INTUITION DES FORMES, ÉLÉMENTS DE GÉOMÉTRIE, DESSIN
UNÉAIRE, PERSPECTIVE
De même que l'idée intuitive des nombres et de leurs rapports est la première condition de l'intelligence du calcul, de même l'idée intuitive des formes et de leurs rapports est la première condition de l'intelligence de la géométrie et du dessin. Ainsi que nous avons donné à l'enfant l'idée des rapports
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dea nombres par des exercices de composition et de décompo^ i^ttion des nombres^ ainsi nous lui donnerons l'idée des rap< port6 des formes en lui faisant découvrir^ d'abord les éléments simples de la forme, puis les diverses combinaisons de ces éléments. Cherchons donc quels sont pour nous les éléments pre* miers de l'appréciation de la forme.
Nous ne voyons la forme d'un corps que par le contraste entre les différents effets de lumière produits, soit sur les surfaces du corps, soit sur les autres corps qui, pour notre œil, lui servent de limites. Le lieu de la manifestation de ce contraste n'est autre chose que la limite entre deux surfaces dîveiv sement éclairées, c'est-à-dire une ligne. C'est donc par des lignes que nous jugeons de la forme, et les lignes sont les éléments les plus simples que nous ayons à étudier et à combiner pour parvenir à une idée claire et juste des formes.
Nous commencerons donc par faire remarquer à l'enfant les lignes que présente un objet quelconque exposé à ses yeux; il prendra ainsi une idée juste de la ligne, car il ne la verra que comme limite de surface ; puis nous lui ferons voir comment nous représentons les lignes sur le tableau noir à l'aide de la craie, ou sur le papier à l'aide du crayon. C'est ainsi seulement que l'enfant comprendra bien réellement ce que c'est que le dessin linéaire dont nous allons avoir besoin continuellement.
Nous montrerons d'abord à l'enfant des lignes droites et des lignes courbes; nous les lui ferons distinguer les unes des autres, mais sans chercher à lui en donner des définitions. Nous considérerons ensuite les lignes droites par rapport à leur position , et nous apprendrons à l'enfant à distinguer facilement et à nommer les lignes verticales, horizontales et obliques; puis nous lui ferons reconnaître les lignes parallèles et les lignes non parallèles.
Maintenant, à l'aide de ces {nremières notions, nous conoh mencerons une série d'exercices qui auront pour but de faire découvrir à l'enfant les résultats possibles de la combinaison des lignes, et de les lui faire dessiner ; c'est ce que Pestalozzi
imUlTION DBS FORMES, ÉLÉM. DBCéolf., DB96IN LIN., PERSPECT. t3f
appelait le rapport deê formes; il consiste dans une suite bien graduée de problèmes à résoudre graphiquement sans régie ni compas ; l'enfant n'y parvient qu'en appliquant son esprit inventif à combiner de diverses manières les lignes qui lui sont données ; il faut donc qu'il puisse effacer facilement tout essai infructueux^ c'est pourquoi il convient de faire usage de tablettes d'ardoise sur lesquelles on écnt avec des touches da même substance.
Les exercices que nous allons décrire sont à la portée d'enfants de quatre à cinq ans^ auxquels ils inspirent un intérêt très vif; ils les préparent au dessin^ et surtout ils les mettent en état de trouver eux-mêmes ^ à T&ge de dix ans, la plupart des démonstrations de la géométrie élémentaire.