La Rose mystique, la Vierge
11. Les Lys, c'est-à-dire les Apôtres. en odeur de sainteté, qui guidèrent l'humanité vers le Christ :Florete, flores, quasi lilium, et date odorem. (Ecclés.)
12. Ce foyer lumineux caché, qui s'élève hors des regards de Dante, c'est le Christ qui voile l'éclat de sa lumière, car elle eûl aveuglé le poète el l'eût empèché de contempler les bienheureux du huitième Ciel, lesquels ne brillent que du reflet de la divine clarté Le Christ remonte au neuvième Ciel.
13. L'ASILE de nos vœux, c'est le sein de la Vierge où s'est incarné l'omserT de nos vœux c'est-à-dire lc Christ, desideralum yentium.
LE Paranis XXIII 56!
« Ciel — pendant que tu suivras l’ascension de ton fils vers la sphère « suprême, dont ton retour augmentera l'éclat. »
C'est en ces termes que cet anneau céleste soudait le cercle de sa mélodie. et toutes les autres lumières répétaient le nom de MARIE ‘{.
Le royal manteau, enveloppe de toutes les sphères, le plus exalté dans sa vie, dans sa ferveur, dans ses perfections, par la proximité du souffle de Dieu,
avait son bord intérieur encore si distant au-dessus de nous que je ne pouvais l'apercevoir ‘.
Aussi me fut-il impossible de suivre la flamme couronnée montant vers sa divine semence. |
Et comme l'enfantelet que vient d’allaiter sa maman, lui témoigne son amour expansif en lui tendant les bras;
ainsi toutes ces flammes manifestèrent à mes yeux leur adoration pour Marie en élançant au plus haut leur cime vers Elle ‘6.
Puis, sans quitter la portée de ma vue, elles chantèrent Regina cæli avec de si doux accents, et si délicieux, que jamais je n’en oublierai le charme. |
Oh! quelle abondante moisson vient combler les riches arches qui semèrent ici-bas la bonne graine dans un bon terrain ‘7!
C'est ici que l’on vit et que l’on jouit du trésor acquis dans l'exil de Babylone par les larmes et le mépris de l'or *.
C'est ici qu'avec l’assemblée des anciens et des nouveaux !? sous le haut fils de Dieu et de Marie, et par sa victoire,
triomphe celui qui tient les clés des célestes gloires ?.
14. Cette flamme, qui descend de l'Empyrée pour couronner la Vicrge et chanter sa gloire, cet anneau célesle, c'est l'archange Gabriel. Quelle élégante el superbe paraphrase, pitloresque et poélique, de la Salutation Angélique!
15. Ce royal manteau, c'est le neuvième Ciel, ou Premier Mobile, qui contient et meut tous les autres Cieux. Son borl intérieur (rive intérieure, dit Dante), c'est sa concavité.
46. Ces âmes étaient — comme on l'a vu — en forme de sphère. Elles s'élancent en s’allongeant en pointe portant leur cime vers l'ascension de la Vierge. On les verra, au chant suivant, reprendre leur forme sphérique (10-11).
17. Les riches arches, c'est-à-dire les vertueux qui, sur terre, ont semé le bon grain dont ils récoltent la moisson au ciel.
18. L'exil de Babylone, la vie terrestre, où les souffrances et le renoncement rapportent les trésors du Paradis : « Vous vous amasserez un trésor dans le Ciel», dit Saint Matthieu (VI, 20).
19. L'assemblée des anciens et des nouveaux, les bienheureux de l'Ancien et du Nouveau Testament.
20. Saint Pierre, qui tient les clés des gloires paradisiaques, triomphe, avec toutes les âmes verlueuses, par suile de la victoire du Christ sur le monde.
CHANT XXIV
Huitième Ciel : les Étoiles fixes, 111.
sie
ARGUMENT. — Saint Pierre examine Dante sur la Foi. — Définition. — Arguments. — Credo.
« O convives élus à la grande cène de l'Agneau béni, dont la nour- « riture comble tous vos désirs,
« la grâce de Dieu a permis à ce mortel de goûter, avant le temps « prescrit, aux miettes de votre feslin.
« Considérez la grandeur de son vœu et désaltérez un peu sa soif à « la source divine où vous vous abreuvez sans cesse. »
Ainsi parla Béatrice. Alors ces âmes joyeuses, reprenant la forme sphérique * sur des pôles fixes, brillèrent comme des comètes;
et de même que parmi les roues concentriques d'une horloge, la plus petite semble immobile comparée à la plus grande;
de même par le degré de vélocité de leurs rondes, ces pieuses caroles m'indiquaient leur plus ou moins riche béatitude *.
De la plus belle je vis se détacher un feu si rayonnant qu'aucun de ceux qu'il quitlait ne surpassait son éclat.
Il tourna trois fois autour de Béatrice avec un chant trop divin pour que mon imagination puisse me le rappeler.
O ma plume, ne cherche donc pas à le décrire, car lorsque l’imagination reste impuissante, la parole l'est, à plus forte raison, et ressemble à une couleur trop crue qui peint mal le pli d'une étoffe 5.
Alors, dirigeant son souffle vers ma Dame, cette flamme bénie ainsi lui parla :
« O ma sainte et chère sœur, ta pieuse et instante prière, dictée « par l'ardeur de ton affection, m'a fait quitter cette belle sphère. »