‹ La divine comédie traduite et commentéeChapitre 73 sur 314 · Fables bien connues (E · texte numérisé non relu

Fables bien connues (E

152 La DiIviNE COMÉDIE

Puis je m'aperçus que nous descendions en tournant vers de grands supplices que je voyais approcher de divers côtés.

Tel qu'un faucon, fatigué de voler sans proie ni leurre, et entendant le fauconnier lui crier : hélas ! tu descends !

retombe, épuisé par cent cercles rapides et, triste, dépité, va se percher loin de son maître {*;

tel Géryon nous déposa au pied de la roche escarpée ; puis, déchargé de nos personnes,

il repartit comme un trait lancé par une corde.

NOTES COMPLÉMENTAIRES

(A) Arachnée était si fière de son habileté qu'ayant osé défier Minerve elle lui montra son ouvrage qui représentait les amours des dieux. La déesse irritée et jalouse la frappa de sa navette. Arachnée se pendit de désespoir et fut changée en araignée. Ne pas confondre Arachnée avec Progné, dont il est question dans le Purg., IX, 15, et XVII, 19-21.

(8) C'est le Scorpion qui piqua Orion et le tua, sur l'ordre de Diane, qu'il avait défiée à la course, ou dont il avait méprisé l'amour. Le Scorpion est devenu un signe du Zodiaque que Dante cilera à plusieurs reprises.

(c) Ici comme dans le chant XV (72) on ne peut savoir au juste si Dante a voulu dire par le mot becco, bec ou bouc. Mais dans ces deux passages, bec est plus probable. On a recherché, pour expliquer cette interprétation, les armes de la famille Buiamonti, mais les uns (Monti entre autres) y ont vu trois becs, tandis que d'autres (Pietro di Dante par exemple) affirmèrent que ce sont trois chèvres. La question, n'est-ce pas ? n'a qu'une importance bien relative! |

(bp) Le Géryon mythologique était un monstre à trois corps, fils de Chrysaor et de Callirhoë, roi de l'ile d'Erithye, puis de Gadès, qui avait de nombreux troupeaux, et fut tué par Hercule. Un temple, près de Padoue, lui était consacré. (Voy. l'Enéide.)

(E) Il sera plusieurs fois question, dans le cours dece poème, de Phaéton, fils d’Apollon, ou plutôt d'Elias (Par. XIV, 96) et de Climène (Par. XVII, 1). L'opinion que la voie lactée était une trace de la brûlure causée par la déviation du char du Soleil, mal conduit par Phaéton, était adoptée par les Pythagoriciens. Icare, fils de Dédale, voulut s'échapper du Labyrinthe à l'aide d'ailes fabriquées par son père au moyen de plumes fixées dans de la cire. Mais, malgré la recommandation de Dédale, il s'approcha trop du Soleil, la cire fondit et il tomba dans cette partie de la mer Egée appelée; depuis mer IJcarienne. (Voy. Ovid. Méf. liv, VIII; Virg. Enéide VI, 14 Enf. XXIX, 109-120 ; Par. VIII, 125-126 et XVII, 1-6.)

14. L'art de la fauconnerie, si cultivé au moyen âge, fournit à Dante de fréquentes comparaisons. Ici, le faucon n'a point fait proie, et s'est fatigué à voler. Il commence à descendre avant que le fauconnier lui en ait donné le signal au moyen du leurre, morceau de cuir rouge façonné en forme d'oiseau, employé à cet effet. Cf., Purg., XIX. 02-66.

CHANT XVIII

Huitième Cercle. — Les Frauduleux, 1 (*).

ARGUMENT. — Description du huitième Cercle, appelé malebolge, et divisé en dix fosses, appelées boiges (**“). — Première bolge: Ruffians et Séducteurs. — Deuxième bolge : Flatteurs et Courtisans.

(*) La langue française n'a pas de substantif qui traduise l'italien frodolente, aussi suis-je forcé d'en faire un avec l'adjectif frauduleux, car fraudeur ne signitie — dit Littré — que celui qui soustrail aux droils ce qui en esl passible. Or, ce sens, tout spécial, n’est nullement celui du mot italien, dont l'acception est tout à fait générale, et aussi large que possible, car il s'applique à tous ceux qui frompent de quelque façon que ce soit.

(**) Dante a emprunté le mot bolge au latin bulga, sac, dont il fait bolgia, resté dans la langue avec la signification de sac, valise, besace, fosse. Avec ce mot il a forgé celui de malebolge, fosses maudites, donné au 8° Cercle, composé de dix fosses ou bolges (Voy. XXIX, 9).

Le huitième Cercle est le plus important de l'Enfer, car sa descriplion n'embrasse pas moins de quatorze Chants (XVIII-XXXI). Il contient, sous la dénominalion générale de Frauduleux, les trompeurs de toute espèce, divisés en dix bolges d’après la classificalion suivante :

1e" Bolge, Ruffians et Séducteurs |

> » Flatteurs et Courtisans \ Chant XVIII.

3 nn Simoniaques, Chant XIX.

4e » Devins et faux Prophètes, Chant XX.

Be »* Ceux quiontirafiqué de la Justiceel du Pouvoir, Chanls XXIet XXII. 6° » Hypocrites, Chant XXIII.

7° » Voleurs, Chants XXIV et XXV.

8° » Mauvais Conseillers, Chants XXVI à XXVII.

ge » Semeurs de discorde, Chant XXVIII.

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