‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 243 sur 314 · Double comparaison d'une parfaite exactitude (B · texte numérisé non relu

Double comparaison d'une parfaite exactitude (B

8. La: ronde des bienheureux est plus ou moins rapide suivant qu'ils voient Dieu plus ou mains profondément (Cf. XXIV, 16-18.)

9. Le mouvement de ronde, signe de la joie céleste, reçoit son impulsion initiale des hauts Séraphins, c'est-à-dire des Anges les plus élevés hiérarchiquement et les plus rapprochés de Dieu, habitants du Premier Mobile. (Voy. XXVIII, 93-99.)

10. Le Ciel de Vénus — où est Dante en ce moment — est habité par les Princes. (Voy. la hiérarchie angélique, dans le Préambule du Paradis, page 434).C'est aux Princes qu'est adressée la première Canzone du Convito, dont le premier vers est cité ici, et dont voici la traduction : « Esprits intelligents qui mouvez le troisième Ciel... » Cette hicrarchie angélique est détaillée dans le chant XXVIII du Paradis.

LE Paranis VIII 475

« ainsi que sur cette corne de l’Ausonie où s'élèvent Bari, Gaëte, « Crotone, et où le Tronto et le Verde se jettent dans la mer ‘.

« Sur mon front a brillé la couronne de cette terre baignée par le « Danube au sortir des rives tudesques ‘2.

« La belle Trinacrie, obscurcie entre Pachino et Peloro, non par

Typhée, mais par les vapeurs sulfureuses qui s'élèvent au-dessus « du golfe où domine l’Eurus ‘3,

« aurait eu pour rois des princes descendant par moi de la race de « Charles et de Rodolphe,

« si un de ces pouvoirs tyranniques, qui excitent toujours à la « rébellion, n'avait poussé Palerme à crier : à mort ! à mort ‘{!

« Mon frère aurait dù prévoir les funestes effets de la pauvreté « rapace des Catalans et ne pas les mettre en situation de lui nuire;

« car ilétait certes superflu que sa barque, déjà si lourde par son « propre fait, füt encore par le fait d’autrui surchargée de nouveaux « poids.

« La généreuse libéralité, dont mon frère dégénéré aurait dû hé- « riter de notre père, s'était transformée chez lui en une parcimonie « déjà trop marquée *. Aussi lui aurait-il fallu des ministres ayant un < autre but que celui de remplir leurs coffres ‘6. » L'esprit ayant cessé de parler, je repris ainsi : « Mon seigneur, ce que tu me dis me cause une joie d'autant plus chère qu'elle procède de Celui où tout Bien, et commence et s'achève 7, «et que tu me la transmets telle que tu l’éprouves dans la contem- « plation de Dieu.

11. Les pays ainsi désignés sont : 1° la partie de lu Provence, appartenant au royaume de Naples. et comprenant Avignon, Arles, Marseille, Aix, etc. ; 2° le royaume de Naples proprement dit (c;.

42. L'ombre qui parle est celle de Charles Martel, fils d'une sœur de Ladislas [V, roi de Hongrie (1272-1290), compétiteur d'André IIL, roi effectif de Hongrie (1290-1301. — La Hongrie est en effet arrosée par le Danube au sortir des rives tudesques de l'Autriche (bo).

13. La belle Trinacrie, ancien nom de la Sicile, à cause de sa forme triangulaire. — Pachino et Peloro, aujourd'hui caps Passaro et Pelaro, ou: di Faro (Voy. Purg., XIV, 30), forment deux de ses angles. au Sud et au Nord de l'Etna, et du golfe de Catane, exposé au vent d'Est, l'Eurus des anciens, et voilé par les vapeurs sulfureuses de l'Etna, vapeurs dues, d'après la Fable, au souffle du géant Typhée (voy. Enf. XXXI, 124), foudroyé par Jupiter et enseveli sousl'Etna, (Enéid., III ; Ovide, Mélam., V.)

14. Charles Martel dit ici que son fils, Charles Robert, et son gendre, Rodolphe, descendant, par lui, de Charles 1°" et de Rodolphe, empereur d'Autriche, auraient régné légitimement sur la Sicile sans l'oppression tyrannique de Charles 1 d'Anjou, qui provoqua le massacre des Vêpres Siciliennes, à Palerme, et fit passer la Sicile aux Aragonais avec Pierre d'Anjou (1282).

15. Le frère de Charles Martel, Robert, qui monta sur le trône de Naples en 1309, avait ramené de Catalogne, où il avait été otage de son père Charles 1, toute une bande de petits gentilshommes besogneux et rapaces auxquels il confia, lorsqu'il fut roi, les principaux emplois dont ils ne se servirent que pour pressurer le peuple. C'est à cet état de choses que Charles Martel fait allusion sous forme de prédiction, puisqu'il est censé ici parler en 1300, époque où Dante place son voyage allégorique. Il ajoute que Robert, déjà trop enclin aux vices de rapacilé et d'avarice, dont sa barque élait déjà si lourde, n'avait pas besoin de la surcharger encore de nouveaux poids semblables, apportés par aulrui.

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