‹ La pédagogie régionalisteChapitre 27 sur 77 · MASCULIN · texte numérisé non relu

MASCULIN

anchois

anchoio

affaire

afaire

anneau

anelo

arrxjoire

armàri

bol

bolo ♦

moule

muscle

chardonneret

cardelino

cuiller

culié

cigare

cigalo

dette

dèute

ongle

ounglo

huile

bli

froid

fre

image

image

chaud

caud

paire

parèu

genêt

genèsto

enclume

enclume

gril

grasiho

étable

estable

lièvre

lèbre

fumée

Jum

poison

pouisoun

orange

arange

sac

saco

pincée

pessu

sel

sau

pêche

pessègue

sommeil

som

horloge

reloge

sable

sablo

cendre

cendre

Il n'est pas rare d'entendre le petit provençal décorer hardiment le nom français du genre provençal : Cet huile est très bon ; — elles sont douces, ces jujubes ; — j'en ai une besoin ; — donne-moi une cigare ; — il fait une chaud ; — c'est de la poison ; — j'ai une ongle toute blanche ; — il est dur cet enclume, etc. *. .

i.La faute n'est pas toujours aussi évidente ;elle apparaît souvent sous une forme plus subtile. Le chasseur provençal qui a fait ses classes ne dira pas : J'ai tué une chardonneret ; l'alliance de ces deux terminaisons jurerait trop â son oreille. Mais, s'il poursuit son récit, il finira bien par ajouter : « Je n'ai rencontré que des vieilles, elles sont plus méfiantes que les jeunes ! » C'est qu'il pense en provençal, et s'il n'emploie pas directement le substantif français, il fait instinctivement accorder le mot qui s'y rapporte, non point avec le nom français, mais avec le' nom provençal qui se présente plus naturellement à son esprit.

La môme confusion se remarque quelquefois pour le nombre ; on entend dire assez couramment : un ciseau, un pantalon, ton soulier.

Ils sont nombreux les termes impropres qui émaillent les conversations méridionales et qu'une cofnparaison attentive eût fait éviter '.

Souvent, ^n provençal, comme autrefois en grec, l'article s'ajoute au nom propre. Cette habitude est transportée en français : Je me sers chez la Marie, — j'en veux au Jpseph.

L'article s'emploie aussi comme pronom : le qui m'a ^it cela, la qui parle là-bas.

Comme l'article partitif se supprime en provençal, on a les provençalismes : je vais faire feu, donne-moi d'eau, je veux de pain.

L'adjectif ou pronom possessif n'Si pas de pluriel en provençal : Venon de sa bastido, ils viennent de sa campagne ? — à tôuti i'ai di, à tous je lui ai dit ; — an près si libre, ils ont pris ses livres.

Les différentes personnes des verbes, ayant, en provençal, l'avantage d'être suffisamment indiquées par les désinences, ne demandent pas l'adjonction du pronom personnel.

De là deux défauts complètement opposés : le plus normal consiste à omettre le pronom là où il doit être employé en français : Viendrai, — a voulu, — a dit le monsieur ; l'autre consiste, au contraire, à l'exprimer indûment, lorsqu'il est inutile : La maison, il est fermée.

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