Expression empruntée à Aristote
12. Ces deux opérotions, œuvres travaux ou arts, sont celles de la Nature et de l'homme. Le verset de la Genèse, signalé ici, est le 23° du chap. III : « Dieu chassa Adam et Eve du Paradis Terrestre et les fit /ravailler la terre dont ils avaient été tirés » (c)
13. L'usurier viole à la fois les lois de la Nature et celles de l'humanité (b).
14. C'est l'aurore : le signe des Poissons paraît à l'horizon, car le Soleil étant dans le Bélier, ils se Jèvent devant lui. Le Chariot (Grande Ourse) brille au N.-O., c'est-àdire au-dessus du point d'où s'échappe le N.-O., vent que les Latins appelaient Caurus. Cette aurore est celle du samedi %6 mars 1300. Voy. Horaire de la Div. Com., page 47.
jet repris de nos jours par S. S. Léon XIII. Malheureusement Anastase I] n'ayant régné que deux ans ne put mener à bien cette entreprise.
S'il est un point qui put le rendre suspect aux ultra-catholiques ce sont les négociations, précisément dans le but pacificateur que je viens d'indiquer, qu'il engagea avec Photin lui-même, envers qui il se montra plus tolérant que ses prédécesseurs. Cependant les rapports entretenus avec le fameux diacre de Thessalonique n'ont pas empêché la béatification du pape Saint Anastase. Les querelles, qui agitèrent si violemment le monde religieux de cette époque, roulent le plus souvent sur la question du monophysisme ou du biphysisme de N. S., question tant de fois soulevée et modifiée. Photin voulait que J.-C fût né homme et ne fût devenu Dieu que grâce à ses vertus et à ses mérites, ce qui excluait la coexistence des natures humaine et divine, puisque. celle-ci, suivant cette opinion, aurait succédé à l'autre. Bref, s'il est constant que tout au moins le soupçon d'hérésie eût plané sur la mémoire du pape Ansstase II, ce soupçon ne saurait être dû qu'au fanatisme de certains moines romains, choqués de sa tolérance, qui, comme le frère Martin le Polonais, n'hésitèrent pas à le calomnier dans leurs chroniques.
(8) Voici l'argumentation d'Aristote, à laquelle Virgile renvoie Dante : l'art, travail ou industrie humaine, imite autant que possible la Nature. Or, la Nature est fille de Dieu; l'art est donc petit-fils de Dieu. Par conséquent offenser l'art, c'est offenser Dieu. Par oftenser l'art, Aristote veut dire l'exercer dans des conditions anormales et blâmables, comme, par exemple, préter à usure, Dans son dialogue il Ficino ou del’ Arte, le Tasse amène ainsi une citation de ce passage de Dante : « L'art (toujours dans le sens de travail) est d'abord dans l'intelligence divine — selon les Platoniciens — puis dans la Nature, et enfin dans l'intelligence humaine. L'art humain est distant de trois degrés de l'art divin, c'est pourquoi votre art est comme le petit-fils de Dieu. »
(c) Rappelons, à ce propos, que le travail fut imposé par Dieu à l’homme dès sa création et dès son placement dans le Paradis Terrestre, mais ce travail ne devait être consacré qu'à de nobles études intellectuelles, à des occupations élevées, agréables et nullement assujétissantes, l’homme étant alors, selon la volonté et, pour ainsi dire, la conception divine, à l'abri et exempt des nécessités basses et matérielles de l'existence, des douleurs, des fatigues, des maladies, etc. C'est ainsi qu'il est dit expressément dans la Genèse — que Virgile vient de rappeler à Dante — que Dieu plaça Adam dans le jardin d’Eden UT oPERARETUR, pour y travailler. Ce ne fut qu’à la suite de son péché qu’Adam fut condamné et astreint aux maux et aux travaux pénibles et bas qui, de libre que Dieu l'avait fait, le rendait esclave.
(op) L'usurier suit une autre voie que celle tracée à l'homme par la Nature c'est-à-dire par Dieu, puisqu'il cherche à gagner de l'argent sans travail par le prêt usuraire. I] méprise donc et viole doublement la Nature, d'abord en n'exerçant par aucun travail l'intelligence qui lui a été donnée, ensuite en ne cultivant aucunement cette intelligence pour la développer. L'argent n'engendrant pas l'argent, il n'est légalement destiné qu'à servir pour les marchés et transactions. Donc, l'usurier, en voulant que son argent produise de l'argent par lui-mème, viole l'humanité, la Nature et Dieu. Cette théorie économique, tout en visant un but moralet juste, est fausse par la base, mais elle a dominé pendant des siècles et des siècles, alors que les Juifs ravageaient le monde entier par leurs manœuvres et leur féroce rapacité, causes de tant de haines accumulées. Malheureusement, si leurs ex-
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ploits sont enrayés, localisés, il faut bien reconnaitre qu'ils n'ont pas conservé le monopole de leurs ignobles exactions et qu'ils ont fait chez nombre de chrétiens de dignes élèves. Cependant aujourd'hui le /aux légal, cause en grande partie des intérêts exhorbitants exigés pour des prêts anormaux, tend à être battu en brèche, et l'on finira bien par ne voir dans l'argent qu'une marchandise comme une autre, contrairement à l'idée si fausse exprimée ici, que l'argent ne doit être employé que pour les marchés et transactions. Shakespeare dit la même chose dans 1e Marchand de Venise : ANTONIO
… 18 your gold and silver, ewes and rams?
SHYLOCK I cannot tell : I make it breed as fast!
ANTONIO . Votre or, votre argent sont-ils béliers et brebis? SHYLOCK Je ne sais trop : je les fais reproduire aussi vite !
CHANT XII
Septième Cercle. — Les Violents, I.
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ARGUMENT. — Première enceinte : Les Violents contre le prochain. — Le Minotaure. — Les Centaures. — Nessus fait franchir aux deux poètes une fosse remplie de sang bouillant, et désigne plusieurs damnés.
Ici commence la partie basse de l'Enfer, séparée de la partie haute par la cité de Dité — formant le 6° Cercle, (3° classe intermédiaire), — où sont les Hérétiques (chants IX à XI). Dans celle partie basse sont châtiés les crimes les plus graves, répartis dans les trois derniers Cercles, le 7° où sont les Violents (chante XII à XVII); le 8", où sont les Frauduleux (chants XVIII à XXXT) et le 9°, où sont les Tratires (chants XXXII à XXXIV. Voy. chant VIII, 75, et XII, 35 et l'avertissement du chant 1x).
Le 7° Cercle, où nous enirons, qui compose la 2° région, est divisé en {rois enceintes : Violents contre le prochain (chant XII), Violents contre eux-mêmes (chant XIII) ef Violents contre Dieu (chants AIV à AVIT). Ces derniers sont subdivisés en trois groupes : Violents conire Dieu kii-méême {chant XIV), Violents contre la Nature (chants XIV à XVI) et Violenis contre l'art, ou le travail chant XVIT).
La descente qu'il nous fallait prendre était si rapide, si escarpée, et défendue par un si terrible gardien, qu'à cette vue chacun eût reculé.
Cet amoncellement d'énormes blocs de pierres me rappela cet éboulement, produit par un tremblement de terre ou un manque d'appui, qui descendit jusqu'à frapper l’Adige, en decà de Trente,
et qui, commencé au sommet de la montagne, finit dans la plaine ct forma un amas d'infranchissables rocs {.
Telle me parut la descente de ce précipice. Sur la pointe abrupte du gouffre, le monstre, opprobre des Crétois, conçu par une fausse vache, était étendu 2.
A notre vue il se mordit lui-même, comme rongé par une colère intérieure.
1. D'après Pietro di Dante, cet thboulement est probablement celui du mont Barco ou Marco, près de Rovereto, entre Trévise et Trente, au pied duquel coulait l'Adige qui, depuis lors, fut détourné de sou cours et éloigné de ce mont. On voil encore les traces de cette catastrophe.