VIII AVANT-PROPOS
presque exclusive des éducateurs de la jeunesse. Tout le reste, religion, finesse du jugement, noblesse du cœur, est relégué au deuxième plan. L'homme n'est plus qu'un animal politique, venu au monde pour connaître, aimer et servir la Constitution *. »
On a dit que nous avions vécu *de cette doctrine pendant une bonne partie du XIX* siècle.
Talleyrand en déduisait déjà une des conséquences les plus logiques lorsqu'il disait aux Constituants :
<c Vous avez séparé la volonté générale, ou le pouvoir de faire des lois, du pouvoir exécutif réservé au roi. Mais cette volonté générale, il faut qu'elle soit droite, et, pour être droite, il faut qu'elle soit éclairée et instruite.
« Après avoir donné le pouvoir au peuple, vous devez lui enseigner la sagesse. A quoi servirait d'affranchir, de livrer à elles-mêmes des forces brutales et inconscientes? L'instruction est le contre-poids nécessaire de la liberté ■. »
Les innombrables lois, décrets, ordonnances sur renseignement primaire, édictés par les divers gouvernements qui se sont sqccédé, en France, depuis la Révolution, montrent qu'ils" avaient tous saisi l'importance et la nécessité de Véducaiion populaire. ,
« Ce sera l'honneur de notre temps,dit M.Compayré*, d'avoir discuté avec passion les problèmes de l'enseignement primaire.
« Mais, ajoute-t-il, malgré les efforts déjà accomplis, que de difficultés encore ! que d'éclaircissements à chercher sur la nature, sur les limites de ce degré d'instruc-
1. Compayré, Histoire critique des doctrines de l'éducation, t. Il, p. 295.