I. Mistral, Discours pour la Ste-EstelU de Gap, 23 mai
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médailles, poteries, on le dépose pieusement dans ces galeries.
« Et quand le peuple, le dimanche, vigite tes temples de la gloire nationale, il salue avec respect l'œuvre de ses aïeux et sent battre dans son cœur un sentiment qui l'élève*.» .
Ceux qui protègent si jalousement les^monuments de l'art national, pourquoi détruiraient-ils les trésors linguistiques que l'intelligence fle toute unfe race a mis tant de 'siècles à amasser?
« Il n'y a qu'un moyen, nous dit M. Gompayçé», d'assurer l'avenir des peuples, c'est de leur donner une éducation intellectuelle et morale qui épure les âmes et raffermisse les caractères.
« La régénération et le progrès, ne les attendons pas d'une transformation soudaine et miraculeuse, ne les demandons pas à l'efficacité immédiate de telle ou telle institution politique.
« Dieu a voulu que tout se fit ici-bas suivant, les lois d'une lente progression, par petites modifications succes- . sives. De même que, pour l'enfant, il n'existe pas de raccourci qui permette de supprimerfles lenteurs de la croissance insensible que chaque jour amène, de même, pour les nations, il n'y a pas d'autre procédé que l'action lente, mais sûre, d'une éducation sage et forte, pour les faire passer du vice à la vertu,' de l'abaissement à la grandeur. » I
Si les félibres et les régionalistes croient avoir découvert le système pédagogique qui, conciliant les exigences des deux patries, apprend la langue et les mœurs de la grande, en maintenant l'idiome et les qualités natives de la petite, c'est pour eux un devoir d'en faire une expérience officielle. ^
# 1. Mistral, Discours au Cercle artistique de Marseille, 25 novembre 1883. 2. Gompayré, op. cit., t. II, p. 46a. •