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MONOGRAPHIES LOCALES

i*" Histoire : événements anciens ; faits contemporains ; les gens et les choses dont on se souvient.

2" Géographie : description de la commune et des pays voisins.

3** Météorologie^ astronomie : observations locales.

4*" Hygiène et médecine : maladies locales ; erreurs et remèdes populaires.

5« Histoire naturelle : nomenclature et classification bilingue (en français' et en langue dioc) des animaux, des végétaux, des minéraux existant dans la commune.

6f La vie rurcHe : travaux, outils, métiers actuels ou disparus, i

7* L'habitation et l'ameublement : autrefois, aujourd'hui.

8"* L'alimentation : le milhas, les crêpes, la croustade, l'aiôli, etc.

9* Les délassements du travail : veillées, danses, fêtes, etc.

icf Industrie et commerce : ce qu'on récolte, ce qu'on vend, ce qu'on achète ; foires* pt marchés.

II** La vie communale : statistiques diverses.

12** Le parler local : dictionnaire des mots les plus caraitéristiques ' du parler local ; vocabulaire employé avec les petits enfants, avec les • animaux, dans les métiers locaux. » ^

i3' Monographies diverses : notices autobiographiques ; biographie^ typiques ; les noms de famille ; les prénoms usuels ; les noms donnés aux animaux ; comptes rendus de promenades, etc.

14» Musée du terroir : complément naturel de tous ces travaux, comprenant des objets, vues, dessins, photographies, etc., se rapportant aux divers sujets traités.

• Toutes les parties du plan qui vient d'être indiqué ont été l'objet de travaux plus ou moins étendus ; mais c'est la première partie, le folklore, qui se prête le mieux aux travaux directs et personnels des jeunes élèves.

» Recueillir des proverbes, des comparaisons, des formulettes populaires de toute sorte est une tâche facile et qui intéresse vivement les enfants. Ils arrivent progressivement à recueillir des contes et des chants populaires, avec la même facilité et avec le même plaisir.

124 PÉDAGOGIE RÉGIONALISTE

« Comme ils se trompent ceux qui croient que les traditions du peuple sont mortes, qu'il est trop tard pour sauver de l'oubli ces trésors de littérature orale qui s'évanouissent de la mémoire des contemporains I Le folklore de nos provinces a été très incomplètement exploré : il est encore temps de parfaire l'œuvre. On a souvent constaté que le paysan garde jalousement, avec une sorte de pudeur que la curiosité des investigateurs offusque vite, ses traditions qu'il aime en silence, un peu en secret ; il ne se livre jamais tout entier au folkloriste, qui lui fait, sans doute plus d'une fois, l'efTet de l'ausculter, comme le médecin ausculte un malade. Cependant les aïeules disent toujours aux petits enfants les contes séculaires ; les vieux usages se perpétuent, les superstitions plus que tout le reste, et rien ne meurt, si ce n'est quelques vocables de la langue patriale, auxquels se substituent des mots français affreusement occitanisés K »

Tout rimmense effort d'une race pendant plusieurs siècles ne doit pas être perdu pour ses descendants : c'est sur l'histoire de son passé qu'un peuple doit baser sa conception de l'avenir*.

Counserven dôu passa li grandi foundamento :

Lis aubre que van founs soun li que mounton aut3,

dit le poète de la Provence.

« Une patrie, pays des pères, garde des tombeaux à côté des foyers, et c'est sa perpétuelle renaissance dans la tradition reipectée qui fait d'elle une nation forte *. »

« Ce sont les morts, disait *Aug. Comte, qui doivent gouverner les* vivants. »

I. Cf. Reclams de Biam, n* du V de may igo2. Le TradiHonisme à C école, par A. Perbosc.

3. « La forme sociale et politique dans laquelle un peuple peut entrer et rester, dit Taine, n'est pas livrée à l'arbitraire, mais déterminée par son caractère et son passé. »

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