Natorp, Die logischen Grundlagen — p
2. Natorp. ibid., p. 288. « Die Raumordnung als solche eben Zusammenordnung, Ordnung des Miteinander ist, also in itir die Verbindung als Verbindung ebenso vorwaltet und urspriingiich bestimmend ist, wie in der Zeit die Sonderung als Sonderung. » et p. 289 : a ... dass Zeit ursi)riinglich Sonderung, Raum ursprûnglich Verbindung bedeutot. »
Sophie critique n'apporte sur ce point rien de nouveau. Mais examinons plutôt ce qui se passe à notre époque. A la suite de considérations purement scientifiques, Ton a cru récemment devoir modifier la conception même dû temps et rejeter son unicité, détruisant ainsi la conception à' un temps universel. Nous n'aurions pas osé aborder les profondes et difficiles théories de Lorentz et d'Einstein, si Natorp ne nous en avait donné l'exemple. Nous nous en excusons. Ce n'est d'ailleurs pas de l'exposition d'une doctrine qui touche aux bases mêmes de la Mécanique et de la Physique qu'il s'agira ici; nous nous bornerons à donner quelques indications sur les conceptions nouvelles. Ces indications seront, nous l'espérons, assez explicites pour permettre de comprendre les observations de Natorp et montrer une fois de plus l'insuffisance de la critique transcendcntale comme méthode dans la recherche des principes fondamentaux de la science.
On sait que c'est en cherchant à établir les équations générales de l'électrodynamique des corps en mouvement que Lorentz^ fut conduit à introduire de nouvelles notions. Sa théorie, sous sa première forme, a.vait pour conséquence singulière que le principe de la relativité du mouvement n'y était plus vérifié; par suite l'on aurait (k'i pouvoir déterminer le mouvement absolu de la Terre par
1. Lorentz. Versuch einer Théorie der eleklrischen und optischen Erxc/ieiniingeii in heweglen Kôi'pern, Leiden, 1895.
rapporta l'éther en repos. Or, les expériences de Michelson el de Morley contredirent ce résultat. Fallait-il donc renoncer à des conceptions qui paraissaient contenir les principes de la théorie la plus compréhensive que la Physique possédât concernant l'électrodynamique ? Lorentz et Filz- Gérald, en introduisant la conception du temps local et le principe de la contraction des corps en mouvement dans le sens de la translation, devaient mettre la théorie d'accord avec les expériences de Michelson.
Les principes élémentaires de la théorie nouvelle* peuvent, d'après Einstein % se résumer brièvement de la manière suivante :
Le principe de la relativité du moiweinent qui peut se formuler ainsi : les lois de la nature ne changent pas de forme, soit que l'on considère les axes de coordonnées, qui servent de repères, au repos, soit qu'on les considère comme soumis à un mouvement uniforme (nous laissons de côté dans ces indicationssommaircs le cas oîi les axes seraient soumis à un mouvement accéléré).
Le postulat de la constance de la vitesse de la lumière dans le vide.
La définition du tonps local.
\. Einstein, Jahrbuch der Radioaktioitâl und FAeclronik, vol. IV, p. 41b.
2. 11 y a entre la théorie de Lorentz et celle d'Einstein des différences sur lesquelles nous ne pouvons insister ici.
LA MKTHODK MKTAPHYSIQUE 37
L'hiJiJOthèsc de la contraction des corps dans le sens de la translation, (qui se déduit des principes précédents).
Les deux dernières notions exigent quelques éclaircissements.
M. Poincaré a déjà, par deux fois, exposé ' la définition du temps local, ce qui nous permettra d'être bref. Considérons deux points A et B ; en chacun de ces points se trouve un observateur muni d'une montre . Si les points A etB sont au repos, Topération du réglage des montres se fera sans difficultés en croisant des signaux optiques, la lumière mettant le môme temps pour aller de A en B que de B en A. Mais si les points A et B sont entraînés dans un même mouvement, il n'en est plus de même « parce qu'alors A ira au devant de la lumière qui vient de B, tandis que B fuira devant la lumière qui vient de A. Si donc les observateurs sont entraînés dans une translation commune, et s'ils ne s'en doutent pas, leur réglage sera défectueux ; leurs montres n'indiqueront pas le même temps ; chacune d'elles indiquera le temps local convenant au point où elle se trouve. » Encore faut-il (juc les observateurs puissent se rendre compte de l'inexactitude deleursobservations; or, quand on a pu dans
les calculs tenir compte du carré de la valeur — , v
1. Poincaré, La valeur de la Science, p. 187 cl Science et Méthode, p. 236.
représentant la vitesse du corps entraîné, c la vitesse de la lumière, on a cru que Ton pourrait mettre en évidence l'inexactitude du réglage dans Tobservation relatée plus haut. Cependant, il n'en est rien : les expériences de Michelson et de Morley donnèrent des résultats négatifs. « La théorie demandait à être complétée, elle l'a été par l'hypothèse de Lorentz et de Fitz-Gérald \ »
Lorentz admet que les corps en mouvement subissent dans le sens de la translation une contraction qui est mesurée par la fraction 1 :V/l ^ , î^
et c ayant la signification que nous venons d'indiquer. Cette hypothèse permet d'expliquer le résultat négatif de l'expérience de Michelson. L'erreur de réglage dont nous avons indiqué la cause sera compensée par la contraction que subissent les corps en mouvement ; une longueur n'étant plus mesurée par un mètre qui vsubirait aussi la loi de contraction, mais par le temps que la lumière met à la parcourir.
Nous n'avons pas à rappeler ici les conséquences de cette théorie ; disons seulement que la vitesse de la lumière doit être considérée comme la limite supérieure que ne peut dépasser aucune vitesse réelle et que la loi classique de la composition des vitesses est remplacée par une autre loi. « Le cas