‹ La philosophie et la pratique de l'éducationChapitre 17 sur 67 · EXBRGIGB ET FATIGUE DES ORGANES · texte numérisé non relu

EXBRGIGB ET FATIGUE DES ORGANES

facflement même par le repos^ elle constitue une maladie plus ou moins dangereuse de Torgane fatigué ; cette dernière espèce de fatigue est la seule à redouter^ la seule que Téducation doive s*effbrcer de prévenir.

Dans Tordre physique^ nous avons à considérer la fatigue des muscles et celle ^es sens.

La fatigue des muscles est en général facile à prévenir^ parce que la sensation ordinairement douloureuse qui la précède se manifeste clairement^ et prescrit le repos d'une manière presque impérieuse. A moins que Teffort de Torgane mosculûre n'ait été très violent^ un repos égal en durée h l'activité qui a précédé suffira pour dissiper toute lassitude; pour un travail modéré comme celui de Partisan ou du laboureur^ il ne faudra qu'une ou deux heures de repos après trois ou quatre heures d'exercice; enfin après la journée la plus laborieuse^ ie repos de la nuit doit réparer les forces du travailleur.

Tan^ qu'il en sera fdnsi^ tant que vous verrez la lassitude de votre élève se dissiper par le repos^ vous n'aurez rien à crain^ dre; mais si vous la voyez persister après une interruption su^ fisante du travail qui l'avait causée^ si surtout elle reparaît dès le matin après une nuit de sommeil^ alors vous devez en conclure que son travail a excédé ses forces^ alors fl est de votre devoir de vous appliquer^ avant tout^ à guérir le mal qui se montre à vous^ et à réformer les exercices qui avaient produit ces funestes effets.

La vue et l'ouïe sont les seuls de nos sens dont l'éducation ait à prévenir la fatigue^ parce que ce sont les seuls qu'elle soit appelée à exercer d'une manière régulière.

La fatigue de l'ouïe n^est à redouter que dans quelques circonstances particulières. Ainsi l'on sait qu'il ne faut point exposer l'enfant au berceau à des bruits violents et prolongés^ que l'impression^ même agréable^ produite par une musique puissante peut à la longue affecter d'une manière fftcheuse les personnes qui n'y sont pas habituées. Mais l'éducation^ dans

Wt PRINCIPES GÉNÉRAUX.

les pratiques qui lui sont ordinaires^ n'est point exposée à fatiguer l'oreille des enfants; les leçons de langue et de musique sont presque les seules occasions où elle exerce le sens de Touïe^ et la lassitude de l'attention s'y manifeste toujours avant celle de l'oreille.

Il est bien plus important de veiller à prévenir la fatigue de la vue^ car de nos jours l'enseignement la met constamment en œuvre^ et la lassitude ne se manifeste pas toujours à l'enfant de manière à l'avertir du danger. Souvent on voit un écolier se frotter les yeux machinalement^ sans se plaindre; et ce n'est que plus tard^ quand l'état maladif des organes se montre par des signes apparents^ qu'on reconnaît les effets de la fatigue. Ce danger d'une lassitude des yeux^ dont on n'a pas soi-même clairement la conscience^ n'est point propre à l'enfance seulement : il se présente dans tout le cours de la vie.

De là résulte pour l'instituteur le devoir d'une surveillance as* sidue. Il cherchera à prévenir la lassitude des yeux dans tous les exercices qui leur imposent un rôle actif; ainsi il fera en sorte que la lumière des fenêtres ou des lampes ne frappe point directement les yeux de l'enfant^ mais seulement le tableau^ le livre ou le cahier qui doit fixer ses regards; il veillera à ce que cet objet soit toujours suffisamment éclairé et à ce qu'il ne le soit pas trop; car l'éclat luxuriant de nos lampes perfectionnées est peut-être aussi funeste à la conservation de la vue, que pouvait l'être autrefois l'insuffisante lumière de la chandelle. Mais après avoir pris toutes ces précautions^ l'instituteur n'en veillera pas moins avec soin sur chacun de ses élèves^ pour épier les premiers signes par lesquels pourrait s'annoncer la lassitude de leurs yeux^ et pour donner aussitôt à ces organes le repos dont ils ont besoin.

La fatigue de l'intelligence est plus dangereuse encore que celle du corps^ parce que les symptômes en sont plus difficiles à discerner. Combien de fois n'attribue-t-on pas à la paresse ou au mauvais vouloir Tinactivité d'esprit d'un enfant pendant sa leçon^ quand elle a pour seule cause la lassitude des facultés

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