent baisser les yeux, mais le miroir de l’onde pure me montra mon visage si rougissant de honte, que je me détournai aussitôt pour ne voir que le gazon ‘;
car je ressentais cette amertume que cause à l'enfant grondé l'acerbe pitié d’une mère.
Elle se tut, et aussitôt les Anges chantèrent : Zn le Domine speraui, mais en s’arrêtant à pedes meos ‘®.
Comme la brume, poussée par les vents d'Esclavonie, traverse les forêts et s'attache en ncige sur les cimes d'Italie ?;
ainsi j'étais resté, sans larmes ni soupirs, avant d'entendre la voix de ceux qui toujours accompagnent de leur chant l'harmonie des sphères éternelles 2?';
puis, comme sous l’action des vents qui viennent de la contrée où l'on ne voit pas son ombre ??, cette neige, écoulée à travers ellemême, fond comme la cire dans le feu,
ainsi, lorsque j'entendis leur douce voix compatir à ma douleur plus éloquemment que s'ils avaient dit : O Dame, pourquoi le gronder ainsi ?
mon cœur, glacé d'effroi, se fondit en soupirs et en larmes, et je sanglotai amèrement.
Mais, toujours debout du même côté du char, elle adressa ces paroles aux pieuses substances ?* :
« Au sein de l’éternelle lumière où vous êtes, ni la nuit ni le som- « meil ne dérobe à votre vigilance un seul instant dans le cours des « siècles passés et futurs;
« mais comme ma réponse est destinée à celui qui est là tout en