‹ La philosophie et la pratique de l'éducationChapitre 29 sur 67 · DE LA METHODE D'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

DE LA METHODE D'ENSEIGNEMENT

Si par méthode on entend tout moyen employé systématiquement pour instruire les enfants, la méthode varie seloti l'objet de f enseignement et stelon le nombi^e des élèves qtd lé reçoivent. A ce point de vue il n'y a pas de méthode générale, et nous devons renvoyer le leeteur aux chapitres de cet otivrage qui traitent des diverses branches d'instruction ; nous y exposons pour chacune d'elles la méthode à suivre, soit que l'ensei-» gnement se donne à un seul enfant, soit qu'il s'adresse à une classe entière.

iMais il existe des règles générales qui s'appliquent également

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à tous les objets d*étude et à toutes les circonstances pai*ticulîères dans lesquelles l'instituteur peut se ti^ouver; ce sont elles qtli constituent pour nous la méthode générale dont nous avotis à ndus occuper ici.

Cette méthode n'est outré chose que Tordre à suivre dans la mise en arctivité des facultés dô Pelîfant, dans les objets qu'on expose à son observation ^ dans les idées qu^ôn soumet à son pouvoir d'assimilation ; c'est Tordre naturel qui préside au développement dé sou Organisme ; c'est Tordre dans lequel se manifestent ses goûts et ses besoins intellectuels ainsi que ses divers genres de capacité ; c'est enfin Tordre suivi par Thumânité pour réaKseï' ses progrès dé toUt genre. Cet ordre est un , universel ; il ne peut donc y avoir qu'une seule méthode générale de laquelle doivent dériver les diâérënts modes dé procéder que nécessite la diversité des branches d'enseignement^ des individualités^ et de toutes les circonstances spéciales de but 6U de moyen dans lesquelles Téducation peut se trouver.

Nous croyons devoir citer une page de Pestalozzi, dahs laquelle il cherche à donner une idée de l'unité et de la généralité de la méthode :

a N'existe-il pas un point de départ général et primitif de toute culture? un point de départ duquel sortirent dès le premier jour de la création du genre humain les germes de tout son savoir et de toute son activité ^ duquel surgit le développement qui amena toute découverte et toute science^ tout savoir-faire et tout art^ toute coutume et toute institution ? un point dé départ derrière lequel il n'y a plus rien et il ne peut y svdir plus rien , dans lequel tous les éléments de la éUltute se trouvent en puissance d'être, duquel tous les objets et tous les moyens de l'enseignement rayonnent comme des directions diverses qui doivent être embrassées graduellement? Ce point de départ devrait nécessairement exister dans la nature humaine, dans ses facultés essentielles, dans ses dispositions immuables, n serait donné à chaque enfant comme il fut donné

1 64 SDOCATtON INTELLECTOBIXE.

au premier homme; et chaque enfant devrait commencer conune le premier homme commençai »

Le point de départ dont parle Pestalozzi est le premier élément^ la première condition de cet ordre qui pour nous constitue la méthode ; Tinstituteur ne peut rien sans Tavoir trouvé et adopté; aussi devons-nous donner ici les explications nécessaires à cette recherche.

Pour trouver le point de départ absolu du développement d'un enfant^ il faudrait remonter à sa naissance. L'enseignement n'est point appelé à reprendre les choses de si haut; aussi ne peut-il adopter qu'un point de départ relatif : ce sera pour chaque enfant le point où son travail intellectuel est déjà parvenu^ ce sera pour chaque science les idées intuitives qui lui servent de prémisses. Examinons successivement^ sous ces deux points de vue^ ce qu'il faut faire pour reconnaître le point de départ.

Pour pouvoir constater le point auquel est parvenu le déve* loppement d'un enfant^ il faut bien connaître la marche de ce développement; il faut remonter par la pensée aux premiers actes par lesquels il s'est manifesté^ et suivre la chaîne de leurs progrès successifs. Cette évolution des pouvoirs de l'intelligence a été exposée dans la première partie de cet ouvrage (ch. IIl); nous n'avons donc pas à y revenir ici.

Pour l'instituteur qui connaît cette marche^ il n'est point diflScile de se rendre compte^ dans un moment donnée de l'état de développement de l'esprit d'un enfant. Il suflBt de le mettre a l'œuvre; de le faire observer^ comparer Juger et parler; mais il est essentiel de s'assurer que ses paroles correspondent bien à des idées qui lui appartiennent^ qu'elles expriment ses propres observations^ ses propres jugements^ que ce n'est point sa mémoire seule qui a été exercée. Alors on le voit en quelque sorte élaborer des idées; on reconnaît la puissance de son attention, de sa mémoire, de sa réflexion, de son jugement; on

* Peitaloitii Wochinachnft fur Menschenbildungi t. T, p. 188.

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