LIVRE IV
Nous avons vu qu'une même loi préside au développement de rhorome physique^ de l'homme intellectuel et de l'homme morale bien que ces trois ordres de faits soient de nature tellement différente qu'ils semblent séparés par des abtmes; bien que nous puissions dire avec Pascal : a De tous les corps enc semble^ on ne sçaurait tirer la moindre pensée; cela est im- « possible et d'un autre ordre. Tous les corps et les esprits « ensemble ne sçauraient produire un mouvement de vraye « charité; cela est impossible et d'un autre ordre tout suma* « turel ^ D
Cette nature absolument différente qui distingue notre corps^ notre esprit et notre cœur, semblerait impliquer l'existence en nous de trois développements tout à fait indépendants l'un de Tautre. Et cependant il n'en est rien : nos organes matériels, nos pensées, nos sentiments exercent les uns sur les autres une influence incontestable , et ces trois éléments si divers se touchent, se pénètrent, s'associent dans une action commune que nous ne pouvons comprendre, mais que nous sommes forcés de reconnaître, parce que nous l'éprouvons constamment.
Examinons d'abord les rapports de notre corps avec notre intelligence. Au point de vue anatomique, nous nous bornerons à rappeler quelques faits. On sait que l'exercice de la pensée dépend de l'existence et de l'état sain des hémisphères
1 Pascal^ Pensées, p. 7S, édit. de 1672.
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cérébraux^ que rintelHgence est avertie des sensations extérieures par rintermédiaire de filets nerveux^ que c'est par d'autres nerfs qu'elle transmet aux membres ses ordres de locomotion. Voilà donc déjà un lien intime^ une action combi-. née entre l'esprit et la matière. Mais il n'est pas besoin de connaissances physiologiques pour constater ces rapports et cette dépendance mutuelle. L'homme le plus ignorant sait^ par sa propre expérience^ que souvent la maladie réagit sur l'esprit^ et que parfois les efforts soutenus de la pensée ne restent point sans effet sur la santé.
Si maintenant nous suivons les diverses phases du développement par lequel l'enfant devient homm^^ nous reconnaîtrons que les progrès du corps et ceux de l'intelligence se prêtent le plus souvent un mutuel secours^ que quelquefois ils paraissent se contrarier réciproquement^ mais que toujours ils sont entre eux dans un état de dépendance plus ou moins marquée. Ainsi l'on voit l'intelligence se fortifier avec le corps et ressentir quelque effet de chacune des crises par lesquelles celui-ci subit ses plus importantes transformations. Quand les influences éducatives auxquelles l'enfant est soumis viennent troubler l'équilibre de son développement^ on remarque quelquefois^ il est vrai^ des effets opposés^ c'est-à«dire qu'une excitation excessive du travail de l'intelligence peut affaiblir le corps^ et qu'un développement physique exubérant peut engourdir l'esprit; mais c'est là [une preuve de plus de la dépendance mutuelle de ces deux ordres de faits dans l'honmie^ et de la néces* site absolue, pour l'éducation, de tenir compte en même temps du corps et de l'intelligence de l'enfant.
Rien ne démontre cette vérité avec plus d'évidence que les résultats obtenus dans le traitement du crétinisme^ Les cré- ' tins sont arrêtés dès l'enfance, et dans leur développement physique et dans leur développement intellectuel; nous n'avons pas à rechercher les causes de cette horrible maladie, si
• ^ Par le D' Guggenbulh^ à TAbendherg, en Suisse,
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fréquente dans quelques vallées ; il nous suffit d'en signaler les principaux caractères : atonie du système lymphatique, goitres énormes, chairs pendantes, taille petite et formes boursouflées, sens obtus, voix rauque et inarticulée; enfin imbécillité plus ou moins marquée. Ces malheureux sont traités avec humanité; mais rignorance et certains préjugés des parents les Gondaoment à un défaut complet d'éducation; on ne cherche ni à les occuper, ni à les instruire.
Souvent déjà des amis de l'humanité avaient essayé d'améliorer leur sort; comme ils attribuaient à leur état physique toute la cause du mal, c'était par un traitement physique seulement qu'ils cherchaient à le guérir, et leurs efforts n'ont produit que de bien faibles résultats.
Hais depuis qu'à des soins corporels bien entendus, on a joint une éducation intellectuelle à leur portée ; depuis qu'on a exercé peu à peu leur attention, leur mémoire, leur jugement; depuis qu'on leur a donné quelques commencements d'instruction, alors on a vu leur corps lui-même se transformer graduellement, et participer au développement de cette intelligence qu'à peine on avait osé soupçonner en eux. On a commencé à voir de la vivacité dans leurs yeux, une physionomie expressive sur leur visage. Ils ont pris plaisir à des .occupations auxquelles ils avaient toujours été étrangers, à des exercices du corps pour lesquels jusqu'alors ils avaient eu une répugnance invincible, et l'on a pu remarquer en eux une diminution graduelle des caractères morbides que nous avons indiqués. Ainsi leur développement physique a repris quelque vie, grftce à la vie de leur intelligence,
n est donc vrai de dire que nos organes corporels influent sur le développement de notre intelligence, et que nos facultés intellectuelles, à leur tour, influent sur notre développement physique.
Si maintenant nous examinons le développement moral tel qull se manifeste réellement dans la vie humaine , nous ne lui trouverons pas plus d'indépendance qu'aux deux autres. De
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même que notre pensée ne se produit point âans le concours de quelques organes physiques ^ de même nos sentiments moraux n'existent point sans la pensée. Cette union de Tordre in* tellectuel et de Tordre moral en nous est même tellement intime, que nous ne pouvons pas les concevoir Tun sans Tautre. On ne peut imaginer ni la pensée s'exerçant en dehors de Tinfluence d'une volonté stimulée par des sentiments, ni des sentiments agitant notre cœur, sans que Tidée en existe dans notre intelligence.
C'est notre intelligence qui nous fait démêler et reconnaître les divers sentiments de notre cœur, qui, en les formulant, les rend susceptibles d'être exprimés par la parole, et qui, par conséquent, augmente leurs moyens de s'exercer, soit dans la vie sociale, soit dans la prière. L'intelligence donc contribue évidemment à notre développement moral.
Les intuitions morales, à leur tour, fournissent à Tintelligence ses données les plus nobles et les plus relevées, données sans lesquelles elle resterait confinée dans l'étroite sphère des intérêts matériels. La vie morale agrandit ainsi le domaine de la pensée; mais en même temps elle exerce son activité dans la sphère la plus propre à donner un grand essor à son développement. Il n'y a pas d'intelligence plus morte et plus bornée que celle qui n'est pas réchauffée par quelque sentiment. Ainsi donc notre vie morale contribue à notre développement intellectuel.
Il existe enfin, entre notre développement physique et notre développement moral, une influence réciproque qui n'est pas moins incontestable,, soit que cette action s'exerce d'une manière directe, soit que la pensée en soit l'intermédiaire nécessaire. Souvent notre tempérament physique influe sur notre caractère moral; souvent la maladie apporte le trouble dans Texercice de nos vertus sociales; quelquefois au contraire elle les épure et les vivifie; il est donc vrai de dire que Tétat du corps peut modifier les sentiments. Les sentiments, à leur tour, peuvent modifier Tétat du corps ; c'est s^insi que les émotions
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de Tàme se peignent sur la physionomie ^ que souvent le chagrin vieillit rhomme avant le temps^ et qu'enfin les déchirements du cœur troublent le jeu des organes physiques^ de manière à produire quelquefois les plus graves maladies.
En vain donc, par une abstraction de Tesprit, nous distinguons dans rhomme trois ordres de phénomènes absolument étrangers run à Tautre; dès que nous examinons notre vie réelle, en écartant toutefois les fonctions purement végétatives qui s'exécutent à notre insu, nous n'y trouvons pas un seul acte auquel le physique, l'intellectuel et le moral ne concourent nécessairement tous les trois.
De là vient que ces éducations incomplètes, dans lesquelles on néglige tout un côté de la nature humaine, ne produisent pas toujours des effets aussi désastreux qu'on pourrait s'y attendre. Le côté négligé se développe plus ou moins par Tinfluence indirecte du développement favorisé; il présente quelques progrès qui sufSsent parfois à dissimuler le vide qu'on a laissé former, et l'on s'endort dans une sécurité que peut venir détruire un affreux réveil.
Ainsi le rôle de nos organes physiques n'est point borné à notre développement physique, il s'étend encore à notre développement intellectuel et à notre développement moral. Ainsi nos organes intellectuels contribuent aussi à notre vie physique et à notre vie morale. Ainsi nos organes moraux conclurent, pour leur part, et à notre développement physique et à notre développement intellectuel.
Les trois organismes qui constituent la nature humaine, loin d'être entre eux dans un état d'indépendance et d'isolement, ne sont donc que des organes composés qui, unis à leur tour dans une action commune, forment l'organisme général de l'homme.
Ainsi donc que dans l'ordre physique nous avons vu un organisme de la nutrition, un organisme de la locomotion, un organisme de la sensation, concourir à l'organisme général du corps humain ; ainsi que dans Tordre moral , nous avons vu
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les divers organismes de nos trois tendances et de notre volonté se combiner pour former l'organisme moral ; de même nous voyons notre organisme physique^ notre organisme intellectuel et notre organisme moral se réunir pour constituer un organisme unique^ Torganisme humain.
Le développement de lliomme^ considéré dans son en* semble, est donc encore régi par cette même loi qui préside à chacun des développements partiels qui le composent, par la loi de tout organisme.
Dans un organisme composé, l'action de chaque organe ne s'exerce pas uniformément sur tout l'ensemble ; elle est plus directe et plus puissante sur l'organisme spécial auquel l'organe appartient ; elle est plus indirecte , plus faible , quelquefois d'un effet inverse sur les autres parties de l'organisme général. Voici pourquoi l'éducation conserve le pouvoir de favoriser principalement chacune des parties du développement de l'enfant; mais elle n'y réussit qu'en se conformant aux lois de l'organisme, et qu'en tenant compte, pour chacun des moyens qu'elle emploie, des effets produits à la fois sur le corps, sur l'intelligence et sur le cœur de l'homme qu'elle veut former.
Avant de terminer ce chapitre, nous désirons appeler l'at* tention de nos lecteurs sur les conséquences que nous parait avoir, pour l'étude des sciences morales en général, l'exis^ tence d'un organisme qui comprend l'homme intellectuel et l'homme moral, aussi bien que Thomme physique.
L'organisme, qui régit la nature humaine, doit régir égale* ment l^œuvre de l'homme, chaque fois qu'elle n'est qu'un produit naturel, universel, et en quelque sorte nécessaire de l'activité de ses pouvoirs. Aussi le retrouvons-nous dans le langage, dans la société et dans l'histoire.
Nous avons vu que l'intelligence humaine est un tout organisé ; il en est de même de tout produit naturel de cette intelligence; ainsi la pensée aussi est organisée : elle a ses organes principaux Représentés par les membres de la proposition
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simple; ces organes ont chacun leur fonction propre: ils sont unis par des rapports correspondant k ces fonctions; ces rapports sont représentés dans la proposition^ soit par des mots particuliers^ soit par les terminaisons^ soit par la place qu'occupe le mot dans la phrase. Quand la pensée se complique^ se développe^ des organes secondaires viennent se joindre aux organes principaux^ comme les rameaux poussent sur les branches^ et l'expression de la pensée devient une proposition composée. Puis le langage et la pensée s'étendent et se développent tous deux de plus en plus^ sans cesser jamais de se correspondre fidèlement dans chacun de leurs éléments. Ainsi le langage est organisé comme la pensée; il n'est point une invention, il est une fonction naturelle de l'être pensant ^
La société est, comme le langage, un produit naturel de Tin'* telligence de l'homme, et particulièrement de cet instinct de sociabilité qui est inhérent à sa nature; c'est pourquoi elle est aussi régie par la loi de l'organisme. La famille, cette société élémentaire qui est à la base de toute société, n'existerait pas sans l'organisme qui donne à chacun de ses membres son rôle particulier, son influence et sa dépendance. Cette même répartition des fonctions, ce même concours des forces, cette même dépendance mutuelle des individus, existent dans la tribu la plus sauvage, comme dans le peuple le plus civilisé.
Cette loi organique des sociétés n'est autre chose que le principe d'ordre, la condition de prospérité, que partout et toujours on s'est efforcé de réaliser dans la politique, dans les lois et dans l'administration. Mais elle réside dans la nature humaine, bien plus que dans les institutions; et si elle se manifeste dans celles-ci, c'est qu'elles sont l'ouvrage de l'homme.
L'organisme politique est éminemment variable et imparfait; il n'est qu'une invention plus ou moins arbitraire, plus ou moins bien appropriée aux besoins particuliers de temps et de lieu qu'elle est appelée à satisfaire. Sa perfection consisterait
» Voyez reusjigiienienl de la grammaire oi^aniquc, %* pai-lic, livre 4Ij ch«un.
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dans sa conformité avec cet organisme social naturel ^ qu'il ne constitue pas, avec lequel il doit se fondre, et qui comprend les organismes des associations particulières, des familles et des individus.
L*Œuvre des institutions politiques consiste essentiellement à protéger dans les individus les éléments organiques de toute sociabilité perfectionnée : la liberté, la sécurité, le travail, la propriété. Ces éléments suflSsent pour faire des merveilles.
Transportez-vous dans une rue populeuse de Paris, au milieu de cette foule affairée qui se croise dans tous les sens : Tun nettoie, Fautre transporte des denrées ou des matériaux, celui-ci sort d'un atelier, celui-là entre dans une bibliothèque; chacun est à sa propre affaire, et cependant chacun travaille pour les autres. Sortez ensuite de la capitale, et voyez les bateaux qui sillonnent la rivière, les voitures qui parcourent les routes^ les trains qui volent sur les voies ferrées; ce sont des approvisionnements destinés à un million d'hommes qui n'y pensent point. Ainsi, chacun de ces travailleurs qui, guidés par leur propre intérêt, déploient tant d'activité, n'est qu'un organe imperceptible de ce corps social qui ne vit et ne prospère que par le concours de tous. Mais aussi, dans cette grande ville, il n'y a pas une denrée qui n'arrive fraîche, à point nommé, et en quantité suffisante pour tant de consommateurs divei*s, pas une famille qui ne trouve chaque matin à sa portée les choses dont elle a besoin, pas un jour où tout ne soit prêt pour satisfaire les goûts ou les caprices les plus variés.
Ue pareils résultats dénoteraient une sagesse, une sagacité et une prévoyance merveilleuses dans l'homme qui dirigerait ce concours et cette combinaison d'efforts; mais ce n'est point ici l'œuvre d'une seule volonté et d'une seule intelligence; c'est une œuvre collective non -seulement dans son exécution matérielle, mais encore dans les mobiles et les calculs qui l'enfantent. Ici l'action de la police joue sans doute un rôle nécessaire; mais ce rôle se borne à écarter les éléments de trouble pour laisser aux autres leur libre activité; l'administration publique
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peut bien protéger le travail^ elle peut lui fournir des éléments de puissance j des conditions d^ordre et de sécurité; elle ne peut ni le susciter^ ni le répartir^ ni le coordonner.
Cette œuvre immense et compliquée^ qui fait concourir les forces de tous à la satisfaction des besoins de cbacun^ est un effet de la vie organique de la société humaine ; ce n'est autre chose que cette vie se manifestant dans Tordre des intérêts matériels^ c'est-à-dire par un organisme économique.
L'organisme économique n'est point borné à une seule ville ou à une seule nation ; il embrasse les peuples les plus divers^ il s'étend aux contrées les plus lointaines; et chaque année il fera quelque nouvelle conquête jusqu'à ce qu'il ait soumis à son empire toute l'étendue du monde habitable ^
De même que nous avons reconnu l'organisme dans l'homme et dans la société^ de même nous le retrouverons dans la succession des hommes et des sociétés^ c'est-à-dire dans l'histoire^ qui n'est que le développement de l'humanité^ comme l'éducation est le développement de l'individu.
Chaque homme vient au monde avec cette incapacité de corpsj d'esprit et de cœur^ qui est le point de départ de toute éducation; mais les conditions de son développement sont bien différentes selon l'état de la société dans laquelle il est né. C'est aux personnes qui l'entourent qu'il doit les soins qui fortifient son corps, le langage qui forme son intelligence^ les intuitions morales qui ennoblissent son cœur. Et si son développement ne peut être que l'œuvre des propres forces que Dieu lui a données, c'est une œuvre d'assimilation par laquelle il s'approprie le développement de la société dans laquelle il vit.
La société à son tour profite des travaux^ des progrès^ des découvertes de chacun de ses membres, s^approprie en quelque sorte le développement de chaque individu, et conserve ainsi l'œuvre de chaque génération pour la transmettre à la génération suivante.
> Voyez l*eiueignemeDt de l'économie poUtique, 3* partie, livre II, ch. XIV.
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Mais chaque progrès ne vient point uniquement se joindre par addition au domaine de l'humanité ; il y entre comme facteur^ parce qu'il y est une cause de progrès nouveaux. C'est ainsi que chaque nouvelle idèe^ chaque nouvelle découverte^ devient un élément actifs un organe du grand travail de l'humanité^ et en multiplie la puissance.
Le développement de Thumanité à travers les siècles résulte donc de Taction combinée de tous les développements individuels ; et ceux-ci y jouent le même rôle que les organes dans la vie d'un corps organisé.
Cest pourquoi l'histoire n^est point seulement une succession de faits^ mais une vie de l'espèce humaine avec ses phases diverses^ avec ses progrès tellement liés dans leur enchaînement^ que chacun d'eux peut être considéré à la fois comme la conséquence de ceux qui le précèdent et comme la cause de ceux qui le suivent; c'est pourquoi en histoire l'ordre chronologique est en même temps Tordre logique et l'ordre génétique ; c'est pourquoi enfin cette vie de l'humanité est soumise à la loi de l'organisme conune toute vie que nous connaissions ^
^ Voyes renseignement de Thistoire, 2* partie^ livre n^ ch. xf . «