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PRÉAMBULE DU PARADIS

C’est surtout dans le Paradis que Dante trouve occasion de s'appuyer sur un système planétaire déterminé. Or, comme à son époque le système accepté était encore conforme à celui de Ptolémée, il en résulte que la construction de son vaste édifice cosmonographico-religieux et philosophico-moral repose sur des données renversées par Copernic et Galilée. C’est ainsi que, dans la Divine Comédie, la terre est immobile au centre de l'Univers, et qu'autour d'elle évoluent sept Sphères, Planètes ou Cieux, dans l'ordre suivant : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Puis, viennent deux autres Cieux : le huitième, ou Ciel des Étoiles Fixes, et le neuvième et dernier, le Premier Mobile ou Cristallin. Enfin, au delà, il n'y a plus que l'Empyrée, Firmament ou Ciel immobile, séjour de la Divinité.

Ces neuf Cieux forment la contre-partie des neuf Cercles de l'Enfer. Tandis que ceux-ci vont en diminuant jusqu’au centre de la Terre, où est Lucifer, ceux là vont en grandissant jusqu'au plus haut des Cieux, où est Dieu.

Les récompenses distribuées aux bienheureux, placés, selon le genre et le degré de leur mérite, dans ces neuf Cieux, sont établies méthodiquement, comme les châtiments infligés aux damnés dans l'Enfer, et comme les pénitences imposées aux âmes qui se purifient dans le Purgatoire. Le Ciel qu'occupent ces bienheureux — et qu'ils ne quittent plus — est d'autant plus élevé — par conséquent rapproché de Dieu — que leur vertu a été plus éclatante et leur a mérité une plus haute récompense.

Dans la pensée de Dante, le Paradis est le contentement dans l'Intelligence Divine, contentement auquel nous conduisent les Sciences, représentées par les neuf Cieux, avec la Théologie pour guide, dont l'âme ne peut profiter qu'après avoir été lavée des souillures du péché dans le Léthé, renouvelée, et imbue de l'inaltérable bon-vouloir dans l'Eunoé.

Ces Cieux, aux évolutions de plus en plus vastes dans leurs or-

bites concentriques, inondés d'une lumière divine de plus en plus brillante, offrent aussi le symbole du perfectionnement graduel par les régénérations palingénésiaques successives qui ramènent l'âme à Dieu.

Dante explique toute cette combinaison dans le Convito (II, 14), où il juxtapose son système scientifico-allégorique et le système cosmique des doctrines scholastiques de son époque, en établissant leur concordance, exposée clairement dans le tableau page 435.

Dans chacune des classes d'Anges, on distingue l'ordre, le savoir et le pouvoir. Dans le ternaire le plus élevé sont les Séraphins, qui voient Dieu le plus près, ce qui fait qu'ils l’aiment plus que tous les autres anges ; après eux, viennent les Chérubins, qui représentent la Science, et les Trônes, le Jugement. Le ternaire intermédiaire comprend: les Dominations, qui, suivant Saint Grégoire, enseignent à dominer par et pour le bien; les Vertus, qui opèrent les miracles, et les Puissances, qui répriment les malins esprits. Enfin le ternaire inférieur — ou 1°" ternaire — se compose : 1° des Principautés, qui enseignent à respecter l'autorité hiérarchique d'autrui; 2° des Archanges, messagers supérieurs de Dieu; 3° des Anges, messagers inférieurs. Ajoutons, d'après Saint Isidore, que les Anges du troisième ternaire, — ou ternaire supérieur — contemplent plus spécialement Dieu le Père ; ceux du deuxième, Dieu le Fils, et ceux du premier, le Saint Esprit.

Voici la composition du Paradis :

Passage du haut de la montagne du Purgatoire à la planèle la Lune, ou premier Ciel du Paradis, à travers la sphère du Feu (Chant 1).

1°" Ciel, la Lune, où sont les Vierges dont les vœux ont été violés malgré elles (Ch. II à V).

2° Ciel, Mercure, où sont les Héros trop épris de gloire terrestre (Ch. V à VIT).

3° Ciel, Vénus, où sont les Amoureux (Ch. VIII-IX).

4° Ciel, le Soleil, où sont en partie les Pères de l'Église (Ch. X à XIV).

5° Ciel, Mars, où sont ceux qui sont morts en combattant pour la Foi (Ch. XIV à XVIT).

6° Ciel, Jupiter, où sont ceux qui ont rendu la justice avec équité (Ch. XVII-XX).

7° Ciel, Saturne, les Contemplatifs (Ch. XXI-XXIT).

8° Ciel, les Etoiles Fixes, Grands Bienheureux (Ch. XXII-XXVII). Dans ce Ciel on voit le Cortège céleste et le rayonnement du Christ (Ch. XXII).

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