IX. Voie et Signalisation
La surveillance de la voie est assurée par des gardes qui sont constamment en faction, vérifient la voie, ferment les barrières des passages à niveau et transmettent les demandes de secours des convois en détresse; ils sont chargés de
(89) F.D. BAZAINE: Les premières voies ferrées en Alsace. Paris 1890, gr. in-8, B.N.: ET V 3253,
varcourir les cantons après le passage des trains, d’enfoncer les coins et les chevilles sortis par suite de la sècheresse ou de la trépidation des traverses, de ramasser le charbon tombé sur la voie et de nettoyer les passages à niveau. L'approche du train est signalée par deux coups prolongés de cornet donnés par le garde précédent, le garde ferme alors les barrières, se place à côté de la guérite, donne deux coups de cornet quand il aperçoit le convoi et indique par un mouvement des bras que la voie est libre, puis il rouvre les barrières et reprend sa tournée; pour les signaux de détresse le garde agite un drapeau. jaune et noir et donne un coup de cornet pour demander la locomotive de secours et deux pour le wagon de secours, la nuit il se sert d’une lanterne à verre rouge; entre deux gardes la distance moyenne est de 4.000 mètres et la distance maximum de 1.500 (90).
L'entretien de la voie est assuré par des ateliers ambu- Jants comprenant un chef et deux ou trois cantonniers: pour les travaux un drapeau rouge et blanc est placé au bord de l’accotement en signe de ralentissement, pour le remplacement des rails le drapeau rouge et blanc est planté au milieu de la voie (90).
DA Le matériel roulant
L’avant-projet de 1837 prévoyait, nous l'avons dit, un parc de 16 locomotives, de 26 diligences et chars à banes et de 100 wagons. Il apparaît, dès l'ouverture des premières sections de lignes, que ce parc sera insuffisant, Nicolas Kæchlin s’en inquiète et passe des commandes, puis, sur la proposition de Bazaine, la Compagnie qui s’est constituée dans les conditions que nous verrons bientôt, les prend à sa charge et demande 4 locomotives aux ateliers André Kæchlin et Cie et 2 locomotives à J.J. Meyer, constructeur à Mulhouse; ce dernier a, en effet, déposé un brevet pour un pro-
(90) Voir (33) p. 28.
cédé de «détente variable à volonté sur toutes les parties de la course des pistons» qui permet de réaliser de sérieuses économies de combustible et de ramener la consommation par kilomètre de 14 kg. au moins à 6 kg. 5 au plus, y compris l’allumage et le stationnement. Parmi les ajusteurs de. la ligne de Mulhouse à Thann, éduqués par des mécaniciens venus de Belgique et de Grande-Bretagne, sont recrutés les principaux mécaniciens.
Pour les voitures à voyageurs, on fait d'abord l’acquisition de matériel belge: diligence de 3.500 kg., chars à bancs de 3.000 kg., wagon à voyageurs de 2.700 kg., qui servent de modèle aux ateliers André Kæchlin et Cie pour construire . des diligences, des chars à bancs de 2.950 kg., des wagons à . voyageurs de 2.700 kg. et enfin des wagons à marchandises de 5 tonnes (89).
En août 1841, le parc du matériel comprend 18 locomotives, 11 4. 18 chars à bancs et 41 wagons de tout genre d’après le procès-verbal de reconnaissance de la section Colmar-Lutterbach (90).