MASCULIN
anchois
anchoio
affaire
afaire
anneau
anelo
arrxjoire
armàri
bol
bolo ♦
moule
muscle
chardonneret
cardelino
cuiller
culié
cigare
cigalo
dette
dèute
ongle
ounglo
huile
bli
froid
fre
image
image
chaud
caud
paire
parèu
genêt
genèsto
enclume
enclume
gril
grasiho
étable
estable
lièvre
lèbre
fumée
Jum
poison
pouisoun
orange
arange
sac
saco
pincée
pessu
sel
sau
pêche
pessègue
sommeil
som
horloge
reloge
sable
sablo
cendre
cendre
Il n'est pas rare d'entendre le petit provençal décorer hardiment le nom français du genre provençal : Cet huile est très bon ; — elles sont douces, ces jujubes ; — j'en ai une besoin ; — donne-moi une cigare ; — il fait une chaud ; — c'est de la poison ; — j'ai une ongle toute blanche ; — il est dur cet enclume, etc. *. .
i.La faute n'est pas toujours aussi évidente ;elle apparaît souvent sous une forme plus subtile. Le chasseur provençal qui a fait ses classes ne dira pas : J'ai tué une chardonneret ; l'alliance de ces deux terminaisons jurerait trop â son oreille. Mais, s'il poursuit son récit, il finira bien par ajouter : « Je n'ai rencontré que des vieilles, elles sont plus méfiantes que les jeunes ! » C'est qu'il pense en provençal, et s'il n'emploie pas directement le substantif français, il fait instinctivement accorder le mot qui s'y rapporte, non point avec le nom français, mais avec le' nom provençal qui se présente plus naturellement à son esprit.
La môme confusion se remarque quelquefois pour le nombre ; on entend dire assez couramment : un ciseau, un pantalon, ton soulier.
Ils sont nombreux les termes impropres qui émaillent les conversations méridionales et qu'une cofnparaison attentive eût fait éviter '.
Souvent, ^n provençal, comme autrefois en grec, l'article s'ajoute au nom propre. Cette habitude est transportée en français : Je me sers chez la Marie, — j'en veux au Jpseph.
L'article s'emploie aussi comme pronom : le qui m'a ^it cela, la qui parle là-bas.
Comme l'article partitif se supprime en provençal, on a les provençalismes : je vais faire feu, donne-moi d'eau, je veux de pain.
L'adjectif ou pronom possessif n'Si pas de pluriel en provençal : Venon de sa bastido, ils viennent de sa campagne ? — à tôuti i'ai di, à tous je lui ai dit ; — an près si libre, ils ont pris ses livres.
Les différentes personnes des verbes, ayant, en provençal, l'avantage d'être suffisamment indiquées par les désinences, ne demandent pas l'adjonction du pronom personnel.
De là deux défauts complètement opposés : le plus normal consiste à omettre le pronom là où il doit être employé en français : Viendrai, — a voulu, — a dit le monsieur ; l'autre consiste, au contraire, à l'exprimer indûment, lorsqu'il est inutile : La maison, il est fermée.