Saint Thomas reprend la parole
3. Saint Thomas explique deux passages de son précédent discours (Voy. Ch. pr: 94-96 ; et 109-114).
Le Paranis XI 493
prié à ton entendement. Distinguons d'abord ces deux propositions *. « Toute créature qui tente d'approfondir par quels secrets desseins la Providence gouverne le monde”, est destinée à succomber avant de les pénétrer. « Mais, pour qu'un lien plus étroit et plus fort unît l'Épouse à Celui qui poussa de grands cris en versant son sang bénit$; « et pour que cette Epouse suivit fermement, fidèlement et sûrement son Bienaimé, la Providence lui a constitué deux guides différents et spéciaux :
« l'un brüla d'une ardeur toute séraphique ; l'autre illumina la Terre par une sagesse où resplendit la lumière des Chérubins’. « Je ne te parlerai que de l'un des deux, car l'éloge de l’un est aussi l'éloge de l’autre, leur œuvre n'ayant eu qu'un seul et même but. « Entre le Tupino et la rivière qui descend du coteau choisi par le bienheureux Ubald ? ; sur le flanc fertile de la haute montagne « qui, par la Porte du Soleil, envoie à Pérouse le froid ou la chaleur “, et derrière laquelle Nocera et Gualdo gémissent sous un joug pesant‘; « là où la pente est plus douce ‘, naquit un Soleil aussi brillant « que celui qui sort parfois des flots du Gange. « Pour donner à une ville ainsi illustrée un nom digne de sa gloire, ne l'appelez plus Assise — quelle assise suffirait pour un « tel Temple 3! — mais Orient!
« A peine à son aurore, il répandait déjà sur la Terre les bienfaits « de sa grande vertu ; tout jeune ef coram paire il luttait déjà pour l'amour d'une certaine dame qu'on n'accueille guère plus volontiers en général que la mort elle-même ‘* ;
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4. La première de ces deux propositions (Chemin où l'on se forlifie) est développée dans ce chant-ci et dans le chant XII tout entier ; la seconde — relative à Salomon — le sera dans le chant X1II, 34 ad finem.
5. « Providentia gubernat mundum. » (Saint Thom., Somme.) Cf. Par., X1X, 58-63.
6. Clamans voce magna. (Saint Matth. XXVII, 50); acquisivit Ecclesiam sanguine suo (Act., XX, 28). |
7. L'un, c'est Saint François d'Assise ; l'autre, Saint Dominique (8).
8. L'éloge de Saint Dominique sera fait par Saint Bonaventure, Ch. suiv.
9. Le Tupino, petite rivière près d'Assise ; l'autre rivière est le Chiassi (Voy. Purg., XX VIII, 20-21) qui descend des coteaux d'Agobbio où Saint Hubald avait son ermitage avant de devenir évêque d'Agobbio (Voy. Purg. X£, 79-83).
40. La haute montagne désigne les Apennins qui envoient en effet jusqu'à Pérouse (12 milles de distance) le froid de leurs neiges en hiver, et, en été, leur réverbération solaire, par la Porta Sole, porte située sur la route qui conduit à Assise.
11. Nocera et Gualdo, domaines des Etats Ecclésiastiques, alors opprimés par le gouvernement avare et rapace du roi Robert.
42. Là où la pente est plus douce. La petite ville dont la situation est ainsi désignée — laborieusement — est Assise, où naquit Saint François, soleil aussi brillant que Île Soleil d'Orient. ce qui fait dire à Dante qu'Assise devrait être appelée Orient puisque cette ville eut la gloire de voir le lever d'un soleil comme Saint François (c).
13. Ce calembour sur Assise s'excuse et s'autorise du fameux : Tu es l’etrus, dont Pie IX disait un jour plaisamment que ce n'était pas ce que N. S. avait dit de mieux ! (Voy. note complémentaire c el page 319, nole c.)
44. Cette certaine dame pour laquelle il luttait déjà, c'est la Pauvreté. On rapporte que Saint François fut battu et enfermé par son père pour avoir jeté de l'argent, considéré par lui comme nuisible au salut. Et coram palre, voy. XXV, 26.
491 La Divine CoMéoiE
« mais que lui, devant la cour spirituelle ef coram patre !, il épousa « etaima de plus en plus chaque jour.
« Quant à elle, veuve depuis plus de onze cents ans de son pre- « mier Epoux, et depuis, restée isolée,
« en vain la voix qui faisait trembler la Terre la trouva paisible au « foyer d'Amyclas;
« en vain sa constance et son enthousiaste courage la firent mon- « ter en croix avec le Christ tandis que Marie pleurait à ses pieds...
« mais cessons un langage trop obscur : par ces deux fidèles amants, « sache que j'entends François et la Pauvreté.
« Leur bon accord, leur radieuse gaîté, leur ardent amour, la mer- « veilleuse douceur de leurs regards inspiraient de si pieuses pen- « sées
« que le vénérable Bernard, le premier qui suivit son exemple, se « déchaussa et ne put, à son gré, courir assez vite vers une si grande « paix ‘?.
« O richesse inconnue, à bien véritable! Gilles suit l'exemple de « Bernard et Sylvestre l'imite : l'épouse a pour eux tant de charmes, « qu'ils obéissent à l'époux.
« Alors ce père, ce maitre, quitte Assise avec son épouse et sa « famille, déjà liée par l'humble cordon ‘8.
« Fils de Pierre Bernadone, son origine roturière ne l'humilie nine « l'embarrasse ;
« au contraire, devant Innocent, il expose noblement son difficile « projet et obtient le premier sceau de son ordre.
« Ses disciples s'en augmentent, ct sa vie admirable serait mieux « célébrée dans la gloire du Ciel. |
« Honorius, inspiré par l'Esprit éternel, confirme la sainte vo- « lonté de cet archimandrite en lui remetlant une seconde cou- « ronne “.
« La soif du martyr le conduisit devant le fier Soudan pour y pré- « cher la Foi?,
« mais, rencontrant chez ces peuples incultes une insurmontable « résistance, et n'y voulant pas rester sans fruit, il revint cueillir ceux « de la terre italienne.
« Puis, sur un humble roc, situé entre le Tibre et l’Arno, il reçut du