‹ La précellence du langue françois;Chapitre 16 sur 212 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Par Mamerr Patiflbn Imprimeur du Roy.

M,D.MXIX.

*Auz c çriuilege dudiël feigneur.

Sire, pour m'aquitter de la promesse faicte dernièrement à vostre Majesté !, je luy présente un project et comme unmodelle d'un œuvre que je délibère intituler DE LA PRECELLEN'CE DU LANGAGE FRANÇOIS 2. Lequel

project je la supplie treshumblement vouloir favoriser non moins de sa censure que de sa lecture. A quoy j'espère qu'elle sera incitée, quand il luy plaira considérer de quelle importance est ceste entreprise pour l'honneur de son royaume : comme aussi je la

I. A la fin de lo"8, Henri Estienne se sentant menace à Genève à cause de quelques hardiesses contenues dans ses Dialogues du nouveau langage françois italianizé s'était réfugié en France où il avait reçu d'Henri III le meilleur accueil. Il nous a raconté dans sa Musa principum monitrix comment il entreprit, sur les instances du roi. le livre de la Précellence, et l'acheva en trois mois, sans autre secours que celui de sa mémoire : il avait laissé à Genève les matériaux, les notes, qui auraient

pu lui servir. Ce livre n'était, dans sa pensée, que l'ébauche d'une œuvre plus importante, plus solidement construite.

Mais son projet ne fut jamais exécuté. (Voir Frémy, V Académie des derniers Valois, p. 129.) 2. Le mot précellence, critiqué par La Monnoie, approuvé par Goujet, exprime à la fois l'idée de supériorité et l'idée d'excellence, qui sont deux idées très distinctes. L'ancienne langue avait d'ailleurs precellent et preceller. (Voir Goaefroy, Dictionnaire de V ancienne langue française.)

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