Cf. XVI, 99 et
&. La lumière dont brillent ces âmes résulle de leur amour envers Dieu; cet amour résulte à son tour de la vision divine proportionnée au mérite qu'elles acquirent sur Terre, en y ajoutant la grüce béatificatrice de Dieu.
5. Cette théorie forme la suite de celle qu'expose Béatrice à la fin du chant VII, 121 ad fin.
6. Ces deux chœurs sont les deux rondes de bienheureux qui entourent Dante et Béatrice.
7. Sinon pour eux-mèmes. En effet, ce n'est que par un sentiment de charité envers
512 La Divine CoMÉoie
Cependant, autour de nous voilà qu'une lumière surgit, s'élève, grandit, et nous enveloppe d’une clarté nouvelle, comme lorsque l'Aurore blanchit d'abord l'horizon pour éclairer ensuite le ciel tout entier ; :
ou bien, lorsque le crépuscule illumine le firmament du douteux rayon des premitres étoiles !
Et il me sembla qu'en dehors et au-dessus des deux premières rondes, de nouvelles âmes circulèrent.
O vrai rayonnement de l'Esprit Saint, de quel éclat soudain as-tu frappé ma vuc ?
Cependant, vaincus d'abord par l'excès de la lumière, mes yeux puisèrent bientôt de nouvelles forces dans le regard souriant de Béatrice devenue encore plus belle ;
si incxprimablement belle, qu'il me faut en abandonner la description parmi les spectacles qui dépassent les forces humaines ? !
Lorsque je relevai les yeux, Je m’aperçus que je venais d'être transporté seul avec elle, dans un salut plus élevé °.
Comme la flamboyante étoile où je me trouvais brillait d'un intense éclat, plus rouge que celui des autres, je compris que j'étais monté d’un degré "{.
Alors, de tout mon cœur, et dans le langage commun à tous les mortels ‘?, j'adressai à Dieu un ardent acte de grâce pour la nouvelle faveur qui m'était accordée.
Je ne l'avais pas achevé, que déjà Je sentais qu'il était favorablement accucilli.
De si nombreuses lumières, d’un rouge étincelant, brillaient dans l'espace laissé vide par deux grands rayons, que je m'écriai : O Elios, quel éclat tu leur donnes
De même que, par un problème qui déconcerta plus d'un savant, Galassie trace d’un pôle à l’autre sa route lumineuse, sans confondre sa blancheur avec les étoiles petites ou grandes ‘{ ;
ceux qu'ils ont aimés sur Terre, et non pour elles-mêmes, puisqu'elles jouissent de l'éternelle béatitude, que les âmes du Paradis désirent la Résurrection. (Voy. Purg., I, 88-90.)
8. En dehors et au-dessus des deux premières rondes, c'est-à-dire des deux rondes de vingt-quatre bienheureux. Ces nouvelles âmes sont celles de la nouvelle sphère où Dante est transporté (Ciel de Mars).
9. Dans ce passage, comme dans beaucoup d'autres, Dante signale l'impossibilité où il se trouve de peindre ce qu'il voit, lantôt parce qu'il se déclare impuissant à décrire de si sublimes spectacles, tantôt parce que l'esprit humain ne pourrait le comprendre, tantôt par discrétion, tantôt par respect. (Cf. F, 5-9; X, 43 et 73-75, et. plus loin, XIV et XVIII.)
40. Dante vient d'être transporté avec Béatrice dans le cinquième Ciel, Mars.
41. On sait que la planète Mars est plus rouge que les autres; Dante l'a déjà fait observer (Purg., LE, 14). C'est sans doute cette particularité qui lui a fait attribuer te nom du dieu de la guerre et ses belliqueuses et sanglantes influences, reconnues jusqu'au moyen âge. C'est aussi pourquoi Dante y place l'âme des héros qui combattirent pour la Foi. 11 y restera jusqu'au chant XVIII. Au sujet de Mars, Cf. Convito, H, 14.
12. Le langage commun à tous les mortels, c'est-à-dire celui que parle le cœur.
43. Elios, l'un des noms donnés à Dieu dans l'Écriture. En grec, ce mot signifie Soleil: en héhreu (Élion) Très-Haut. (Cf. Enf., XVIII, note pb.)
15. Galassie,en latin Galuxias, du grec yaha, la voie lactée (4).
Le ParaDis XIV 513
de même, ces deux immenses rayons constellés se détachaient en blanc sur la profondeur de Mars; mais ils s’entrecroisaient divisant diamétralement sa rotondité en quadrants pour former le signe vénérable *.
‘Ici, je sens bien que ma mémoire est fidèle, mais c’est mon imagination qui succombe, impuissante à trouver une image digne de rendre l'éclat dont cette croix brillait par le CHRIST ‘6.
Mais ceux qui prendront la croix pour signe et suivront le CHrisr ‘? comprendront et excuseront ici encore une fois ma faiblesse, quand ils contempleront sur cet arbre la splendeur du CHrist.
D'un bras à l’autre et de la cime à la base, des lumières circulaient, et leur scintillement redoublait quand elles se rencontraient au croisement.
Ainsi parfois dans une pièce soigneusement abritée du soleil, on voit cependant pénétrer un rayon lumineux,
où d'innombrables atomes, droits ou tors, lents ou rapides, longs ou courts, se meuvent sans repos, incessamment modifiés.
Et, de ces lumières parcourant la croix, s'élevait une mélodie vague, ravissante, dont je ne pus saisir le motif,
mais qui rappelait ces tintements doux et indistincts que produisent une harpe et une viole, dont toutes les cordes sonnent juste ‘8.
Je compris cependant qu'elles chantaient un hymne de louange, car si je n’en pus entendre toutes les paroles, celles-ci du moins frappèrent mon oreille : {u ressucites et lu triompkhes !
Si grand fut mon enthousiasme pour cette musique délicieuse, que rien, jusqu'alors, ne l'avait aussi fortement excité.
Peut-être paraîtrai-je téméraire en reléguant ainsi par le fait au second rang le plaisir causé par les yeux de Béatrice,
mais voici l'excuse que j'alléguerai: ces yeux incomparables, ces signes vivants de toute beauté, de plus en plus féconds à mesure qu'ils atteignent une plus grande altitude, je n'avais pas encore reporté mes regards vers leur rayonnement.
Aussi me pardonnera-t-on peut-être une audace dont je m'excuse, et reconnaîitra-t-on ma véracité, si l’on se souvient qu'ici la sainte jouissance n'est pas encore parvenue à son complet épanouissement,
car plus on s'élève, et plus elle se purifie ? ! |
15. Le signe vénérable, la Croix Sainte. Dante voit une immense croix, formée par deux rayons ressemblant à la voie lactée, tracée sur la convexité de la planète, et la divisant à peu près en quatre quadrants. (Cf. Purg. 1V, 42.) Je dis à peu près, car ces quadrants étaient nécessairement inégaux deux par deux, puisque, des deux rayons qui formaient la croix, seul celui de l'arbre était un diamètre, tandis que celui des bras ne pouvait être qu'une sécante, plus petite que le diamètre (8).
45. Voy. ci-dessus, 73-75. À propos du mot CurisrT, voy. XII, 71, 73, 75.