‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 298 sur 314 · Dans le Convito, Dante déclare que l'ordre philoso · texte numérisé non relu

Dans le Convito, Dante déclare que l'ordre philoso

phique du système céleste exige un Premier Mobile constitué avec u

ne exlrème simplicité, une parfaite uniformilé.

b80 La Divine CoMévie

« d’un centre immobile, trouve ici, et son point initialet son terme « et, de plus, ce Ciel n’a d'autre lieu que l'Esprit Divin, où s’enflamment l'Amour qui le meut et les influences qu'il distribue *.

« La lumière et l'amour l'entourent d'un cercle ?', de mème qu'il « embrasse lui-mème les cercles qui lui sont intérieurs; mais cette unique ceinture qui l'enveloppe n’est connue que par celui qui la « ceint.

« Son mouvement n'est réglé par aucun autre, tandis que tous les « autres se règlent sur luicomme cinq et deux sont mutuels diviseurs de dix 22.

« Comprends désormais comment le temps à ses racines dans ce vase et ses feuilles dans les autres #3,

« O océan de cupidité, tu engloutis si profondément les mortels « que nul ne peut lever les yeux au-dessus de tes ondes!

« Le bon vouloir fleurit bien parmi les hommes, mais le fruit est « gâté par une pluie continuelle.

« On trouve encore la Foi et l'Espérance chez les enfants, mais « avant qu'un premier duvet pousse sur leur menton, toutes deux ont «déjà fui!

« Tant qu'on ne peut que balbutier, on pratique le jeûne, mais dès qu'on sait parler aisément, il n’est plus de jours dans aucune lune, qu'on ne dévore toute sorte de nourriture.

« On commence par aimer sa mère et lui obéir, mais bientôt on la « souhaite au tombeau!

« Ainsi, le fils de celui qui apporte le jour et vous laisse la nuit, de « blanc et beau qu'il était, devient bientôt laid et noir ?{.

« Ne t'étonne donc pas de voir la famille humaine en mauvaise voie « puisque personne, sur Terre, ne la dirige.

« Mais avant que Janvier, abandonnant l'hiver, soit tout entier « transporté au printemps, — par suite du centième que chez vous on « néglige de compter — ces cercles supérieurs auront tellement « grondé,

« que la Fortune, si longtemps attendue, tournant enfin les poupes « où sont maintenant les proues, remettra la flotte en bonne direc- « tion:

« alors après la fleur viendra le fruit véritable *. »

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RAR ff

20. La description du système céleste de Ptolémée, qui commence ici est trop claire pour avoir besoin d'une explication. 11 suffit de rappeler : que le centre immobile c'est la Terre; que les huit sphères parcourues sont concentriques avec la Terre et mues par le Premier Mobile — neuvième Ciel, où pénètre Dante en ce moment, et qui les entoure toutes.

91. Voici maintenant la description du dixième Ciel ou Empyrée.

92. Aristole dit que le Premier Mobile est à la fois principe et mesure.

93, Ces racines du temps sont les origines cachées dans la divinité; les feuilles, sont les mouvements visibles des aslires qui influencent l'humanité.

24. Le jour, apporté brillant par le Soleil, obscurci par le départ de cet astre.

95. Allusion à la fraction de temps négligée chaque année, et qui. si l'on n'en tenait

compte au bout de certaines périodes, finirait par reculer toutes les saisons, au point de transférer le mois de janvier au printemps.

26. Nouvelle expression des espérances de Dantc en un régime selon ses vœux.

Le Paranis XXVII 581

(A) La profession de Charité que vient de faire Dante au début de ce chant — et qui du reste est bien vague — n'a guère émoussé sa colère, car le voici déjà qui reprend à parti son grand ennemi Boniface VIII, déjà si maltraité dans l'Enfer et jusqu'au Paradis... et ce n’est pas fini, car il ne le lâchera qu'au chant XXX, 148. Reconnaissons cependant qu'il a parlé avec indignation des mauvais traitements subis par ce Pape, de la part des envoyés de Philippe-le-Bel (Purg. XX, 87), mais, dans cette circonstance, il ne voyait plus l'homme mais l'office.

(8) Dante n'a peut-être pas tort de blâmer chez certains Papes une ingérence peut-être excessive, dans la politique qui, en pouvant provoquer une scission d'opinion parmiles Chrétiens, risque — comme l'événement l'a prouvé — de contrevenir aux intentions divines en mettant « une partie des bons Chrétiens à droite et l'autre à gauche », tandis que Dieu nous dit, par la voix de Saint Matthieu : Et il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche » (Saint Matth. XXV, 33 et suiv.), mais non pas: une partie des brebis à sa gauche avec les boucs. La même pensée a été exprimée dans le . chant XXVII de l'Enfer, 85-88.

(c) Ce n’est pas sans motif que Dante stigmatise ici Jean XXII. Ce Pape avait soutenu que les bienheureux ne pourraient jouir face à face de la contemplation de Dieu, qu'au jour du jugement dernier. Philippe de Valois, appuyé par de nombreux adversaires de cette théorie, considérée comme hérétique, menaça de faire brûler vif Jean XXII s'il ne se rétractait : ce qu'il fit.

(bp) Dans le chant XXII, Dante se trouvait dans le signe des Gémeaux du méridien de Jérusalem, placé, d'après sa fiction, au-dessus de notre hémisphère, tandis que le Soleil, étant dans l'un des premiers degrés du Bélier, se trouvait, par conséquent, environ à un signe, plus quelques degrés, du poète. Quant au premier climat, dont Dante vient de parcourir l'arc entier, c'est ainsi qu'étaient désignées les zones climatériques de la Terre. Celle que Dante embrasse ici du regard lui permet de voir, d'un côté, audelà de Cadix, c'est-à-dire l'Océan, de l'autre, la Phéhicie, ce qui forme un arc terrestre d'un peu plus de cinquante degrés, correspondant à un des sept climats, celui de la zone chaude ou Tropique du Cancer.

CHANT XXVIII

Neuvième Ciel : le Premier Mobile, 11.

ARGUMENT.— Vision du point lumineux.— Les neuf Cercles angéliques et la hiérarchie des Anges. — Les neuf Ciels des âmes heureuses. — Explications de Béatrice,

Dès que celle qui emparadise mon âme eut achevé de me décrire la vie actuelle des misérables mortels, dont elle stigmatisait lés vices,

je fis comme lorsqu'on aperçoit dans un miroir un flambeau placé à l'insu derrière soi :

on se retourne pour vérifier si l'image réfléchie s'accorde avec le flambeau, aussi bien qu’un chant doit s'adapter à son poème.

De même, ces beaux yeux dont Amour s'est servi — je ne l'ai pas oublié ! — pour me prendre en ses filets, attirèrent d'abord mes regards ;

puis je me tournai vers ce Ciel, dont j'étais avide de bien observer l'essence et la constitution.

Alors j’aperçus un Point si lumineux, si rayonnant que l'œil ébloui est forcé de se fermer *.

Et pourtant, la plus petite des étoiles, visibles de la Terre, semblerait aussi grande que la Lune, à côté de ce Point resplendissant.

Un cercle de feu l’entourait de tout près, comme cette vapeur condensée qui cerne parfois la Lune d'un halo*.

Ce cercle tournait encore plus rapidement que le plus rapide des Cieux qui enveloppent la Terre.

Il était entouré d'un deuxième cercle, celui-ci d’un troisième, puis d’un quatrième, d’un cinquième, d'un sixième.

Le septième était si vaste que l’envoyé de Junon eût été trop petit pour l’envelopper 3.

1. Ce Poïxr, c'esl la lumière divine elle-même, éblouissante mais sans dimension (4.

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