Kant, Critique de la Raison pure, frad, Barni, î, p
2. Paul Natorp, Die logischen Grundlagen der exacten | WissenschafLen, 1910.
parfaitement mise au point. Nous nous bornerons à l'examen de quelques thèses significatives.
Tout d'abord cherchons à caractériser brièvement l'esprit dans lequel l'ouvrage est conru. Natorp croit nécessaire de suspendre son système à une « cause première » à un « principe des principes » (pp. 11-^6). Ce principe des principes a un nom nouveau, il s'appelle ( comme chez H. Cohen) Prinzip des Ui'sprimgs, principe de l'origine; mais sous ce nom nouveau nous retrouvons une vieille connaissance, car F « Ursprung » a une parenté évidente avec 1' « idée hégélienne », et nous donnons en note quelques textes qui précisent la conception de Natorp '. Nous nous som-
1. Natorp, ihid., p. 21 : « Das Urspriingliche ist somit niclit Bejahung noch Verneinung, nirhl Idonlitiit iioch Vcrscliiedenheit...sondern Zusammenhang; nichldurcli hinlerherkommendes Sichvertragen und Vereinbaren, sondern durch wurzelhafte, durch Ursprungseinhcif. »
Ibid., p. 26 : « Aber es ist eben die Einhcit von dieseni alien (die logischen Grundniomento) die Kinheit durch Korrelation. Dièse ist in der Tat als das l*rinzip dcr Prinzipicn, in bestimmter Uberordnung gegen die ganze Reihe dcr einzelnen, zu einander korrelativen Grundmomente des Logischen zu denken. »
Ibid., p. 38 : « Aber Denken heisst iiberhaujtt Bestimmen. Also kann die Bestimmiheit jodenlalls nicht inimor wicder, und nicht im urspriingiichen Fall. vor dem Denken voraus dem Denken, zu denken gegeben sein, sondern nur das Denken seibst kann sie vollziehen... Sondern es nuiss ein Grundakt des Denkcns angesetzt werden, in dem ùberhau})t irgendwelche Beslimintheit fiir das Denken zuerst enlsleht, ein Grundakt aiso des Beslimmens. »
Comparez avec Hegel, Logique, trad. Véra, 2» édition, I. 212 : 0 L'idée est la pensée non comme pensée purement
mes déjà expliqué au sujet de ces principes transcendants, nous savons qu'en les formulant, ou bien on exprime une vérité évidente, à savoir que la pensée n'est pas purement machinale, qu'elle a un certain caraclère synthétique que })ersonne n'a jamais contesté sérieusement (en ce qui concerne tout au moins la découverte scientifique) ; ou bien l'on croit vraiment saisir dans quelques phrases la loi môme de la pensée d'où se déduiraient effectivement les ditïerenls principes de la logique et des sciences. Mais cette dernière thèse est contredite par les faits.
Nous savons en effet parfaitement que ni Hegel ni Natorp ne déduisent de leur principe fondamental (Idée, Ursprung), ime propriété scientifique quelconque ; nous savons que leur méthode n'est qu'un procédé d'exposition pour des connaissances antérieurement acquises. Si la loi de l'esprit qu'ils expriment était autre chose qu'un assemblage de mots, on devrait pouvoir en déduire «yjriorz quelque proposition intéressante. Or cela n'est pas, cela ne peut pas être. Nous sommes donc en présence de définitions verbales qui n'expriment qu'un truisme : l'affirmation de la spontanéité de la pensée.
Mais ce point de départ vicie toute la doctrine :
formelle, mais comme totalité qui se développe elle-même dans ses déterminations et dans ses lois, et par suite, ces déterminations et ces lois, elle ne les trouve pas en ellemême comme des éléments qui sont déjà en elle, et qui lui sont donnés d'avance, mais elle se les donne elle-même. »
LA METHODR MKTAPHYSIQUR 23
Natorp n'aborde pas les problèmes de la logique objectivement en étudiant avec précision les différents types de raisonnements, les formes du langage d'après la méthode employée par Boole, Schrôder, Peaiio, Coutuiat, etc. Il considère les ditïercntes catégories logiques de TEcole connne les articulations d'un système, de son système; et nous voyons défiler devant nous, comme dans toutes les rhapsodies métaphysiques, la qualité, la quantité, la relation, la modalité. Citons à titre d'exemple les définitions qui concernent la quantité'. Les trois degrés de la quantité sont caractérisés de la manière suivante : une pluralité est une pluralité d'unités, Vunité est donc le point de départ nécessaire ; toute unité est unité d'une plurahté, d'une série ; enfin \q tout exprime l'unité de la pluralité au sens de l'union dans un total. Qui soutiendra sincèrement que ces banalités peuvent servir au progrès de la critique des principes de la logique ou de la science?
Examinons maintenant brièvement la théorie de l'espace et du temps chez Kant et chez ses continuateurs.