La Chalotais, Essai, p. a
Richelieu disait aussi (Testament politique ) : « La connailsance des lettres est tout à fait nécessaire .dans une république ; mais il est certain qu'elles ne doivent pas être enseignées à tout le monde. Ainsi qu'un corps qui aurait des yeux ^ toutes les parties serait monstrueux, de même un état le serait-il si tous le!^ sujets étaient savants ; on y verrait aussi peu d'ébéissance que l'orgueil et la présomption y seraient ordinaires. Le commerce des lettres bannirait absolument celui de la marchandise, et ruinerait l'agriculture. »
Et Fleury : « L'abus des études surcharge la république d'une infinité d'oisifs qui se croient au-dessus de tout depuis qu'ils savent un peu de latin. »
PEDAGOGIE REGIONALISTE
tion mal adaptée, tout petit fermier, tout ouvrier de ville n*a pas de plus s«blime idéal que de faire de son fils un fonctiorfnaire, un rond de cuir, un gratte-papier, un conrmîs de banque, un homme de bureau *.
Les meilleurs élèves des écoles primaires, qui eussent fait prospérer Tagriculture ou Tindustrie dans leur région naturelle, sont tout simplement arrachés au métier de leur père (dans lequel, dit le proverbe, le fils n*est jamais apprenti), pour être déracinés de leur sol et lancés aube quatre coins de Rrance, dans des carrières où, leur hérédité ne les ayant pas préparés, ils seront apprentis toute leur vie. *
Voilà les campagnes dépeuplées et les villes encombrées.
Encore s'il y avait dans la ville et^dans les positionsHibérales de la place pour tous ! Hélas ! il n'en est pas ainsi. Te nombre des jeunes gens sans place augmente de jour en jour. Déclassés, dévoyés, ils obéissent à des goûts, supérieurs à leur capacité et même à leur nature, qui les poussent souvent à chercher fortune par des moyens peu avouables. Que de jeunes filles, qui eussent fait d'excellentes ménagères, de robustes mères de famille; ^t qui, pour être institutrices ou se faire appeler « Mademoiselle », vont finir dans quelque pitoyable aventur^. Que de déclassés deviennent ainsi des *désespérés * !
La somme du bonheur général est-elle plus grande cfepuis qu'on délaisse le toit des ancêtres pour aller s'entasser dans les grandes villes privées d'air ? C'est un problème sotial qui a son importance.
1. Il faut lire» à ce sujet, le superbe conte de Roumanille, aussi plein de verve que de vérité : Se n*en fasian un avoucat. %