‹ La méthode dans la philosophie des mathématiquesChapitre 38 sur 102 · Poincaré, La Science et ^hypothèse, p · texte numérisé non relu

Poincaré, La Science et ^hypothèse, p

malgré l'existence tant de fois séculaire du continent américain. Et n'y a-t-il pas une contradiction manifeste à vouloir donner un fondement logique absolu à ce qui n'est que psychologique et humain ? Sans nous avancer plus avant dans le dédale scolastique, ces remartpies suffisent à montrer que les termes du problème étaient mal déterminés : toute solution en sera donc contestable. Or, c'est parce que l'induction complète résolvait un problème d'ordre métaphysique dans l'esprit de M. Poincaré, qu'il lui a attribué une valeur universelle qu'elle ne saurait avoir. Depuis, M. Poincaré a atténué ce que sa conception primitive pouvait avoir de trop absolu : « J'}^ voyais le raisonnement mathématique par excellence. Je ne voulais pas dire, comme on l'a cru, que tous les raisonnements mathématiques peuvent se réduire à une application de ce principe ^ » Mais est-il bien sûr que ce soit le raisonnement mathématique par excellence? Les adversaires de M. Poincaré, les logisticiens, ne sont pas partis d'un problème philosophique général, et il faut reconnaître que leur point de départ, au moins, est conforme à la méthode positive : ils ont étudié successivement toutes les formes du raisonnement mathématique, et, analysant les notions logiques premières, ils ont rencontré le principe de l'induction complète

\. Poincaré, Bévue de métaphysique et de tnorale, novembre 1905, p. 818.

Page 1