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P. Mariéton, Figaro, 23 mai

At>PLICATIONS PRATIQUES 125

Art. IV. — Géographie.

Parlant du vocabulaire, nous avons dit quelques-uns des services que Tidiome local pouvait rendre à la géographie.

La langue provençale, étant de sa nature très imagée, désigne le plus souvent les sites par des noms qui en. expriment la nature ou la situation, la manière d'être ou de paraître, la couleur, la composition géologique, les , productions.

Que de détails topographiques inexplicables pour l'étranger, et qui ne feraient pas même question pour celui qui saurait lire dans une carte bien faite le sens des appellations données à chaque endroit *.

Le botaniste qui recherche'des plantes ou des insectes ♦ amis du soleil n'ira pas à VUba (versant septentrional), mais à VAdré (versant méridional). Il saura d'avance quelles essences il trouvera à VAgréu ou au Gréu*, à VAubarède\ aux Avellans*, aux Amarines \ etc., etc.

Le géologue sera dirigé dans ses investigations par les noms mêmes de certains quartiers : YArenas (sable fin) , lou Sistre (poudingue, agrégat de cailloux).

L'offlcier qui cherche une source pour faire désaltérer sa compagnie se réjouira de voir sur la carte : adous, lauroun, source d'eau douce; sorgo, riau, riéu, petite rivière.

Le nom d'Abadié (abbaye), très fréquent dans le Midi, luira comme une étoile au regard du voyageur attardé.

Mais si l'on ne connaît pas le provençal, à quelles

1 . Le fait n'est pas particulier à la Provence. C'est dans toutes les langues que Ton trouve quantité de non» propres qui ne sont que des noms communs indiquant une qualité de l'endroit qu'ils désignent, par exemple : en breton, Penmarc'h, tête de cheval ; Tromelin, le bas du moulin ; Dourduff\ eau noire ; Ploujean, peuple de Jean ; Caer, le beau ; Corre, le nain ;

, Gall, le français; Cleuziou, les fossés, etc., etc.

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