‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 6 sur 314 · FAMILLE DE DANTE · texte numérisé non relu

FAMILLE DE DANTE

Cependant les Alighieri, malgré leur noblesse, appartenaient au parti guelfe, représentant les opinions populaires et démocratiques, et formé principalement par la bourgeoisie. Ce parti avait le dessous à l'époque de la naissance de Dante. Un premier exil avait frappé son père vers 1248, et les gibelins, représentant les opinions

que de dire le Dante, attendu que l'article ne peut se placer que devant un nom de famille et jamais devant un prénom. On peut donc dire le Tasse, l'Arioste, l'Alighieri, mais non le Torqualo, le Ludovico, le Dante. Il est étrange que beaucoup de traducteurs el de commentateurs de Dante, qui, pour entreprendre une pareille tâche, devraient au moins savoir la grammaire italienne, aient commis celte faute choquante. Volpi, le premier en France (édition de Lyon, 1547), a réclamé contre cette erreur.

INTRODUCTION 1i

aristocratiques el dominatrices, ayant de nouveau triomphé dans la sanglante bataille du mont Aperlo (1260), Alighieri fut banni une seconde fois, cinq années plus tard, au moment même où Dante venait au monde. À cette époque, les partisans de l'une et de l'autre factions savaient encore ce qu'ils voulaient ; les noms de Guelfes el de Gibelins avaient une signification politique assez précise. Mais il n’en fut pas toujours de même dans ces républiques italiennes ravagées par les haines civiles les plus violentes et les plus meurtrières : aux factions guelfes et gibelines s'ajoutèrent celle des Noirs et des Blancs, puis des Secs et des Verts, et la confusion devint véritablement inextricable.

On ne savait réellement plus, par suite de nouvelles querelles, de nouvelles divisions et de subdivisions parmi les membres d'un part, d'une famille, ce que chacun voulait ou ne voulait pas. La même famille renfermait dans son sein des adversaires acharnés les uns contre les autres et qui, sous le moindre prétexte, en venaient aux mains. La politique cessa même de motiver ces fureurs, et l'on vit les membres d’une même faction s'attaquer les uns les autres : c'est ainsi que fut répandu Ice sang des Buondelmonti, à Florence, des Capuletti, à Vérone.

Chose curieuse, Cacciaguida, combattant en Palestine sous les or-dres de Conrad III et armé chevalier par lui, se trouve devoir son litre au prince qui donna naissance en Allemagne au parti Gibelin et qui en fut le premier chef; car c'est la rivalité qui s’éleva, au sujet de la couronne de Lothaire I, empereur d'Allemagne, entre Conrad III, duc de Franconie et de Souabe, et Henri le Superbe, duc de Saxe, qui divisa l'Allemagne en deux factions, celle des Guelfes et celle des Gibelins. Par conséquent, les Alighieri, qui élaient Guelfes, durent leur noblesse au chef du parti ennemi. Transportlés en Italie avec les prétentions de la maison de Souabe, ces noms de Guelfes et de Gibelins désignèrent, d'un côté, les parlisaus de l'indépendance italienne et des papes qui la défendaient,

de l’autre, ceux de la puissance allemande qui prétendait asservir l'Italie.

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