Mathilde. (Voy. XXIX, 7et suiv
17. La Théologie, abritée sous la verdure renouvelée par la Révélation, repose sur la racine de l'’Arbre d'Obéissance.
18. Ce sont les mêmes sept flambeaux qui conduisaient la première partie du cortège (Les 50). Le cortège, remontant au Ciel guidé par le Griffon, n'a plus besoin de leur umière.
19. C'est-à-dire que Dante ne restera plus longtemps sur la Terre d'exil (forêt d'égarement, comme au chant I de l'Enfer), et montera bientôt avec Béatrice dans le Paradis, cité divine où le Christ est le premier citoyen.
Le PurcatomEe XXXII 423
saccager sous nos yeux. De ses serres, de son bec, il arracha feuilles et fleurs et déchira l'écorce.
Puis, tournant sa fureur contre le char, il s'élança, le fit ballotter de babord à tribord et le laissa comme un navire en détresse battu par les flots ?2.
Ensuite, un renard, maigre, affamé, privé de toute bonne nourriture, se rua sur le char triomphal *!.
Mais ma Dame lui reprocha ses infâmes péchés et le fit fuir aussi vite que le lui permirent ses membres décharnés.
Alors l'Aigle revint vers le char, s'introduisit sous son arche et y abandonna une grande quantité de ses plumes.
Cependant, du sein du Ciel, une voix affligée prononcça ces paroles : « O ma barque, quelle mauvaise cargaison tu portes 221 »
Après cela, il me sembla voir la terre s’entrouvrir entre les deux roues et paraître un dragon qui plongea sa queue, comme l'aiguillon d'une guèpe,
dans le dessous du char. Après l'avoir défoncé, il en arracha sa queue, et s’en alla tortueux et satisfait 23,
En moins de temps qu’on n’en mel à pousser un soupir, ces plumes, offertes peut-être à bonne et pure intention,
recouvrirent les débris du char, comme le gazon recouvre une terre vivace, et les deux roues, ainsi que le timon, disparurent à nos regards.
Sur le véhicule sacré, ainsi transformé, sept têtes parurent, trois au timon, les autres aux quatre coins *{.
Les premières étaient bicornes comme les bœufs, tandis que les quatre autres n'avaient qu'une corne au front : jamais on ne vit monstres semblables.
Elus solide et plus d'aplomb qu'une forteresse sur un haut rocher, je vis une prostituée éhontée, presque nue, promenant autour d'elle ses regards effrontés.
29. Cet Aigle représente l'Aigle impériale, symbole des empereurs romains, à la manière d'Ezéchiel (Chap. XVII), et de leurs persécutions contre les Chrétiens. Les fleurs et les feuilles sont les vertus chrétiennes, l'écorce, le corps des martyrs.Le char de l'Eglise est désemparé par des flots de païens.
21. Le renard symbolise les schismes qui ont troublé l'Eglise (Anastase, Photin, Arius, Julien l'Apostat, etc.), c'est pourquoi il est maigre, n'ayant eu que de mauvaise nourriture. Il s'enfuit, confondu par la Théologie (Béatrice).
22. Ces plumes sont l'image des donations faites — peut-être à bonne intention, dira Dante plus loin — par les empereurs chrétiens, principalement Constantin (221), donations contraires, comme on sait, au principe du système dantesque, et que déplore une voix du ciel, sans doute culle de Saint Pierre, comme dans l'Apocalypse (XVIL, 4).
23. Le dragon symbolise ici à la fois la cupidité et l'avarice qui ont dévié l'Église de son but et l'ont atteinte dans son fondement.
2%. Les sept têtes représentent les sept péchés capitaux envahissant l'Église comme résultat de son enrichissement, symbolisé par les plumes de l'Aigle et le gazon luxuriant qui recouvre son char. Trois de ces péchés ont deux cornes parce qu'ils offensent directement et Dieu et le prochain. Ce sont: l'Orgueil, l'Envie et la Colère. Les quatre autres n'ont qu'une corne, parce qu'ils n'offensent directement que le prochain. Ce sont : la Paresse l'Avarice, la Gourmandise et la Luxure. (Voir, sur cette classification, les discours de Virgile aux chants XI de l'Enfer et XVH du Purgatoire.)
Et près d'elle, comme pour la garder, se tenait un géant ; et ils se baisaient de temps en temps.
Mais son regard cyniquement provocateur et cupide étant tombé sur mot, son féroce gardien la flagella de la tête aux pieds.
Puis, soupconneux, furieux et cruel, il délia cette horrible créature et la poussa si avant dans la forèt que l'épaisseur des arbres me cacha à la fois,
et la courtisane et son char monstrucusement déformé ?*.
NOTES COMPLÉMENTAIRES
(A) En parlant des plaies de N.S., Saint Bernard dit : Inspice lateris aperturam, quia nec illa caret rosà, quanvis ipsa subrubea sit, propter mixturam aquæ. (De Pass. Dom., I, 41.)
(8) Junon, ayant appris l'aventure de Ja nyÿmphe Syrinx fuvant les poursuites du dieu Pan, sentit s'éveiller sa jalousie au sujet de la nymphe lo, remarquée par Jupiter. Elle chargea Argus aux cent yeux de veiller incessamment sur elle, Mais Jupiler envoya Mercure avec mission de tromper la vigilance du gardien « aux veux impilovables ». Mercure fit à Argus un récit, tellement long, doux et monotone, de l'histoire de cette mème Syrinx, qu'il réussit à endormir les cent yeux du trop naïf Argus. (Ovide, Méf., L.)
(c) Dans le mystère de la Transtiguration, d'après Saint Matthieu (XVIF, auquel Dante compare ici son sommeil, est introduit le gracieux souvenir du pommier, auquel le Bienaimé est comparé dans le Cantique des Cantiques, (11, 3), et dont les fleurs sont les miracles de Jésus, et les fruits la Joie des Anges.
25. La courlisane. c'est l'Eglise prostituée, c'est-à-dire la Papauté, particulitrement sons Boniface Vlil; et le géant, c'est Philippe le Bel, transférant en France (dans la forèt téntbrense) le Sitge Apostolique (char défiguré) après l'élection simoniaque de Clément V.