Le Soleil, fils du Titan Hypérion, 4° Ciel
21. Maïa, mère de Mercure. el Dionte, mère de Vénus, prises ici pour ces deux planètes (formant les 2® et 3° Ciels) (F).
22. Jupiter, 6° Ciel, placé entre son père Saturne, 7° Ciel, et son fils Mars, 5° Ciel, tempère la chaleur de celui-ci par la froideur de celui-là, diversité de climat due à leur inégale distance du Soleil, (Voy. XVIII, 6470, nole L.)
93. Non pas tout l'ensemble de la Terre, mais seulement notre hémisphère (6).
LE Paranis XXII 557
la Divine Comédie — en 629. Il est devenu le centre de l'ordre des Bénédictms Le Mont Cassin est situé dans la Terre de Labour (ancien royaume de Naples), à environ 80 kilomètres N.-0. de Naples. A l'endroit où vint s'installer Saint Benoit s'élevait autrefois un temple dédié à Apollon ct à Diane, détruit et remplacé aujourd'hui par une église dédiée à Saint Jean- Baptiste et à Saint Martin, et par le célèbre monastère.
(8) 1° Saint Macaire-le-Jeune, né à Alexandrie (301-391), supérieur de plus de 6000 moines au couvent de Scete, et auteur d'un Traité de la Règle ; 2° Saint Macaire-le-Grand, né également à Alexandrie, disciple de Saint Antoine, mort en 401. Il est plus probable que c'est le premier — Saint Macaire-le-Jeune — que Dante a voulu désigner.
(c) Béatrice a déjà donné à Dante cette subtile explication dans Île chant IV (23-45). Hâtons-nous d'en reconnaitre d'ailleurs la parfaite orthodoxie car, d'après le dogme, non seulement le Purgatoire cessera forcément d'exister lorsqu'aura eu lieu le Jugement Dernier, mais aussi disparaîtront les neuf premiers Ciels du Paradis, car ces Ciels ne sont pour les âmes qu'un rang assigné, en vue des âmes encore vivantes, aux diverses classes de bienheureux, lesquels sont tous, d'ores et déjà, en réalité et pour l’éternilé dans l'Empyrée où règnent exclusivement la perfection dans l'objel, qui est Dieu; la malurilé dans le temps, qui est accompli; l'infégralilé dans la saltisfaction, qui est absolue; l'immulabililé dans l'espace, qui est fixe. L'Empyrée n'a point de lieu, c'est-à-dire point de mouvement, puisque le mouvement se définit par changement de lieu (loci mutatio); point de pôles, comme les sphères qui tournent autour. Dans le Convilo, Dante dit : « L'ullimo ciclo non e luogo, ma formato fu solo nella prima mente, la quale i Greci dicono Protonæ. » (II, 14.)
(p) Facultates ecclesiarum patrimonia sunt pauperum ; et sacrilegamente eis surripitur quicquid sibi ministri et dispensatores ultra victum et vestitum suscipiunt. (Saint Bernard, Cf. XII, 114.)
(E) L'apôtre Saint Pierre : Argentum et ‘aurum non est mihi. (Act. des Ap., 11, 6); Saint Benoit (qui parle) ; voy. chant précédent 112-117 ; Saint Francois d'Assise, surnommé « le Pauvre de Dieu ». (Voy. XI, 43 et suiv.)
(Fr) Maïa, l’une des filles d’Atlas, devenue l'une des Pléiades, eut, de Jupiter, Mercure pour fils. — Dionée, fille de l'Océan et de Thétis, eut, de Jupiter, Vénus pour fille. (Cf. VIIT, 7.)
(G) Dante, emporté par le mouvement spiral ascendant, contemple tontes les parties de notre hémisphère terrestre comme en un point infime, mais, malgré l'exiguité de celte apparence terrestre, il en distingue tous les détails, grâce à sa vue rendue plus forte et plus percante par son ascension paradisiaque. En ce moment, il se trouve dans le signe des Gémeaux, à 46 degrés du méridien de Jérusalem, placé, d'après sa fiction, au-dessus de notre hémisphère. Or, comme le Soleil était dans le Bélier, il devait ètre environ une heure de l'après-midi en Europe (samedi 2 avril 1300). (Voir le prochain regard sur la Terre, XXVII, 70-81, ct le Préambule de la Divine Comédie.)
CHANT XXIII
Huitième Ciel, les Étoiles Fixes, 11.
AnGuMENT. — Le Cortège céleste. — Éblouissement de Dante au rayonnement du Christ, qui remonte au neuvième Ciel. — Dante recouvre la vue, mais reste impuissant à décrire un tel spectacle. — L’Archange Gabriel. — La Vierge.
Tel qu'un oiseau, devançant l’Aurore, monte sur la plus haute branche, et, de son œil ardemment fixé, darde l'aube naissante, pour guetter le lever du Soleil,
tant il est impatient de revoir, blotti sous l’abri tutélaire de la fraiche verdure et caché dans la nuit,
le nid douillet où dorment ses chers oiselets, cause aimée de tant de soins, d'efforts et de vigilance ;
ainsi Béatrice, debout et attentive, contemplait la partie du ciel où le Soleil semble moins rapide *.
Et moi, la voyant épier ainsi un point dans l'immensité, j'hésitais entre l'espoir et l’anxiété.
Mais mon attente fut courte, car le ciel ne tarda pas à s'éclaircir de plus en plus.
« Voici — dit Béatrice — l’armée du Christ triomphant; voici tout « le fruit de la révolution des Sphères éternelles 3. »
Comment dépeindre l'ardente flamme qui éclairait son visage ? la Joie intense dont ses yeux s’illuminaient ?
1. Inter se foliis strepitant ; juvat imbribus actis, Progeniem parvamm dulcesque revisere nidos.
Virg., Georg. I, 413-414.
2. Cette partie du ciel c'est le zénith, parce que l'ombre du Soleil, étant plus eourte quand cet astre est au zénith, elle grandit ou diminue moins vite que vers f Aurore ou le Crépuscule, ce qui donne au Soleil l'apparence d'une marche moins rapide — le tout, bien entendu, en se mellant, comme toujours, au point de vue de Ptolémée, (Cf. Purg. XXXIIT, 103-104.)
3. Par le fruit de la révolution des sphères éternelles, il faut entendre l'influence des sphères sur l'humanité et sur les élus qui s'y trouvent représentés. Cette armée — comme on le verra plus loin — esl composée de la Sainte Vierge et des Saints. (Cf. IX, 120.)
Le Paranis XXIII 559
Comme à la clarté de sereines pleines lunes on:voit briller Trivia au milieu des nymphes éternelles qui constellent toutes les latitudes #;
ainsi Je vis paraitre un Soleil enflammant d'innombrables flambeaux, comme notre Soleil fournit ses feux aux astres qui luisent sur nos têtes.
Au sein de tant de splendeur parut la Substance lumineuse... mais mon regard n’en put supporter l'éclat !
O Béatrice, cher et tendre guide! « La Vertu qui t’éblouit — me « dit-elle — triomphe de toutes les vertus.
« C'est la Sagesse, c'est la Puissance, qui, de la Terre au Ciel, ouvre « le chemin, si longtemps désiré ! »
Tel que la flamme éclate, rompt la nue qui l’enserre, tombe, à l'encontre de sa nature ‘, et se précipite sur la Terre;
ainsi mon esprit, grandi par cette fortifiante nourriture, s'élança comme hors de moi-même... ce qu'il devint, plus ne le sais!
« Ouvre les yeux — reprit-elle — et reconnais moi ! Dans les spec- « tacles contemplés, tu as puisé assez de force pour supporter désor- « mais mon sourire ! »
Ces mots me rappelèrent une vision oubliée, dont ma pensée conserve les traces... pourtant ce fut en vain que je m'efforçai de la préciser.…
mais une telle invitation mérite tant de grâces qu’elle, au moins, ne s’effacera jamais du livre de mon souvenir $!
O Polymnie, si, pour m'aider dans une pareille entreprise, vous me prodiguiez à moi seul, toi et tes sœurs, tout ce lait le plus doux qui fut la source de toutes les beautés de tous les poèmes ?,
oui, je tenterais peut-être de chanter ce divin sourire, ce visage rayonnant de piété... mais je ne parviendrais qu’à mille lieues au-dessous de la vérité #,
4. Trivia, c'est-à-dire lo Lune. Ce surnom est donné à Hécate, divinité des enchantements, parce qu'elle apparaissait dans les carrefours (triviæ). Hécate résume en sa personnalité la Lune (Phœbé), Diane et Proserpine :
Tergeminamque Hecaten, tria virginis ora Dianæ. Enéide., IV, 511.
Jam subeunt Triviæ lucos atque aurea tecta 1bid., VI, 13.
Les Nymphes éternelles, c'est-à-dire les étoiles. (Voy. Purg., XXXI, 106.)