‹ La philosophie et la pratique de l'éducationChapitre 43 sur 67 · PREMIÈRES NOTIONS DES SCIENCES NATURELLES · texte numérisé non relu

PREMIÈRES NOTIONS DES SCIENCES NATURELLES

observation un guide précieux dans les Recherches sur les mœurs des fourmis indigènes , par P, Huber. Paris y 1810. Cet ouvrage peut être considéré comme un modèle en ce genre^ mais il est devenu rare^ et une nouvelle édition en est depuis longtemps désirée.

La botanique ne viendra qu'après la zoologie. Le plus petit enfant aime les fleurs^ sans doute^ mais elles ne sont pour lui qu'une parure ou un jouet; la vie du végétal ne le frappe points parce qu'il y manque le mouvement. Ce n'est que plus tard, ce n'est qu'après avoir réalisé bien des progrès, qu'il prend intérêt au développement de la végétation, qu'il observe avec plaisir les organes des plantes, et qu'il se fait une idée bien vague encore de leurs fonctions.

Les principes qui nous ont dirigé pour un premier enseignement de la zoologie s'appliqueront encore à une première étude de la botanique. Les enfants observeront d'abord les plantes les plus communes; ils les compareront; ils répéteront ensemble les noms qu'on leur aura indiqués ; ils apprendront à reconnaître à première vue un grand nombre de végétaux, avant qu'on leur ait parlé de genres et de familles. Bientôt ils voudront faire un herbier : on leur montrera comment ils doivent s'y prendre ; leur trésor s'augmentera rapidement, et la nécessité d'y mettre de l'ordre amènera celle d'une classification.

Mais la nomenclature et la conservation des plantes sèches ne sont pas le principal but de la botanique, et ce n'est que comme moyen qu'elles doivent occuper l'enfant. Ce sont les conditions de la vie, du développement complet et de la reproduction des végétaux qui doivent surtout nous intéresser. Pour les connaître, nous étudierons les fonctions de leurs divers organes, et l'influence que les circonstances extérieures peuvent exercer sur eux; mais cette étude doit être expérimentale, et l'on ne peut bien la faire qu'en cultivant des plantes. Ainsi, pour rendre intéressant et utile l'enseignement de la botanique, nous devons demander qu'à chaque école soit joint un jardin cultivé par les élèves. Nous appuie-

Tons cette demande de motifs bien plus importants^ quand nous nous occuperons de Téducation physique et de Téducation morale.

Dans le jardin de l'école, on aura soin de varier les expérienceset les procédés, afin que les enfants puissent y acquérir un savoir raisonné plutôt qu'empirique; mais on laissera ceux-ci travailler eux-mêmes, car il faut qu'ils connaissent la pratique de Tart par leur propre expérience, qu'ils sachent y réussir, et que dans cet exercice ils trouvent la force et la santé.

L'étude du règne minéral ne commencera qu'après celle du règne végétal, car l'enfant s'intéresse moins encore aux minéraux qu'aux plantes. Un moment viendra cependant où, dans cette nouvelle branche de l'histoire naturelle, il trouvera à la fois une utile instruction et de véritables jouissances, surtout si on l'encourage à former une collection.

La recherche et la réunion des éléments d'une collcctioa causent un singulier plaisir aux enfants, c'est celui de la découverte, de la conquête, de la propriété ; elles excitent leur activité, et leur font prendre un intérêt très vif à des objets qui par eux-mêmes seraient peu propres à attirer leurs regards.

Lors donc qu'ils auront commencé à recueillir des minéraux, ils mettront un grand zèle à en découvrir de nouveaux^ et ils suivront avec plaisir les explications que vous voudrez leur donner. Le goût de ce genre d'exploration augmentera pour eux le charme de la promenade, surtout dans les contrées qui laissent voir à nu çà et là la partie solide de Técorca du globe; mais le pays le plus pauvre sous ce rapport leur offrira encore quelque ressource : ils collectionneront au besoin dans le gravier de la. route, dans les chantiers des tailleurs d& pierre et jusque dans les débris des murailles.

Pour de jeunes enfants, l'étude de la minéralogie consiste à apprendre le nom de chaque pierre qu'ils rencontrent et à observer ses qualités sensibles; ainsi, par exemple, on leur fera ramasser des morceaux de quartz^ et on leur apprendra à les

Page 1