La gale. 3. Qui s'étaient d'eux-mêmes
•2. 11 s'agit de Giorgio Dati. engagés là dedans. Voir p. 59. 4. Cf. Dialogues, II, 174.
292 DE LA PRECELLENCE
recongnoist en chacun mot une meslange de ces deux : ou (s'il faut ainsi parler) recongnoist un François desguisé. Et qu'ainsi soit, est-il possible d'ouir mots approchans plus près les uns des autres que ceux-ci approchent de ceux-là?
Ainsi me vient de vous joye et confort.
Quant à Confortar etRiconfortar, Boccace entr' autres en a usé : Pétrarque aussi : et s'il est besoin d'exemple, nous en avons de tous deux. Du premier, où il dit, E mi conforta e dice che non fue Mai ', etc. Du second, où il dit, Speranza mi lusinga, e riconforta*. où il use tout-ensemble de deux mots pris sur les nostres : mais dont l'un estoit en usage à nos ayeulx, plustost qu'il n'est à nous : l'autre ne l'est moins à nous qu'à eux. Il use au premier vers de ce sonnet (et celuy que j'ay allégué est le troisième) de Guidât et de Spronar, forgez sur nostre Guider et Esperonner. mais en Spronar ils usent d'une syncope, comme aussi quand ils disent Sproni pour Speroni. Et, pour dire la vérité, quelquesfois nous aussi prononceons /^ro»s plustost qu1 Espérons, Le vers de Pétrarque est, Voglia misprona, Amor mi guida,
i. U me console et me dit -2. L'espérance nie séduit et qu'il ne fut jamais. me console. (Sonnet clxxvii.)
escorge1. (et dit aussi ailleurs, Amor mi sprona in un tempo ed affrena.)*Bocca.ce aussi dit Spronar, en ce passage, Amor ml sprona per si fatta maniera*. Ce mesme use àeSproni, où il dit, Volse il suo ronzino, etenendo gli sproni stretti alcorpo*. (où il faut remarquer tout d'un trait ce ronzino, estant aussi un des Noms qu'ils ont pris de nous) et en un autre lieu, Buon cavallo e mal cavallo vuol sprones*. Il est vray qu'ici aucuns exemplaires ont sperone. Or comme nous trouvons deux mots François (de ceux qui sont appelez Verbes) en ce premier vers, et deux au troisième : aussi en avons-nous deux au second, Tiràr et Trasporta. Il est vray que quelcun pourra douter touchant ce Trasporta, disant que l'Italien a eu aussi bien que nous le verbe Latin, d'où il a pu le tirer. Mais il faut considérer que la signification qu'il luy donne, est Françoise, non pas Latine. Toutesfois leur faisant grâce de cestuy-la, puisque j'en ay tant d'autres qui sont hors de controverse, je vien à Âguzzar (forgé sur nostre Aguizer ou Aiguizer), que nous avons aussi en Pétrarque, el duquel il m'a faict souvenir, usant de Spronar,