Natorp, loc. cil., p
notions fondamentales toutes les théories nouvelles que la science apporte dans son développement, le résidu qui constituera l'objet propre de la philosophie, ne sera plus qu'un ensemble de lieux communs. Si dans l'ouvrage de Natorp (et dans les ouvrages contemporains analogues), on supprimait la partie négative — à son point de vue — où il discute la valeur philosophique des nouvelles théories scientifiques pour ne conserver que la partie positive — seule essentielle évidemment — il ne resterait plus que quelques pages contenant la définition du temps comme « une succession », de l'espace comme une « coexistence » (des éléments) et des définitions analogues. On peut dire que la tâche du critique de la science est exactement opposée à celle que lui fixe Natorp : il doit principalement étudier les théories nouvelles qui peuvent servir à résoudre des problèmes (wertvolle Hilfe bei der Bearbeitung besonderer Problème). Ce qui prouve, en effet, l'objectivité d'une théorie, c'est l'usage scientifique qu'on en peut faire, c'est sa fécondité. Par suite le plus grave reproche que l'on puisse faire à la théorie kantienne, c'est précisément de dire comme Natorp qu'elle est tellement générale que la plupart des transformations de la science réelle ne l'atteignent pas.
Le raisonnement par lequel Natorp termine ses observations sur ces difficiles questions est des plus contestables. Kant aurait été un précurseur des phy-
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siciens contemporains parce qu'il aurait affirmé' que « l'époque des phénomènes est fixée non par rapport à un temps absolu mais par la détermination relative des phénomènes les uns par rapport aux autres dans le temps » ; par suite, selon Xatorp « les propositions " fondamentales du kantisme sont confirmées par la théorie nouvelle ». Mais entre le vague principe de relativité que formule Kant et les notions précises de la théorie de Lorentz (temps local, hypotiièse de la contraction, etc.), il y a unabime. Le raisonnement de Xatorp est aussi contestable que celui par lequel on voudrait établir que la philosophie d'Arislole se trouve contirmée par les travaux d'Helmholtz, par les expériences de Mayer et de Joule, parce que le Stagirite a affirmé l'existence d'un substrat permanent sous le changement.
Formuler le principe métapiiysique de substance ne comporte aucune dilliculté, et n'a d'ailleurs aucune portée pratique; démontrer le principe de conservation de l'énergie sous sa forme mathématique, ou la loi d'équivalence (cas particulier du principe de conservation) par la méthode expéri-
1. N'atorp, loc. cil., p. 403 : « ,..also die Zcilstellen dcr Ereignisso nicht durch ihr Verhiillnis zu eiiier clwa gogebenen absoluten Zeit bestimmt sein, sondoni nur die Erscheinungen selbst sich ihre Steîlen in der Zeil gegenseitig beslimmen konnon, indoni ihre geselzliche Ordnung sie erst bcstiinmbar machl. »