LIVRE I
La naissance est le point de départ de notre développement intellectuel et moral; elle n'est point celui de notre développement physique. L'enfant a vécu dans le sein de sa mère et y a acquis tous ses organes essentiels; mais ces organes sont bien différents entre eux par leur puissance comme par leur destination.
La vie animale comprend deux ordres de fonctions : celles de la vie végétative^ c'est-à-dire la nutrition avec ses accea-
soires tels que la circulation^ la respiration^ etc.; celles de la vie de relation^ qui distinguent Tanimal du végétal^ c'est-à-dire la locomotion et la sensation.
La plupart des organes de la nutrition ont fonctionné avant la naissance; il en est cependant qui sont restés inactifs parce que la vie utérine de Tenfant n'était point entièrement indépendante. Ainsi la mère a respiré pour la faible créature qu'elle portait dans son sein ; celle-ci néanmoins a acquis des organes respiratoires complètement formés^ et qui entreront en exercice au premier contact de l'air.
Au moment de la naissance^ les organes de la vie végétative ont déjà fonctionné^ ou bien sont parfaitement prêts à entrer en fonction. Une admirable disposition de la Providence a voulu que ces organes^ indispensables à toute vie^ pussent accomplir leur tâche sans aucun apprentissage^ et même indépendamment de la volonté et de Tintelligence de Fétre auquel ils ont été donnés. Ici l'instinct pourvoit à tout. Mais Dieu^ en assurant ainsi^ dans son infinie sagesse^ l'existence du nouveau-né^ en donnant lui-même un puissant essor à cette vie végétative que nous n'avons pas vue commencer^ a soustrait une partie de notre développement physique à nos investigations et à notre pouvoir. L'enfant naît avec des dispositions physiques^ soit individuelles^ soit de famille et de race^ que l'éducation doit étudier^ ou pour les subir^ ou pour les combattre^ mais avec lesquelles elle doit toujours compter.
Pendant sa vie utérine^ l'enfant a exécuté des mouvements; peut-être a-t-il éprouvé des sensations. Cependant on peut dire que sa vie de relation n'existait pas^ car elle n'avait pas de raison d'être ; il ne pouvait rien chercher et rien éviter.
Ainsi^ au moment de la naissance, les organes de la vie de relation n'ont point encore fonctionné; ils sont formés maté* riellement, et cependant incapables encore de servir le nou-* veau-né; ils attendent les ordres de la volonté et les directiona de l'intelligence pour entrer en exercice» et cet exercice ne aero d'abord qu'un apprentissage lent et gradué. Quelquefoiiy
il est yni, dès la oaissance^ et par leur constitution méme^ ces organes sont affectés de prédispositions particulières; mais oelles-d du moins n'ont pas encore exercé leur influence^ nous pouvons en observer les premières manifestations^ nous pou» V1HIS dès le commencement imprimer aux exercices qui les Goncement la direction qui nous parait la plus favorable.
La naissance est donc le point de départ de notre vie de rektioD^ aussi est-ce sur celle-ci que Téducation a le plus d'empire.
Ces consid^tions étaient nécessaires pour nous donner une idée exacte de l'état dans lequel le corps du nouveauHdé se présente à notre étude; elles nous feront mieux comprendre^ d'abord la marche et les lois de son développement ultérieur^ puis les difficultés et les ressources de l'éducation.
L'enfant apporte en naissant des organes de nutrition capables de lui rendre immédiatement les services auxquels ils sont destinés; mais dans ce premier âge ces services sont bien restreints en comparaison de ce qu'ils doivent devenir; et ces organes, quoique complets sous le rapport de leur destination actoelle, sont bien faibles et bien incomplets par rapport aux fonctions que plus tard ils auront à remplir.
Le nouveau-né ne peut avaler qu'un liquide, et son estomac ne peut digérer que le lait de sa mère; mais ce seul acte suffit pour donner l'essor à son développement. Par ce travail d'assimilation, principe admirable et mystérieux de toute vie organique, le corps de l'enfant s'est approprié les parties nutritives d'un corps étranger; il les a fait circuler dans tous ses membres, il les a déposés dans tous ses organes, il en a fait sa propre substance. L'estomac lui-même s'en est fortifié, il a augmenté 90D pouvoir en l'exerçant. Un sang de plus en plus riche et dKmdant s'est porté au cœur; il a nourri et fortifié cet organe dont les fonctions ont doublé depuis la naissance, et qui main<tenant renvoie ce sang aux poumons pour le vivifier au contact de Fair. Cest ainsi que tous les organes de la circulation et de la respiration, comme ceux de la digestion, s'accroissent et
se fortifient incessamment par Texercice même de leurs fonctions.
Mais la nutrition chez Tenfant ne se borne pas à augmenter et le volume et la puissance des organes déjà formés et déjà nécessaires; elle fait plus : elle prépare et développe de nouveaux organes qui dans une période subséquente entreront en exercice à leur tour^ et seront^ pour le corps entier^ les instruments d^m nouveau développement. C'est ainsi que les dents se forment et croissent peu à peu dans leurs alvéoles^ que bientôt elles soulèvent les gencives^ et qu'enfin celles-ci s'ouvrent pour laisser paraître ces organes nouveaux qui rendront l'enfant capable de s'approprier une nourriture plus substantielle et plus variée et donneront ainsi un nouvel élan à ses progrès.
Ceci n'est point un traité de physiologie^ aussi n'avons-nous fait qu'effleurer l'histoire du développement des organes de la vie végétative; et cependant l'aperçu qui précède suffirait pour nous faire entrevoir déjà la loi qui préside à tout développement organique. Mais cette loi nous apparaîtra plus claire et plus frappante^ quand nous aurons étudié la vie de relation^ dès ses premières manifestations jusqu'à son entier développement.
A la naissance^ les organes de locomotion sont formés^ il est vrai^ mais non point de manière à exercer immédiatement les fonctions auxquelles ils sont appelés : leurs premiers essais semblent n'indiquer que la faiblesse et l'impuissance.
Tous les os sont à leur place^ mais ils manquent de consistance^ parfois de continuité^ et quelques-uns d'entre eux ne sont encore que des cartilages. Les ligaments qui les unissent, les muscles qui doivent les faire mouvoir sont encore faibles et insuffisants. Et cependant ce débile appareil est dès le commencement capable de quelques actes sans lesquels son développement ne s'opérerait jamais.
Dès sa naissance^ l'enfant crie, il remue sa tète, ses bras et ses jambes, il exerce tous les pouvoirs dont il est doué. Mais
la fatigue survient^ et il s'endort. Puis^ dès son réveil^ il recommence à crier et à mouvoir ses petits membres. Peu à peu sa voix se fortifié et ses mouvements deviennent plus énergiques et plus assurés. Les organes qui les premiers sont entrés en activité sont aussi les premiers à gagner en fotce et en volume^ et leur développement s'opère en proportion de leur exercice. Lorsque l'enfant peut se tenir assis^ il se livre à mille jeux qui donnent à ses bras et à ses mains une activité continuelle; aussi ces membres prennent-ils alors un développement rapide^ tandis que les jambes^ encore presque inutiles^ demeurent petites et faibles. Mais dès qu'il commence à marcher^ les membres inférieurs se dédommagent de cette inaction relative dans laquelle ils étaient restés si longtemps; ils exercent leur nouveau pouvoir tant que la fatigue ne vient point leur commander le repos; leurs os se durcissent^ leurs ligaments se fortifient^ leurs muscles s'accroissent^ et bientôt le développement des jambes a rattrappé celui des bras.
La disposition naturelle de l'enfant à jouer est une admirable dispensation de la Providence^ qui l'invite à donner à ses membres l'exercice nécessaire à leur développement^ jusqu'à Fftge où cet exercice pourra et devra être remplacé par un travail productif.
Le fait d'un développement plus énergique des organes les plus exercés n'existe pas dans Tenfance seulement; il est inhérent à toute vie organique^ et il ne diminue qu'avec elle sous les atteintes de la vieillesse.
Ainsi^ dans la jeunesse et dans l'âge mûr^ les membres employés à un travail constant acquièrent un développement remarquable, tandis que ceux qui restent dans une inaction relative demeurent plus petits et plus faibles.
Les métiers qui astreignent l'homme à un travail journalier dans lequel certains membres seulement sont en activité, nous montrent chaque jour les effets de cette loi : les tailleurs, les cordonniers, ont les bras forts et les jambes faibles, tandis que ces messagers des campagnes dont la marche constitue le seul
travail ont au contraire les bras faibles et les jambes fortes. Les forgerons^ les chaudronniers^ lorsquHls n'emploient que le bras droite perdent bientôt la symétrie de leur développement; ils ont au côté droit l'épaule^ le bras^ la main beaucoup plus forts qu'au côté gauche.
Les habitudes qui dispensent quelques-uns de nos organes des fonctions qu'ils sont appelés à remplir^ les privent par là du développement qu'ils devaient acquérir; c'est ainsi que la femme habituée au corset ne peut plus s'en passer^ parce que les muscles qui devaient soutenir la colonne vertébrale se sont affaiblis dans l'inaction.
Si les effets que nous venons de signaler ne sont pas plus frappants encore et plus f&cheux^ c'est d'abord parce que les circonstances ordinaires de toute vie humaine exigent plus ou moins le concours de tous les organes^ et n'en laissent aucun dans une inaction absolue. C'est ensuite parce que nos organes ne restent point entre eux dans un état d'indépendance et d'isolement; ils sont liés dans l'organisme par une sorte de solidarité qui/ dans une certaine mesure^ fait profiter les uns du progrès des autres.
Ainsi; par exemple^ le travail des bras fortifie les muscles du tronc dans sa partie supérieure et même les os qui entourent la cavité thoracique ; il résulte de là que le développement de la poitrine dépend en partie de celui des extrémités supé* rieures. C'est ce fait^ souvent signalé^ qui a fait recoçnahro l'utilité d'une gymnastique bien entendue conome moyen de prévenir la phthisie.
Il nous reste à observer les premiers actes et les progrès des organes de la sensation ; et pour abréger nous ne parlerons que des sens les plus importants : la vue^ l'ouïe et le toucher.
Leurs appareils^ si admirables^ existent dès la naissance et sont tout prêts à entrer en fonctions; mais leurs fonctions^ sans utilité immédiate pour le nouveau-né^ ne peuvent ôlre considérées dans leurs commencements que comme des exer* oices d'apprentissage.
ÉTU9B DU DÉVBLOPPBMBNT PHT8IQUI. 7
L'enfant d'abord n'aperçoit de ses yeux qu'une lumière éclatante; et dans ces premiers temps sa mère est heureuse de lui TOir suivre du regard la flamme de la bougie qu'on transporte autour de lui. Plus tard il voit les couleurs vives et les reflets brillants. Plus tard encore il reconnaît le regard de sa mère et les otjets qui Tentourent. Plus il a vu et plus il veut voir; tant qu'il est éveillé^ il regarde sans cesse autour de lui; son regard passe souvent d'une cbofe à l'autre^ mais souvent aussi s'arrête avec une singulière constance sur un objet nouveau. C'est par cet exercice habituel que la vue de l'enfant acquiert peu à peu la puissance dont elle aura besoin pour le servir.
Il en est de même de l'oreille; elle ne perçoit d'abord que le bruits plus tard elle distinguera les sons^ et ce ne sera que par un ai^rentissage lent et gradué qu'elle parviendra à reeonmdtre, d'abord les chants et les inflexions de voix^ puis enfin la parole articulée^ que l'enfant commence à comprendre longtemps avant le moment où il s'essaye à l'imiter.
La main est l'organe essentiel du toucher; par sa forme^ par la disposition^ la mobilité et la souplesse de ses parties^ par l'eiquise sensibilité de sa peau^ elle suffirait à élever l'homme bien an-dessus des animaux; un pareil instrument ne pouvait être destiné qu'à l'intelligence humaine. Et c'est peut-être dans cet organe que l'incapacité du nouveau-né se montre de la ma« aière la plus frappante.
L'enfant au berceau ne peut faire de ses mains aucun usage utile ; leurs muscles sont sans force et leurs mouvements sans précision; h mobilité des doigts et la sensibilité de la peau^ encore peu développées^ ne pourraient par elles-mêmes donner aucune idée de la perfecticm qu'elles doivent atteindre. Néanmoins l'enfant ne laisse point ses mains inactives; il eslaye sans cesse de saisir les objets qu'elles rencontrent, et c'est dans ce premier exercice qu'elles commencent à acquérir quelque puissance.
Mais bientôt le toucher devient un moyen d'investigation inleDigente, et c'est alors qu'il se développe rapidement.
8 irUDB DU DÉVELOPPEMENT PHYSIQUE.
La Yue encore inexpérimentée de Tenfant lui présente tous les objets qui Tentourent comme étant dans un même plan; elle ne lui donne pas Tidée de leur distance. Mais il étend la main pour les saisir^ et le toucher complète et rectifie la connaissance acquise par les yeux. Le toucher sert aussi de contrôle à la vue^ quand Tenfant palpe un objet de manière à connaître mieux sa grosseur^ sa forme^ le poli ou les aspérités de sa surface. Enfin sa main lui sert encore à acquérir sur la nature des corps des notions que la vue seule ne pouvait lui fournir^ celles de température^ de dureté et de pesanteur.
Lorsque viennent ses premiers jeux^ les mains en sont le principal instrument^ et dans la variété et dans la continuité de cet exercice elles gagnent peu à peu toutes les qualités qui leur manquaient^ qualités qui dans la suite peuvent être portées à une étonnante perfection par la pratique habituelle de certains procédés de l'industrie ou des beaux-arts.
C'est ici le lieu de remarquer le secours que les divers sens se prêtent réciproquement. Nous venons de voir déjà le toucher contrôler la vue et suppléer à ses données. L'enfant est sans cesse occupé à compléter par le moyen d'un sens le connaissance qui lui est apportée par un autre : il regarde sa bonne quand elle chante; le chien quand il aboie; la sonnette quand il en entend le son; il porte à sa bouche les objets qu'ont pu saisir ses petites mains. Ainsi chaque sens contribue plus ou moins par son propre développement au développement des autres sens et de l'organisme entier.
Cet accroissement que l'exercice donne au pouvoir des sens se remarque souvent jusqu'aux approches de la vieillesse^ et les organes de la sensation^ plus encore que les autres^ sont susceptibles d'un perfectionnement qui, s'il n'est pas indéfini^ peut atteindre un degré dont la plupart des hommes restent à une distance immense. On connaît, et l'extrême finesse du toucher des aveugles, obligés à faire constamment usage de ce sens pour suppléer celui dont ils sont privés; et la vue perçante du marin qui distingue à l'horizon des objets invisibles
ÈTOÙE DU DÉTELOPPEMENT PHYSIQUE. 9
pour des yeux moins exercés ; et la puissance de Todorat et de Fouie des sauvages de TAmérique^ qui flairent la trace de leurs ennemis, et qui entendent le bruit de leurs pas à des dislances prodigieuses.
Mais si nos organes ne se développent que par Texercice, ils ont aussi besoin de repos pour conserver leur puissance. Dieu nous a rendus sensibles à'ia fatigue comme à un avertissement salutaire qui, quand la passion ne nous maîtrise pas, sufSt pour nous faire distinguer Tusage de Tabus.
La vie du petit enfant éveillé est un exercice continuel; mais c'est un exercice varié. Dès qu'un jeu le fatigue, il Tabandonne pour un autre. Ainsi ses divers organes passent souvent de Tactîvité au repos.
Trop souvent Thomme fait çst obligé par son état à un travail sans variété; trop souvent l'excès de ce travail affaiblit les organes qu'il met en œuvre. Ces tristes exemples ont été la cause d'une erreur assez répandue : on a attribué au travail lui-même une tendance qui n'appartient qu'à ses excès; on a dit : Le travail use; tandis qu'au contraire le travail conserve et fortifie.
Les fonctions que nous venons de considérer successivement, la nutrition, la locomotion et la sensation ne sont point séparées et indépendantes dans leur exercice. Chacune d'elles sert les deux autres : la nutrition entretient les organes du mouvement et des sens; elle répare leurs pertes, elle pourvoit à leur accroissement. L'appareil de la locomotion fournit la matière alimentaire aux organes de la nutrition; il contribue par un grand nombre de ses muscles et par quelques-unes de ses pièces solides aux divers actes de la déglutition, de la digestion, de la circulation et de la respiration ; il n'est pas moins nécessaire à Texercice des sens et il constitue plusieurs parties de leurs organes. La sensation enfin, qui fait connaître à l^omme le monde extérieur, est un moyen d'investigation indispensable, soit pour le guider dans ses mouvements, soit pour lui faire reconnaître les corps qui peuvent servir à sa nourriture.
40 âruDB PU oéTBLOPPKMnrr phtsiqds.
Ainsi^ appelés chacun à un développement partieulier^ madi unis par la solidarité de leurs actes^ nos divers organes^ lorsque réquilibre normal de leurs fonctions n'a point été rompu ^ contribuent à l'harmonie et à Tunité de développement du corps entier.
Nous n'avons tracé qu'une rapide et légère esquisse du développement physique de l'homme; parmi les nombreux e&emples qui se présentaient, nous n'avons cité que ce qui nous semblait indispensable; le lecteur pourra y suppléer. Et cependant, en étudiant cette admirable évolution physique qui de l'enfant fait un homme, nous avons constaté les moyens par lesquels la nature change ainsi la faiblesse en force, l'incapacité en pouvoir. Maintenant nous pouvons reconnaître la loi générale qui préside à ce développement.
L'enfant naît avec des c^ganes qui, par une disposition' pro* videntielle, exercent aussitôt les fonctions dont ils sont ca* pables; les uns servent déjà à l'entretien de la vie, ils assi* Hiilent des corps étrangers au corps de l'enfant et pourvoient ainsi à l'accroissement de toutes ses parties; les autres ne travuUent encore que dans l'intérêt de leur propre développement; tous s'augmentent et se fortifient par l'exercice, et en proportion de leur activité : Ubi stimiUus, ibi fluxus. Mais chaque organe en se développant contribue aussi au développement des autres organes et à celui du cotps entier. La matière assimilée, en entrant dans l'organisme, devient organe à son tour et sert d'instrument à un nouveau développement; en sorte que tout progrès devient aussitôt cause et moyen d'un progrès nouveau. Le développement se fait par degrés insensibles; il lie les atomes aux atomes, les tissus aux tissus, les organes aux organes, par un enchaînement continu et sans lacune. Chaque acquisition nouvelle se classe dans l'organisme préexistant et 86 combine avec lui de manière à n'en pas troubler l'unité et k faire toujours du corps un ensemble complet par rapport aux fonctions actuelles auxquelles il est destiné. Enfin le pouvoir de l'organe ne se maintient que par l'exercice; si l'activité
AtUDB du DéVBLOPPBlfBNT PHYSIQUE. 44
oesse^ Torgane décheoit; à l'état normal^ il n'y a pas de temps d'arrêt, d'état stationnaire proprement dit; si l'organisme n'a* yance pas, il recule; s'il ne gagne pas, il perd; notre développement continue jusqu'au moment ou commence notre déclin.
Telle est la loi qui préside au développement de notre corps; essayons de la résumer en peu de mots :
l« Le corps organisé ne s'appi*oprie que ce qui lui a été assimilé par le travail de ses organes.
S. L'organe s'accroît et se fortifie par l'exercice, et en raison de son activité, tandis qu'il diminue et s'affaiblit dans Finaction.
3. L'action d'un organe contribue plus ou moins au progrès des autres organes et au développement du corps entier.
4. Tout progrès accompli par l'organisme devient cause et moyen d'un progrès nouveau.
5. Ces progrès forment un enchaînement continu, dont les degrés sont insensibles, et qui ne comporte ni saut ni lacune.
6. Le développement des organes n'a pas de temps d'arrêt absolu; quand il n'y a pas progrès, il y a déchéance.
Cette loi est aussi celle de toute vie organique, car on la retrouve dans l'animal comme dans l'homme, et dans le végétal comme dans l'animal. Dès longteçips reconnue par la physiologie, elle sert de guide au médecin comme au jardinier. Mais oous ne pourrons montrer toute son importance en éducation qu'après avoir étudié le développement intellectuel de l'homme et son développement moral.