COUPLETS A CLÉMENCE
^1 de tous les maux de l’absence Mon triste cœur est tourmenté ,
Si je ne puis te voir, Clémence ,
Accuses-en la liberté.
En d’autres temps , de mille entraves Jamais je n’éprouvai l’ennui :
Mais alors nous étions esclaves ;
Hélas ! on est libre aujourd’hui.
Il s’est écoulé , ce bel âge ,
Ce temps où, libre de soucis.
Nous nous aimions dans l’esclavage,
Sous le règne du roi Louis ;
igo POÉSIES
Mais j’ai grand tort quand je regrette Ces beaux jours éclipsés soudain ;
On m’assure dans la gazette ,
Que je suis libre et souverain.
Tu vas croire que sur ce trône Où l’on m’a brusquement assis ,
En/lé du titre qu’on me donne ,
Je vais t’accabler de mépris :
Ail! rassure-toi, ma Clémence , Jamais je n’eus moins de fierté ;
Fais grâce à ma triste puissance , Prends pitié de ma majesté !
Si, par un étrange miracle ,
Je cesse d’être libre un jour,
Alors je pourrai sans obstacle ,
Te voir et te parler d’amour...
FUGITIVES
O doux moment ! ô bien suprême !
Dans tes fers quelle volupté !...
Mais je me tais , car l’amour même Est suspect à la liberté.
POÉSIES
LE TROUBADOUR ÉMIGPÆ.