‹ La précellence du langue françois;Chapitre 153 sur 212 · I. L'étymologie de gars, gar- le sens, bien peu de vraisem · texte numérisé non relu

I. L'étymologie de gars, gar- le sens, bien peu de vraisem

ron, est tout à t'ait incertaine, blance.

il a'est pas impossible que ces 2.MesserLambertuccioayant

mots aient une origineceltique. mis le pied dans l'étrier et étant

L'explication donnée par Diez, monté. Journ. VII, nouv. vi. qui rattache garçon à un dé- 3. Pampinée se leva. Litté-

rivé italien de carduus, a, pour ralement : se leva en pied>

274 DE LA PREGELLENCE

in pie si leva1. Il dit aussi A pie, en la sorte que nous en usons quand nous disons Aller à pie : Dove a pie partito s era, a cavallo torno 2. Et mesmes en Piede et Piedi une telle interposition de la lettre

I tient de nostre langage, laquelle toutesfois est plus Françoise au monosyllabe Pié : pource que c'est comme en Miel, et en Fiel. Il est vray que nous en usons en autres que monosyllabes, car nous faisons Mien de Meus \ où aussi les Italiens nous ensuivans ont dict Mio. Mais pour retourner aux appellations des membres du corps humain que leur langage a pris du nostre, quand ils disent Fiancho, cest I n'est pas de ce comte, car nous disons Flanc, sans ceste voyelle, et ne prenons ce mot-la du Latin, comme ces quatre autres *. Quant aux parties intérieures, ils ne peuvent aussi nier que leur Cuor ne soit nostre Cueur. car ne s'arrestaris point au changement que nous avions faici en ce mot Latin Cor, cordis, ils eussent dict Corde.

II ne faut pas omettre Fegato, qui vient ton les fois non pas de Foije, mais de Fege, ou F exe, comme on le prononce en quelque dialecte François'1 : estant ce I consonant 6, si on l'aime mieux ainsi escrire,

comme dans l'exemple suivant. 4. L'étymologie «lu mot flanc

L'ancien français disait aussi est inconnue. Littré croit à

se leva ou se dressa en pied. une origine germanique. Le

I. lit l'excuse faite, il se leva, mot allemand Flanke, employé

■2. A l'endroit d'où il était comme tenue niilitain

venu à pied il retourna à chc- probablement emprunte au

val. Journ. I, nouv. vu. rrançais.

.'!. Mien ne vient pas de meut , ;>. En provençal.

mais de meum. 6. C'est-à-dire /.

qu'avec le G. Or, pour dire la vérité, il eust mieux valu que la langue Italienne eust ainsi suivi la nostre es appellations des autres membres aussi, que, en voulant suivre les Latins, et les suivant mal, faire le poète Homère de ce qu'eux nomment Humérus, car ils disent Homero, au lieu de dire Humera quand ils veulent signifier ce que nous appelons Espaule, et qu'eux aussi quelquesfois disent Spala, ou plustost Spolia.

Ce mot Garzon, duquel j'ay faict mention naguère, me fait souvenir d'un autre de mesme terminaison, qui est aussi pris de nostre langage. C'est Stayion, pour ce que nous disons Saison. Sannazar en son Arcadie, Quando talhora à la star/ ion novella Mungo le câpre mie l.

L'Espagnol a aussi appliqué nostre vocable à son usage, mais le retenant de plus près. Car il dit Sazon. comme on voit en ceste traduction2,

En la sazon, quel ciele raudo inclina A V accidente, y que el dia nuestro buela A gente, que quiça lo esta esperando.

Car ces vers sont au lieu de ceux ci de Pétrarque,

1. Quand parfois, à la saison grand poeta Petrarca, traduzinouvelle, je trais mes chèvres, dos de toscano por Salusque Arcadie, églogue IX v. 01-02. Lusitano. Fougère renvoie pour

2. D'après Léon Feugère, cette citation et pour celles qui cette traduction espagnole est suivent aux pages 09, 10, 103, de 1507 : De los Sonetos... del 121, 144.

276 DE LA PRECELLENCE

Ne la stagion che'l ciel rapido inchina Verso occidente, e che'l di nostro vola A génie, clic di la forse Vaspetta l.

Ils usent aussi en la prose de ce mot Stagion, ou Stagione, qu'ils ont pris de nous : et leur est Lien force, veu qu'ils n'en ont point d'autre pour bien exprimer une chose de laquelle si souvent il faut faire mention.

Aussi nostre mot Manière a esté pris par toutes ces deux nations : l'Italienne en ayant faict Maniera, l'Espagnole, Mariera. Elles se sont aussi accordées quant à nous prendre nostre Guerre: et en faire Guetta. Mais au lieu de ce que nous disons Guerrier, les Espagnols ont mieux aimé dire Guerreador, les Italiens, Guerriero, en adjoustant seulement un 0 à nostre mot. Et encore bien souvent disent-ils du tout comme nous, Guerrier: principalement en poésie, comme nous voyons en un passage d'Arioste allégué parci devant, Contra un gentil guerrier ,2 . Où si seulemenl de Contra on faisoit Contre, on penseroitplustostlire du François que de l'Italien. Et ce passage me remet en mémoire plusieurs mots où Pétrarque use souvent de la terminaison Françoise, comme aussi ils sont pris de nostre langue. Nous en avons un exemple ici, Di pensier in pensier. Ainsi dit-il

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