‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 240 sur 314 · CF Purg., XXIX · texte numérisé non relu

CF Purg., XXIX

9. L'homme qui ne naquit pas, Adam ; vir sine matre, dit Dante ailleurs (Vulg. Eloq.,1, 6).

10. Je suis la voie, la vérité el la vie, dit Jésus. (Saint Jean, XIV, 6.)

11. En d'autres termes, la Crucifixion fut un acte de justice vis-à-vis de la nature humaine de Jésus, — mais un outrage sans égal vis-à-vis de sa nature divine. — Par la mort de Jésus qui est le fait de l'humanité — la colère de Dieu, relativement au péché originel, a été apaisée ; mais, en mème temps l'attentat des Juifs méritant un nouveau châtiment, Dieu l'a fait suivre de la destruction de leur Temple et de leur éternelle dispersion.

12. L'intelligence mortelle ne peut atteindre à la parfaite Charité que seule peut pro-

j Le Paranis VII 471

< Cependant, cette difficile question est un sujet si constant d'étude, « d’étonnement et d'erreur, que je tiens à te dire pourquoi ce mode « de Rédemption a été jugé le plus digne.

« La divine bonté ignore toute jalouse envie; son ardent foyer, « sans cesse étincelant, est le grand et unique distributeur des beautés « éternelles.

« Ce qui s’épand d'elle directement n'a pas de fin, car son empreinte « est immuable ‘à;

« ce qui descend d'elle directement est libre et indépendant de « toute cause seconde.

« La sainte ardeur de la divine bonté qui rayonne sur toutes choses, « s’avive en raison de la ressemblance, car plus un être est fait à son « image, plus il lui plaît.

« Tous ces privilèges profitent à la nature humaine; mais que l'un « d’eux lui manque, voilà sa noblesse déchue en proportion.

« Son seul asservissement, sa seule dissemblance avec le souverain « bien, c'est le péché ; car sa propre lumière n'a que peu d'éclat !*.

« Aussi pour recouvrer sa dignité première, faut-il absolument que « de justes peines comblent le vide creusé par de coupables plaisirs.

« Lorsque l’humanité entière pécha en sa semence ‘, elle perdit ses « dignités et fut bannie du Paradis.

« Réfléchis, et tu verras que pour les reconquérir, il ne lui restait de « choix qu'entre les deux gués suivants ‘ :

« Remise gracieuse de la faute par Dieu ; ou satisfaction fournie « par l’homme pour racheter sa folie.

« Prête moi toute ton attention pour pénétrer avec moi la profon- « deur des conseils éternels.

« Quelle soumission ultérieure, si humble fût-elle, aurait jamais. « suffi comme satisfaction fournie par l'homme, limité dans son étre ?

« Pouvait-il s'abaisser proportionnellement autant qu'il avait tenté « de s'élever par sa désobéissance ‘’ ? Tu vois donc bien l'impossibi- « lité où s'était mis l’homme de fournir une réparation suffisante.

curer la vision de l'Amour divin; elle ne peut donc comprendre le sacrifice de Dieu donnant la vie de son Fils pour racheter le péché humain : Sic dilexit mundum ul filium suum unigenilum daret !

13. Tout ce que Dieu fait est immuable, dit l'Ecclésiaste (III, 44). Cette théorie est développée plus loin, 124 et suiv. (Voy. En/., LI, 7-9.)

14. L'homme est doué d'une certaine lumière qui lui est propre, mais très faible, et qui ne peut s'augmenter que par la communication de la lumière divine, obtenue par la vertu et l'amour ; si, au contraire, le péché le sépare, l'éloigne de Dieu, qui seul peut le rendre libre et heureux, il tombe en servitude, et n'a plus pour s'éclairer que cette propre lumière humaine, insuffisante pour le guider dans les téncbres que le mal étend sur lui. Créé libre et ressemblant à Dieu, l'homme par le péché s'est rendu esclave et dissemblant. Omnis qui fecit peccalum servus esl peccalti, (Saint-Jean VIII, 34.) Le péché, première cause de servilude, conduit pour ainsi direau neéunt, au non-étre. (Saint Aug., Cit. de D. XVIIL.)

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