SOLIDARITÉ ET SUBORDINATION DES ORGANES
teUigeuce. On verra ^ au chapitre YI^ que rinstruction d'un enfant ne perdra rien ni en solidité, ni en étendue, pour avoir repris la place subordonnée qui lui appartient.
Tant qu'on a voulu travailler à Tinstruction d'un enfant, sans développer d'abord dans son cœur les vertus qui devaient diriger sa conduite, sans donner à son corps tout l'exercice que réclame sa période de croissance, on a été obligé de recourir soit à la contrainte, soit à une excitation artificielle, pour obtenir de lui une application et des efforts qui n'étaient point dans sa volonté. C'est alors que souvent on a vu les exigences de l'étude faire obstacle à celles de la santé ou de la moralité ; c'est alors que ces trois faces de l'éducation : le soin du cœur, le soin du corps et le soin de l'intelligence, ont paru constituer pour l'éducation trois buts jusqu'à un certain point contradictoires, en ce qu'il semblait impossible de les poursuivre tous trois simultanément.
Mais qu'on restitue à l'éducation morale la prééminence qui lui appartient, qu'on favorise l'exercice des bons sentiments dans le cœur de Tenfant, alors l'amour du bien et du devoir tend de plus en plus à devenir le mobile de sa volonté, et l'éducateur n'a plus besoin d'excitations artificielles. Qu'en même temps on laisse prendre à son corps tout l'exercice nécessaire au développement de ses organes physiques, et un besoin non satisfait de mouvement ne vient plus donner à l'enfant ce dégoût de l'étude qui souvent n'a pas d'autre cause que l'immobilité exigée pendant les longues heures des leçons. Alors l'élade n'est plus entravée par le mauvais vouloir ou par le dégoût de l'élève ; elle profite au contraire de toutes ses forces, de toute son activité ; elle lui donne une instruction solide, qu'il pourra appliquer au besoin , parce qu'elle lui appartient bien réellement.
Ainsi l'on remet chaque chose à sa place, et l'on reconnaît que nos forces morales , nos forces physiques et nos forces intellectuelles se prêtent un mutuel appui, qu'elles concourent également au progrès de notre organisme, et qu'enfin les trois
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buts qui avaient paru différents n'en font réeUement qu'un seul; savoir le développement de Tbomme par Texercice de tous les organes qui doivent lui faire accomplir la noble destinée à laquelle son Créateur l'appelle.