‹ La pédagogie régionalisteChapitre 65 sur 77 · Essai, p · texte numérisé non relu

Essai, p

2. C'était ridéal de Rousseau, que Pestalozzi a voulu appliquer dans ses écoles, et que développe H. Spencer dans ses Essais sur TÉducation [Education intellectual, moral and physical, London, i86i). Mme Nccker de Saussure en a fait le sujet d'un beau livre : L'Éducation progressive.

APPRÉaATION GÉNÉRALE 24^

de concdrt, arrivent à la vérité par leurs forces combinées *.

Si le maître ne s'adresse qu'aux facultés passives, il aboutit à une instruction machinale qui fatigue et endort, tandis que s'il met intelligemment en jeu les facultés actives : attention, jugement, comparaison, s'il stimule adroitement la spontanéité naturelle de l'enfant, il le fait progresser rapidement, sans le fatiguer jamais".

C'est une des lois fondamentales de la vie, d'après laquelle aAion est synonyme de progrès et de bonheur.

L'élève qui se sent traité en être intelligent, et qui, à l'appel magique du maître, voit sortir de son propre fonds la réponse lumineuse au problème posé, se sent captivé bien vite par l'attrait de cette jouissance supérieure. Il aime l'école, et il chérit le maître qui lui révèle si mer- , veilleusement les puissances ignorées de sa petite intelligence.

On cherche, par tous les moyens, aujourd'hui, à rendre l'étude agréable et facile l'acquisition de la vérité.

Le grand secret n'est pas d'écarter la difficulté et d'é- 'viter l'effort, mais d'amener l'élève à trouver son plaisir dans l'effort nécessaire pour vaincre les difficultés.

C'est ce qu'obtient la méthode régionaliste.

I . Disterweg dit quelque part « que ce n'est pas le maître qui est au centre de la classe, mais l'élève ; que le maître, avec les objets de son « enseignement» est à la circonférence. Sous une forme bizarre, c'est renonciation d'une vérité capitale... Leimaître n'est pas au centre de la classe : ce n'est pas lui qui doit faire effort, ou si du moins il fait des efforts, ce n'est que pour préparer ceux de l'enfant. LA est le véritable point central de l'école, c'est chez l'enfant que les facultés doivent être tendues, l'esprit en éveil, tout l'appareil pensant excité, en mouvement, en progrès... Le maître est a la circonférence avec tous les objets de son enseignement ; « mais l'enfant reste au centre, et c'est en lui qu& doit se passer le grand travail d'af^prendre. »

* G. Dumesnil, La pédagogie dans l'Allemagne du Nord, p. 57.

a. « Toute culture qui profite À l'élève, est en môme temps un exercice qui l'excite et qui l'égaie. » Spencer, Education intellectual, moral and pHysical, London,, 1861.

Pestalozzi disait aussi : u Toute l'instruction ne vaudrait pas un denier, si elle devait faire perdre à. Tenfant son courage et sa gaieté. »

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