XII. L'Exploitation
Dans les stations secondaires, le chef de station est aussi receveur; dans les stations principales des employés spéciaux délivrent des billets et tiennent la comptabilité, d’autres employés sont spécialisés pour les bagages, il est perçu 0 fr. 10 par kilomètre en 1"° classe (voitures couvertes, fermées à glaces, suspendues sur ressort), 0 fr. 075 en 2° classe (voitures couvertes et suspendues), 0 fr. 05 en 3° classe (voitures découvertes et suspendues), les bagages sont taxés au-dessus de 15 kg. Le service de la perception, des gardesconvoi et des stations est surveillé par le Chef du Mouvement, à Mulhouse, assisté de deux ou trois contrôleurs (98).
Les marchandises constituent une branche distincte gérée par des employés spéciaux dans les gares de Saint-Louis, Mulhouse et Colmar (98).
L'ouverture complète du chemin ia fer avait été prévue pour les alentours du 15 août 1841; on organise donc un service provisoire vite débordé par une grande affluence : le dimanche 17 août le premier train de 14 voitures de Mulhouse pour Strasbourg, remorqué par deux locomotives, emporte 400 voyageurs et on transporte ce jour-là 5.000 personnes; le service définitif est mis en marche le dimanche 24 août (99).
En septembre 1841, plus de 80.000 voyageurs empruntent le chemin de fer dont 3.932 en diligences, 25.057 en chars à bancs et 51.086 en wagons (100).
La Société des Bateaux à vapeur du Rhin, de Cologne, assure dès juillet 1841 la correspondance du chemin de fer de Strasbourg à Bâle avec ses services directs pour Bade, Carlsruhe, Mannheim, Darmstadt, Mayence, Wiesbaden, Coblentz, Ems, Cologne, Dusseldorf, Nimègue, Rotterdam, Amsterdam, Anvers, Hambourg, Hull et Londres, qui partent de l’intérieur de la ville les lundi, mercredi et samedi matin
(98) Voir (89) p. 59.
(99) «Courrier du Bas-Rhin», 24 août 1841.
(100) «Le Moniteur Universel», 16 octobre 1841, p. 2218.
et tous les jours du grand pont du Rhin (100bis). Ceci souligne l’intérêt de la ligne pour le trafic international.